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Moyen-Orient - Contestation

Les manifestations en Iran entrent dans leur troisième semaine

Le mouvement a été vivement dénoncé lors de la prière du vendredi à Téhéran.

Les manifestations en Iran entrent dans leur troisième semaine

Manifestation à Los Angeles contre les violences du régime iranien, le 29 septembre 2022. Ringo Chiu/AFP

Le mouvement de contestation déclenché en Iran après la mort d’une jeune femme arrêtée par la police des mœurs est entré vendredi dans sa troisième semaine, malgré la répression ayant fait au moins 83 morts.

Les manifestations ont été déclenchées par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de l’Iran qui oblige notamment les femmes à porter le voile islamique.

« Femme, vie et liberté ! » ont scandé jeudi soir des manifestants à Sanandaj, la capitale de la province du Kurdistan (Nord-Ouest), dont est originaire Mahsa Amini, d’après une vidéo publiée sur Twitter par le site d’information Iran Wire, juste avant que ne résonne le bruit d’armes à feu.

Violence « impitoyable »

Des foules ont été vues en train de « scander des slogans et affronter les forces de sécurité » à travers le pays, notamment dans les grandes villes de Téhéran, Ispahan et Yazd (Centre), rapporte ce site géré par des journalistes iraniens basés à l’étranger.

Dans la ville sainte de Machhad (Nord-Est), des affrontements ont eu lieu entre des membres des forces de l’ordre et des protestataires qui leur jetaient des pierres et hurlaient : « On tuera quiconque a tué ma sœur ! »

Défiant les autorités, des femmes ont brûlé leur voile et coupé leurs cheveux lors de ces manifestations, les plus importantes depuis 2019. Des cinéastes, des athlètes, des musiciens et des acteurs iraniens ont exprimé leur solidarité avec les protestataires, y compris l’équipe nationale de football, provoquant la colère des autorités qui voient dans les manifestations des « émeutes » semant le « chaos ».

Selon l’agence de presse iranienne Fars, environ 60 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, tandis que l’ONG Iran Human Rights, basée à Oslo, a fait état d’un bilan d’au moins 83 morts. Amnesty International a dénoncé un recours par les forces de l’ordre à une violence « impitoyable », citant l’utilisation de balles réelles et billes de plomb, des passages à tabac et violences sexuelles à l’encontre des femmes.

« Les autorités iraniennes ont mobilisé leur appareil répressif bien rodé pour réprimer impitoyablement des manifestations (...) dans le but de mater toute remise en cause de leur pouvoir », a encore déploré l’ONG vendredi dans un communiqué.

Les autorités ont fait par ailleurs état de l’arrestation de plus de 1 200 manifestants depuis le 16 septembre. Des militants, des avocats et des journalistes ont également été arrêtés, d’après des ONG.

L’ancien joueur de football international iranien Hossein Manahi a notamment été interpellé vendredi « pour avoir encouragé des émeutes sur les réseaux sociaux », selon l’agence de presse publique IRNA.

Chanteur arrêté

Les forces de sécurité ont également arrêté le chanteur Shervin Hajipour, dont la chanson Baraye (« Pour »), composée de tweets sur les manifestations, est devenue virale sur Instagram, selon le groupe de défense des droits Article 19 et des médias persans basés hors d’Iran. Selon le Comité pour la protection des journalistes, basé à Washington, au moins 29 journalistes ont été arrêtés dans le cadre de cette répression.

Le mouvement de contestation a été vivement dénoncé lors de la prière du vendredi à Téhéran. « En ce qui concerne les rassemblements, le peuple a montré son unité et exige la peine la plus sévère pour les émeutiers et les agents séditieux qui devront être punis », a déclaré l’imam Mohammad Javad Haj Ali Akbari, selon l’agence de presse d’État IRNA. Depuis le début des manifestations, les autorités iraniennes accusent des forces à l’étranger, parmi lesquelles les États-Unis, leur ennemi juré, d’être derrière les rassemblements ou de les attiser.

L’Iran a mené mercredi des frappes transfrontalières qui ont fait 13 morts dans la région du Kurdistan irakien, accusant les groupes armés d’opposition basés dans cette région d’alimenter les troubles.

La répression des manifestations a été dénoncée par plusieurs capitales occidentales où ont eu lieu des rassemblements de solidarité avec le mouvement de contestation. De nouvelles manifestations sont prévues samedi dans 70 villes à travers le monde.

Sur un autre plan, hier, des hommes armés ont ouvert le feu et lancé des cocktails Molotov sur un commissariat de la province du Sistan-Baloutchistan, dans le sud-est de l’Iran, a rapporté la télévision d’État. « Plusieurs policiers ainsi que des passants ont été blessés dans les échanges de tirs » dans la capitale provinciale Zahedan, a-t-elle ajouté. La province du Sistan-Balouchistan est une région déshéritée frontalière du Pakistan et de l’Afghanistan et théâtre fréquent d’attentats ou d’accrochages entre forces de l’ordre et groupes armés.

Source : AFP


Le mouvement de contestation déclenché en Iran après la mort d’une jeune femme arrêtée par la police des mœurs est entré vendredi dans sa troisième semaine, malgré la répression ayant fait au moins 83 morts.Les manifestations ont été déclenchées par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, trois jours après son arrestation pour infraction au code...

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Les iraniens manifestent désormais avant tout non pas pour le droit des femmes même si c’est une préoccupation importante pour une grande partie de la population, mais pour la chute de leur régime. Or les médias occidentaux toujours sous l’emprise des marchands du JCPOA cherchent un peu à nous faire croire le contraire. Les évènements de Zahedan par exemple où on a vu bien peu de femmes dans les rues mais plutôt des imams et musulmans sunnites baloutches sortant probablement de la prière du vendredi, en tenue traditionnelle, ont bien un point commun avec les manifestations de femmes jetant leur voile au feu: non pas le féminisme mais la haine du régime. À Zahedan où à Téhéran c’est pourtant bien la même révolution qui est en route. Et celle-ci ressemble comme deux gouttes d’eau à la révolution avortée qui a commencé en 2011 contre l’autre régime néo-safavide, « laïque » celui-là: le régime des Assad. Quand les iraquiens les syriens et les libanais se joindront au soulèvement commencé en Iran on sera enfin obligés de parler de révolution contre l’entité néo-safavide et non plus de simple mouvement féministe.

Citoyen libanais

08 h 13, le 01 octobre 2022

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Commentaires (1)

  • Les iraniens manifestent désormais avant tout non pas pour le droit des femmes même si c’est une préoccupation importante pour une grande partie de la population, mais pour la chute de leur régime. Or les médias occidentaux toujours sous l’emprise des marchands du JCPOA cherchent un peu à nous faire croire le contraire. Les évènements de Zahedan par exemple où on a vu bien peu de femmes dans les rues mais plutôt des imams et musulmans sunnites baloutches sortant probablement de la prière du vendredi, en tenue traditionnelle, ont bien un point commun avec les manifestations de femmes jetant leur voile au feu: non pas le féminisme mais la haine du régime. À Zahedan où à Téhéran c’est pourtant bien la même révolution qui est en route. Et celle-ci ressemble comme deux gouttes d’eau à la révolution avortée qui a commencé en 2011 contre l’autre régime néo-safavide, « laïque » celui-là: le régime des Assad. Quand les iraquiens les syriens et les libanais se joindront au soulèvement commencé en Iran on sera enfin obligés de parler de révolution contre l’entité néo-safavide et non plus de simple mouvement féministe.

    Citoyen libanais

    08 h 13, le 01 octobre 2022

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