La Banque du Liban vient de publier une nouvelle circulaire dont le contenu circule depuis le début de la semaine. Photo P.H.B.
La Banque du Liban a publié hier sur son site une nouvelle circulaire intermédiaire (n° 648) à travers laquelle elle réduit de moitié le montant des intérêts qu’elle verse aux banques sur les dépôts en dollars placés chez elles, ainsi que ceux rémunérant les certificats de dépôts en dollars qu’elle émet. Les montants en jeu seront en outre pour moitié versés en dollars, tandis que l’autre moitié sera payée en livres libanaises, à un taux de change non précisé dans le texte. Cette mesure a été entérinée lors d’une réunion du conseil central de la BDL organisée vendredi dernier. Le texte entrera en vigueur une fois publié au Journal officiel pour des effets qui s’étendront sur six mois à partir de sa date de publication.
Certaines banques s’attendaient à ce que la BDL verse cette portion en livres après l’avoir convertie au taux de 15 000 livres pour un dollar, au lieu de la parité officielle de 1 507,5 livres, obsolète par rapport au niveau réel du dollar sur le marché. Mais pour l’heure, aucune annonce n’est venue corroborer cette information, tandis que l’entrée en vigueur du budget pour 2022, dont les projections sont basées sur ce taux de 15 000 livres annoncé en septembre comme le nouveau taux officiel par le ministre sortant des Finances Youssef Khalil, se fait toujours attendre. Pour rappel, le ministre avait indiqué à l’agence Reuters que le changement de taux devait s’opérer dès le 1er novembre, avant de nuancer ses propos, et que le Premier ministre désigné Nagib Mikati n’assure dans la presse que la transition se ferait de manière progressive, sans fournir de calendrier. La livre a perdu plus de 95 % de sa valeur depuis le début de la crise en 2019, pour un taux qui évolue depuis plusieurs semaines entre 35 000 et 40 000 livres pour un dollar. Une copie de cette circulaire, datée du 1er novembre, circule depuis mardi sur les groupes de messageries instantanées et a été authentifiée par plusieurs sources bancaires que L’Orient-Le Jour a contactées ce jour-là. Elle n’était cependant toujours pas accessible sur le site de la BDL, dont le service de presse n’avait pas confirmé l’existence. À noter qu’aucune mise à jour n’avait été effectuée sur le site de la BDL depuis lundi, où est aussi publié le taux de change de la plateforme Sayrafa, ce qui peut permettre d’attribuer le retard de publication à un problème technique.


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