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Politique - Focus

Présidentielle : la communauté internationale fait (pour l’instant) le service minimum

En dépit des appels successifs à élire un président le plus rapidement possible, aucune initiative diplomatique n’est à attendre dans un avenir proche.

Présidentielle : la communauté internationale fait (pour l’instant) le service minimum

Le Premier ministre désigné libanais Nagib Mikati s’entretenant avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres en Égypte, le 8 novembre courant. Photo Dalati et Nohra

« Aidez-nous à vous aider, bon sang! » Ce fameux cri d’alarme lancé en juillet 2020 par Jean-Yves Le Drian, ancien ministre français des Affaires étrangères, est toujours gravé dans la mémoire des Libanais. Mais pas dans celle des leaders politiques qui continuent de tergiverser en matière d’élection présidentielle, comme l’ont montré les cinq épisodes du feuilleton des séances électorales tenues jusqu’ici.

Face à cette farce locale, les principaux pays impliqués dans le dossier libanais poursuivent leur forcing pour que le futur président de la République soit élu dans les plus brefs délais. Mais, à ce stade, rien de concret n’est à attendre, les priorités étant ailleurs, notamment en Ukraine.

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Les regards sont braqués d’abord sur la France, la puissance internationale la plus impliquée dans la question libanaise. Pour Paris, la priorité est claire : il faut commencer par élire un nouveau chef de l’État, premier pas sur la voie d’un redressement du pays. Une position que le président français Emmanuel Macron a réitérée devant le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, lors de leur rencontre, mardi dernier en Égypte, en marge de la COP27, conférence des Nations unies sur le réchauffement climatique. Mais dans la pratique, à quoi faut-il s’attendre ? Pour le moment, rien ne prête à croire que la communauté internationale passera à l’acte dans un avenir proche, dit un diplomate ayant pris part aux réunions tenues par Nagib Mikati en Égypte. Expliquant ce constat, un diplomate libanais souligne pour sa part, sous couvert d’anonymat, que « le dossier libanais ne figure pas en tête des priorités mondiales, les regards étant naturellement rivés sur la guerre en Ukraine et ses retombées économiques ».

« Mais cela ne signifie pas que nous restons les bras croisés », tempère un diplomate français à L’OLJ. Une source ministérielle proche de Nagib Mikati fait état d’« efforts français pour l’élection d’un nouveau président ». De même source, on tient à préciser que ces efforts ne sont pas liés à la mise en place des réformes économiques exigées par les pays donateurs pour venir en aide au pays en crise. « La communauté internationale n’a toutefois pas renoncé à cette demande », ajoute-t-elle. Dans ce cadre, la directrice du Fonds monétaire international, institution avec laquelle le Liban a déjà signé un accord de principe articulé autour d’une aide financière, a appelé, devant Nagib Mikati, à une accélération du processus avant qu’il ne soit trop tard, a appris L’OLJ auprès d’un proche du Premier ministre désigné. Ce dernier a déclaré jeudi à Reuters que même dans la situation actuelle – une vacance présidentielle et un gouvernement démissionnaire –, il pouvait signer un accord avec le FMI. Cela pourrait toutefois être perçu comme une provocation par les partis chrétiens, notamment le Courant patriotique libre de Gebran Bassil, qui dit craindre la mainmise du Conseil des ministres dirigé par un sunnite sur les prérogatives du chef de l’État maronite.

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Ce qui est certain pour le moment, c’est que les efforts français pour un déblocage de la situation ne sauraient être assimilés à une initiative politique dans le plein sens du terme. En attendant, l’ONU s’est montrée disposée à s’inviter dans la partie pour accélérer le processus présidentiel au Liban, comme l’a déclaré le secrétaire général de l’organisation Antonio Guterres à M. Mikati lors de leur rencontre au Caire. « Il n’était pas question d’une conférence internationale pour le Liban. Mais le responsable onusien a posé la question de savoir comment l’ONU pourrait aider le Liban à aller de l’avant dans le processus politique. M. Mikati a répondu en appelant l’organisation à mener des contacts avec les pays qui ont de l’influence sur les péripéties politiques au Liban », dit un conseiller de Nagib Mikati. Il n’en demeure pas moins que la question de la tenue d’une conférence internationale pour le Liban est, de nouveau, sur le devant de la scène. Car le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, qui a été un des premiers à plaider pour la tenue d’une telle réunion internationale, est dernièrement revenu à la charge. « Le chef de l’Église maronite ne voit de solution qu’à travers une conférence internationale », affirme à L’OLJ Sejaan Azzi, ancien ministre proche du prélat maronite. Selon lui, « Mgr Raï serait en train de mener des contacts en coulisses pour atteindre cet objectif ». « Bkerké converge avec les grandes puissances sur le fait que la priorité devrait être accordée à la présidentielle. Et c’est pour cette raison que le patriarche était un des premiers à s’opposer à la table de dialogue que voulait parrainer le président de la Chambre Nabih Berry », ajoute l’ex-ministre.

« Aidez-nous à vous aider, bon sang! » Ce fameux cri d’alarme lancé en juillet 2020 par Jean-Yves Le Drian, ancien ministre français des Affaires étrangères, est toujours gravé dans la mémoire des Libanais. Mais pas dans celle des leaders politiques qui continuent de tergiverser en matière d’élection présidentielle, comme l’ont montré les cinq épisodes du feuilleton...
commentaires (7)

Même photo qu'avec le président Macron d'il y a 4 jours à la COP 27 et à NY en septembre, notre PM est toujours dans la confidence, chuchotant dans l'oreille de son interlocuteur, comme si les murs avait une oreille!

Céleste

21 h 02, le 12 novembre 2022

Tous les commentaires

Commentaires (7)

  • Même photo qu'avec le président Macron d'il y a 4 jours à la COP 27 et à NY en septembre, notre PM est toujours dans la confidence, chuchotant dans l'oreille de son interlocuteur, comme si les murs avait une oreille!

    Céleste

    21 h 02, le 12 novembre 2022

  • Ce n'est pas de l'extérieur que viendra le salut : d'abord parce que les grandes puissances ne sont jamais désintéressées et ensuite parce que c'est aux Libanais eux-mêmes de bouger. Et il n'y a rien de plus puissant que la force d'inertie!

    Politiquement incorrect(e)

    18 h 48, le 12 novembre 2022

  • Tout est dit Sissi, merci. Rien à ajouter.

    Achkar Carlos

    17 h 20, le 12 novembre 2022

  • La puissance internationale ne peut rien pour le Liban, ce pays dont le peuple s’est résigné à accepter l’impensable et l’inacceptable qui est d’être gouverné par des mafieux qui se sont enrichis des recettes de taxes et d’impôts en allant jusqu’à piller leurs argent dans les banques et leur retraites et comptes d’épargne en les laissant faire sans même bouger une oreille. On ne peut pas venir défendre un peuple qui se plaît dans la misère et la soumission et trouve des excuses à ses tortionnaires en renouvelant leur mandats pour mieux les achever. Si le monde entier s’est montré solidaire de la cause Ukrainienne, c’est à cause de la détermination de son peuple et sa soif de souveraineté, de démocratie et d’indépendance et se défend avec courage. Qui viendra défendre les libanais qui ont accepté depuis des décennies d’être sous la botte de milices étrangères pour mieux saquer leur pays et les réduire à des esclaves en leur imposant de travailler, se saigner et accepter de ne pas toucher le fruit de leur labeur parce qu’une bande de mafieux est là pour profiter de leur argent durement gagné? Et comme si tout ceci n’était pas suffisant ils ont accepté d’être assassinés sur le lieu de leur travail ou à domicile par une explosion qui a détruit une partie de leur capitale sans que cela ne les mettent en colère pour décider de dégager les responsables de ce massacre en descendant dans la rue jusqu’au départ du dernier vendu criminel du pouvoir et pourquoi pas du pays.

    Sissi zayyat

    11 h 11, le 12 novembre 2022

  • Des vendus, incompétents et pourris jusqu’à l’os, comme le sont la grande majorité des députés ou leaders politiques, ne peuvent pas voter pour un homme intègre, compétent et souverainiste

    Lecteur excédé par la censure

    11 h 02, le 12 novembre 2022

  • ET LA SCENE DU DRAME LIBANAIS SE REITERE TANT QUE LES DEUX MILICES CHIITES ONT MOT A DIRE DANS LE CHOIX... JE NE DIS PAS ELECTION CAR ELECTION IL N,Y AURA PAS... DU PRESIDENT A NOMMER. LA SCENE SE REITERE. LA DESCENTE AUX ENFERS PROMISE PAR AOUN/BASSIL CONTINUERA ET PLUS DE CATASTROPHES FRAPPERONT LE PAYS ET SON DEMENTELLEMENT BUT DES MILICES SE RAPPROCHE. LE MINI ETAT EST DEVENU UN ETAT PETROLIER AVEC PLUS DE CARTES EN MAIN D,OU IL AVAIT FESTOYE EN VOYANT CEDEE AVEC SON ACCORD LA LIGNE 29 DES 1430 KM2 AVEC LE CHAMP DE KARISH ET DE 5 AUTRES REVELES APRES L,ACCORD ET 40 PCT DU CHAMP DE CANA AUX VOISINS RIEN QUE POUR DEVENIR UN MINI ETAT POUR L,INSTANT MAIS UN MINI ETAT PETROLIER QUAND L,IRAN EN DECIDERA . NIAIS QUI CROIRAIT LE CONTRAIRE. IL VEUT UN PION A LA PRESIDENCE QU,IL MANIERA A SA GUISE COMME AOUN ET SON GENDRE OU SLEIMANE. ET LA FUITE DES CHRETIENS ET NON SEULEMENT DU PAYS CONTINUERA. JE SUIS CONTRE L,INTERNATIONILATION MAIS AVEC LA DEMANDE DU PATRIARCHE ET DES AUTRES PARTIS LIBANAIS DE DEMANDER UNE DISCUSSION A L,ONU SUR LE DESARMEMENT ET LA DISSOLUTION DES DEUX MILICES IRANIENNES CELLE DU BARBU ET CELLE DE GOUPIL. AUTREMENT LE LIBAN EST CONDAMNE A RESTER UNE SATRAPIE PERSE. LIBANAIS FAITES LE NECESSAIRE POUR SAUVER LA TERRE DE VOS AIEUX. VOTRE PATRIE DE LA MAINMISE DEFINITIVE DES MERCENAIRES IRANIENS POUR LE COMPTE DE LEURS SEIDES PERSES. QUE DIEU VOUS ECLAIRE. LA LIBERTE OU LA MORT DEVRAIT ETRE VOTRE SLOGAN ET DEVISE !

    LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

    07 h 55, le 12 novembre 2022

  • Que peut faire de plus la communaute internationale? Venir au parlement et voter eux memes? Les mercenaires doivent penser a leur pays et voter pour un candidat non vendu, competent et plausible......

    Sabri

    02 h 47, le 12 novembre 2022

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