C’est dans un communiqué succinct que la « commission de la main d’œuvre technique » employée « en soutien à Électricité du Liban » – à savoir principalement les travailleurs journaliers embauchés via la société Tricom – a annoncé sa décision de lancer une grève ouverte à partir d’aujourd’hui.
Ils réclament le versement d’aides sociales promises par les autorités à l’ensemble des fonctionnaires, à savoir l’ajustement ponctuel de salaires dont le versement est en retard de trois mois selon eux. Hasard du calendrier, cette grève est annoncée le jour même de l’entrée en vigueur de la hausse des tarifs d’EDL pour la première fois en près de 30 ans. Une mesure devant contribuer à redresser les finances du fournisseur incapable d’acheter du carburant et de moderniser ses infrastructures.Les anciens tarifs allaient de 0,02 à 0,13 dollar par kilowattheure (kWh), étaient calculés au taux de change de 1 507,5 livres libanaises, qui est devenu obsolète dans un pays en crise où le dollar s’échange à environ 37 000 livres ces derniers jours. Les nouveaux tarifs s’étendent de 0,1 à 0,27 dollar par kWh.
Si une partie des travailleurs journaliers d’EDL a été embauchée dès 2012 par des prestataires de services privés à qui le fournisseur a délégué la maintenance du réseau, sa modernisation et la collecte des factures, Tricom en emploie toujours 500 journaliers. Cette catégorie de travailleurs plus ou moins qualifiés a été au centre d’un vaste mouvement de protestation qui a perturbé le fonctionnement d’EDL entre 2012 et 2016. Fin 2014, ce mouvement, très politisé, s’est considérablement atténué suite à un accord impliquant le Courant patriotique libre de Michel Aoun, le mouvement Amal de Nabih Berry, président de la Chambre, et le Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt.


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