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Nos Lecteurs ont la Parole

Terminator 646 !

La circulaire n° 646 de la BDL, publiée le mercredi 12 octobre 2022, facilite et ouvre la voie au remboursement « en avance » de la totalité d’un prêt bancaire en devise étrangère, dans la monnaie du prêt.

Naturellement, le remboursement de la totalité d’un prêt bancaire accordé au secteur privé (principalement des prêts immobiliers) se fera désormais par des chèques libellés en « lollars » (qui sont déjà dans le circuit bancaire) et qui valent aujourd’hui autour de 16 % de leur valeur nominale.

Autrement dit, à travers l’application de cette circulaire, alias Terminator 646, le portefeuille de prêts en dollars détenu par les banques et estimé aujourd’hui à plus de 12 milliards de dollars « fresh » sera « terminé ». « Bradé » à 16 % de sa valeur, le manque à collecter sera de 10 milliards de dollars « fresh » (84 %).

Or les fonds de ces 12 milliards de prêts bancaires proviennent de 12 milliards de malheureux dépôts bancaires et devraient normalement leur être remis. Résultat : plus de 10 milliards de dollars supplémentaires seront pratiquement impossibles à recouvrer par l’ensemble des déposants.

Le remboursement de ces prêts a déjà commencé. Dans quelques jours, Terminator 646 aura achevé ce nouvel épisode de la fameuse série bientôt sur Netflix : « Génocide des dépôts dans les banques libanaises ».

De plus, ces 12 milliards de dollars représentent seulement ce qui reste des prêts bancaires en devises avancés au secteur privé. Durant les trois dernières années, une bonne partie a été déjà remboursée en livres libanaises, au taux officiel de 1 507 LL, anéantissant déjà une autre bonne partie des dépôts !

Par ailleurs, des déposants vont certainement profiter de cette « liquidation générale » pour rembourser leurs prêts par des paiements effectués à partir de leurs dépôts en « lollars ». En considérant la valeur réelle de leurs biens acquis grâce ces prêts, cette opération est équivalente au recouvrement en « fresh » de cette partie de leurs dépôts. Ce qui est parfaitement légitime ; mais à condition que ce ne soit pas aux dépens des déposants non endettés envers les banques. Mais, malheureusement, ces derniers vont observer, incrédules, leurs chances de récupérer ces 10 milliards de dollars de leurs dépôts s’amincir encore plus, en partie et entre autres, au bénéfice des déposants endettés auprès des banques !

En fait, Terminator 646 est d’une injustice inouïe envers les banques, l’ensemble des déposants et surtout envers les déposants qui ne se sont pas endettés auprès des banques. Grâce aux différents Terminator lâchés par la BDL depuis le 17 octobre 2019 à l’encontre des dépôts, les déposants épargnants ont vu une bonne partie de leur épargne pratiquement transférée vers les clients endettés des banques, qu’ils soient déposants ou pas !

La Fontaine, sa cigale et sa fourmi seraient en train de se retourner dans leur tombe. Surtout sa fourmi, j’imagine !

Dans un pays « normal », afin d’améliorer le taux de leur liquidité, la BDL et les banques auraient décidé le remboursement de ces prêts en dollars « fresh », pour pouvoir reconstituer leur liquidité et la redistribuer à l’ensemble des déposants, proportionnellement au montant des dépôts, allégeant autant que possible les circonstances économiques difficiles dans lesquelles la crise bancaire les avait placés.

Plusieurs mécanismes auraient pu diminuer les poids économiques résultant du remboursement de ces prêts en dollars « fresh » sur les personnes endettées, sans condamner la liquidité des banques et donc sans exterminer totalement les dépôts. Par exemple, geler les paiements des mensualités sur deux ou trois ans, sans intérêts, le temps que la situation économique générale s’améliore; ou permettre le remboursement en avance de la totalité d’un prêt à condition de fournir au moins 30 ou 40 % en dollars « fresh » et le reste en « lollars », etc. Les formules ne manquaient pas pour rendre un minimum de justice à l’ensemble des déposants.

Mais… diviser (les dépositaires) pour (mieux) régner est intelligent, peut-être, mais odieux !

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La circulaire n° 646 de la BDL, publiée le mercredi 12 octobre 2022, facilite et ouvre la voie au remboursement « en avance » de la totalité d’un prêt bancaire en devise étrangère, dans la monnaie du prêt.Naturellement, le remboursement de la totalité d’un prêt bancaire accordé au secteur privé (principalement des prêts immobiliers) se fera désormais par des chèques...
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