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Moyen-Orient - Élections en Israël

Le retour de Netanyahu appuyé par une percée de l’extrême droite

Les résultats presque définitifs du scrutin garantissent une majorité à la coalition menée par l’ancien Premier ministre. Les formations de gauche et les partis arabes ont échoué à assurer une présence significative au Parlement israélien. 

Le retour de Netanyahu appuyé par une percée de l’extrême droite

L'ancien Premier ministre israélien, leader du Likoud, s'adresse à ses partisans au siège de son parti à Tel Aviv, le 2 novembre 2022. Photo Menahem KAHANA / AFP

À moins de 12 minutes de la fermeture officielle des bureaux de vote en Israël, la course électorale battait encore son plein. « Il reste suffisamment de temps, sortez et allez voter ! » lance Benjamin Netanyahu, face caméra, depuis le siège de son parti, le Likoud, à Tel-Aviv, où le candidat fête traditionnellement ses victoires avec ses partisans. À la mi-journée pourtant, le taux de participation s’élevait à plus de 70 %, le plus élevé depuis 2015. Et, avec près de 86 % de bulletins réguliers ayant été comptés, les résultats des élections législatives tenues mardi ne laissent guère place au doute : l’ancien Premier ministre de 73 ans, chef du gouvernement de 1996 à 1999 et de 2009 à 2021, est en très bonne voie pour revenir aux affaires. Son bloc conservateur est crédité de 65 sièges sur les 120 que compte la Knesset, ce qui lui garantit une majorité de quatre députés. Une coalition qui s’appuie notamment sur l’extrême droite et des partis ultraorthodoxes. 

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« Nous avons remporté un énorme vote de confiance de la part des citoyens d’Israël », avait déclaré le chef du Likoud à ses partisans réunis au siège de campagne, dans la nuit de mardi à mercredi, promettant de former un gouvernement « stable », alors que cinq campagnes électorales se sont succédé depuis avril 2019. Son intervention a été interrompue par la foule qui scandait notamment « Bibi, roi d’Israël ». Ce dernier, visé par plusieurs affaires de corruption, s’était assuré le soutien de la liste d’extrême droite Sionisme religieux, désormais troisième force du pays avec un record de 14 sièges selon les résultats provisoires. La formation a gagné une influence importante sur le prochain gouvernement que devrait diriger Benjamin Netanyahu, notamment à travers la figure du député Itamar Ben Gvir, qui a bousculé la dernière campagne électorale. Coutumier des provocations, l’ancien avocat de 46 ans milite notamment pour l’annexion de la Cisjordanie par Israël. Avec Bezalel Smotrich qui codirige le parti, il avait également préconisé la déportation de politiciens et de civils « déloyaux ». En tant que digne héritier de l’ultranationaliste Meir Kahane, Itamar Ben Gvir entre à 16 ans dans son organisation, Kach, interdite en Israël depuis 1994 et désignée comme terroriste par les États-Unis. Bien que sa rhétorique antipalestinienne ouvertement raciste ait fait l’objet à plusieurs reprises de condamnation pour incitation au racisme, il se verrait bien en ministre de la Sécurité intérieure, selon ses propres dires.

Mobilisation des Arabes israéliens
Le parti Yesh Atid de Yaïr Lapid, le Premier ministre par intérim depuis juillet, est crédité de 24 sièges à la Knesset. Une douche froide pour celui qui avait mis en avant ses résultats économiques et ses avancées diplomatiques, notamment dans les relations avec la Turquie et le Liban, lors de sa campagne. Alors qu’environ 15 % des bulletins de vote n’ont pas encore été dépouillés, le leader du second parti d’Israël appelait ce matin à la prudence, déclarant que « ce n’est pas encore terminé ». Il a néanmoins d’ores et déjà ordonné à son personnel d’organiser la passation des pouvoirs, tout en continuant à travailler comme d’habitude jusqu’au changement de gouvernement. Dans la foulée, Yaïr Lapid a également annulé sa visite à Charm el-Cheikh, où il était attendu pour participer à la réunion de la COP27 sur le changement climatique, qui débute le 6 novembre en Égypte. À sa place, ce sera le président Isaac Herzog qui représentera Israël. 

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Au sein de la coalition hétéroclite anti-Netanyahu qui formait la dernière majorité gouvernementale, composée de partis de droite, du centre et de gauche ainsi que des partis arabes, les dirigeants du Parti de l’unité nationale, Benny Gantz, Gideon Sa’ar et Gadi Eisenkot, ont obtenu 12 sièges. Ils ont déclaré mercredi qu’ils « accepteront la volonté des électeurs », promettant de « servir d’opposition responsable ». Du côté des partis de gauche israéliens, la défaite est retentissante. À l’heure actuelle, le Parti travailliste israélien est crédité de 5 sièges seulement, tandis que le parti de gauche Meretz, qui remporterait quatre sièges selon les résultats provisoires, n’a pas obtenu plus de 3,25 % des voix, le seuil obligatoire pour entrer dans la Knesset.

Ces deux partis comptaient particulièrement sur la participation des Arabes israéliens, qui représentent 20 % de la population et dont les voix, généralement en faveur des partis de gauche, étaient annoncées comme décisives pour dégager une majorité. Si 55 % d’entre eux se sont rendus aux urnes, un taux de participation étonnamment élevé (il s’élevait à 44,6 % aux dernières législatives) compte tenu de la frustration et du désespoir ressentis par ceux qui sont souvent traités comme des citoyens de seconde zone, leur mobilisation n’aura pas pu empêcher la victoire de la droite. Deux partis représentant la communauté arabe d’Israël ont cependant franchi le seuil électoral pour intégrer le Parlement, avec un succès très relatif, dû en partie au délitement de leur alliance électorale depuis les dernières législatives. Hadash Ta’al, qui se targue de représenter le « plus grand parti de la communauté arabe », et la Liste arabe unie ont obtenu 5 sièges chacun. Le parti nationaliste arabe Balad semble quant à lui devoir être exclu, malgré une poussée qui l’a rapproché du seuil de 3,25 %. Le décompte définitif sera connu jeudi après-midi, selon la commission électorale centrale. 

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