Des soldats syriens durant des entraînements avec l’armée russe, le 10 octobre 2022. Photo AFP
Dix-huit soldats syriens ont été tués et 27 autres blessés jeudi matin dans un attentat à la bombe qui a visé un car de militaires près de Damas, a annoncé l’agence officielle syrienne SANA. Il s’agit d’un des bilans les plus lourds pour l’armée syrienne dans de telles attaques au cours des dernières années, dans un pays déchiré par la guerre depuis onze ans.
« Un car de militaires a été visé près de Damas par un attentat terroriste au moyen d’une bombe placée dans le véhicule », a précisé l’agence. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé au Royaume-Uni et qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, l’attentat s’est produit au niveau de la localité de Sabboura, à l’ouest de la capitale syrienne, sur la route reliant Damas à Beyrouth.
Plusieurs attentats, le plus souvent revendiqués par des jihadistes, ont visé par le passé des véhicules de l’armée syrienne. En juin dernier, 13 militaires syriens avaient été tués dans une attaque contre un car revendiquée par le groupe État islamique dans la province de Raqqa, dans le nord du pays. En mars, 15 soldats avaient été tués, également dans une attaque contre un car revendiquée par l’EI, dans le désert du centre du pays, selon l’OSDH.
La dernière attaque d’ampleur à Damas remonte à octobre 2021, lorsqu’une bombe contre un car de militaires a fait 14 morts. L’attentat n’a pas été revendiqué. Depuis la reprise par le pouvoir syrien du contrôle des environs de Damas en 2018, la région de la capitale échappe largement aux violences.
Indices sur le sort des otages occidentaux
Sur un autre plan, une ONG syrienne a indiqué jeudi avoir déterminé des sites où d’anciens otages occidentaux de l’EI auraient été détenus en Syrie, ce qui pourrait permettre de retrouver leurs restes, sur la base d’aveux des « Beatles », des jihadistes jugés aux États-Unis.
Dans un rapport, le Centre syrien de justice et de responsabilité (SJAC), basé à Washington, a indiqué avoir identifié sept centres de détention dans d’anciens bastions de l’EI en Syrie où les jihadistes détenaient au moins 18 otages occidentaux. L’ONG a également pu déterminer trois sites où des victimes du groupe jihadiste pourraient être enterrées. Parmi ces otages figurent le journaliste britannique John Cantlie, enlevé en 2012 et dont le sort reste inconnu, ainsi que le journaliste américain James Foley, exécuté par l’EI en 2014.
Ces informations ont été collectées dans le cadre du procès des « Beatles », une cellule spécialisée dans la capture, la torture et l’exécution d’otages occidentaux en Syrie, auquel le SJAC a eu accès.
Le groupe syrien de défense des droits de l’homme a mené en outre des entretiens avec d’anciens otages de l’EI, des proches de victimes du groupe et un membre des « Beatles » jugé à Washington pour déterminer l’emplacement des sites de détention ainsi que les mouvements d’otages.
« Les exécutions et les enterrements avaient souvent lieu près des centres de détention », dans certains cas à moins d’un kilomètre de distance, a indiqué le SJAC dans son rapport. Deux sites où pourraient être enterrés des victimes sont situés au sud de la ville de Raqqa, naguère capitale du « califat » autoproclamé par l’EI, avant sa défaite en Syrie en 2019. Un troisième site a été identifié dans la province d’Idleb, dernier grand bastion rebelle et jihadiste en Syrie. « Les non-musulmans exécutés par l’EI étaient souvent enterrés au sud de Raqqa », selon le SJAC, alors que les musulmans étaient généralement « enterrés à l’intérieur de la ville ».
Actifs en Syrie entre 2012 et 2015, les quatre membres des « Beatles », tous radicalisés à Londres, sont accusés d’avoir supervisé la détention d’au moins 27 journalistes et travailleurs humanitaires venus des États-Unis, du Royaume-Uni, de France, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, du Danemark, de Suède, de Belgique, du Japon, de Nouvelle-Zélande et de Russie.
Le surnom de « Beatles » avait été donné par des otages occidentaux à ce groupe de jihadistes à l’accent britannique, qui avait gagné une sinistre notoriété en mettant en scène l’exécution de captifs dans d’insoutenables vidéos de propagande.
Deux d’entre eux, el-Chafeï el-Cheikh et Alexanda Kotey, arrêtés par les forces kurdes syriennes en 2018, ont été condamnés à la prison à vie par la justice américaine cette année.
La guerre complexe en Syrie, pays morcelé où interviennent différents acteurs, a fait depuis 2011 environ 500 000 morts, dévasté les infrastructures et déplacé des millions de personnes.
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine