Le symbole de l’atome sur le drapeau iranien. Dado Ruvic/Illustration/Reuters
L’Iran a jugé « non constructive » la déclaration de Londres, Paris et Berlin qui ont exprimé leurs « doutes » sur l’engagement de Téhéran à parvenir à un « résultat positif » dans les négociations pour relancer l’accord de 2015 sur le nucléaire.
L’accord, dont les États-Unis s’étaient retirés en 2018, est destiné à limiter le programme nucléaire iranien, en échange de la levée de sanctions américaines.
« Il est surprenant et regrettable que, alors que des contacts diplomatiques et des échanges de messages se poursuivent entre les parties en négociation », les trois pays européens publient une déclaration aussi « non constructive », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Nasser Kanani.
Dans un communiqué commun diffusé samedi, les gouvernements français, allemand et britannique rappellent que « début août, après un an et demi de négociations, le coordinateur du JCPOA (l’accord de 2015, NDLR) a présenté un ensemble de textes finaux qui devait permettre à l’Iran de remplir à nouveau ses obligations au titre du JCPOA et aux États-Unis de revenir à l’accord ». « Dans ce paquet final, le coordinateur a apporté des modifications supplémentaires qui nous ont poussés aux limites de notre flexibilité », soulignent-ils. « Malheureusement, l’Iran a décidé de ne pas saisir cette opportunité diplomatique décisive » et « poursuit l’escalade de son programme nucléaire bien au-delà de ce qui pourrait être justifié de manière plausible pour des raisons civiles », regrettent Londres, Paris et Berlin.
Coopération de bonne foi
Téhéran avait récemment demandé une nouvelle fois la clôture d’une enquête de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) concernant des traces d’uranium enrichi retrouvées sur trois sites non déclarés, ce que le patron de l’agence, Rafael Grossi, refuse. « Cette dernière demande soulève de sérieux doutes quant aux intentions de l’Iran et à son engagement en faveur d’un résultat positif concernant le JCPOA », font valoir les trois pays. Selon eux, « la position de l’Iran n’est pas conforme à ses obligations juridiquement contraignantes et compromet les perspectives de rétablissement du JCPOA », conclu en 2015 avec Téhéran par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et Russie) plus l’Allemagne. « L’Iran doit coopérer pleinement et immédiatement avec l’AIEA, en toute bonne foi », ajoutent-ils. « Compte tenu du fait que l’Iran ne conclut pas l’accord sur la table, nous discuterons avec nos partenaires internationaux de la meilleure façon de gérer l’escalade nucléaire continue de l’Iran et son manque de coopération avec l’AIEA », préviennent Paris, Londres et Paris.
La dernière réponse de l’Iran dans les négociations en cours est un pas « en arrière », avait déjà estimé vendredi à Bruxelles le secrétaire d’État américain Antony Blinken.
L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont adopté la position qu’Israël voulait, a ajouté le porte-parole iranien, dont le pays est l’ennemi juré de l’État hébreu, hostile à l’accord nucléaire. « Si une telle approche se poursuit, ils devront aussi porter la responsabilité » d’un échec des négociations, a-t-il mis en garde. Les « menaces » et les « sanctions » n’empêcheront pas le peuple iranien « de continuer à défendre ses droits et préserver ses intérêts », a-t-il encore ajouté.
Lapid en Allemagne
Dans ce contexte, le Premier ministre israélien Yaïr Lapid s’est envolé dimanche pour Berlin, nouvelle étape de son offensive pour tenter de convaincre les puissances occidentales de ne pas renouveler l’accord sur le programme nucléaire de l’Iran. La délégation israélienne, qui comprend aussi des responsables sécuritaires et des rescapés de la Shoah, a quitté l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv dimanche après-midi. M. Lapid doit s’entretenir lundi avec le président Frank-Walter Steinmeier, la chef de la diplomatie Annalena Baerbock et le chancelier Olaf Scholz.
Israël estime que l’accord actuellement en renégociation ne freinera pas le programme iranien et favorisera la levée des sanctions économiques, ce qui pourrait, selon l’État hébreu, permettre à Téhéran d’accroître son soutien financier à ses ennemis à ses frontières comme le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais. « Je remercie la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne pour leur position ferme sur cette question », a dit dimanche M. Lapid. « Le but de la visite en Allemagne est de coordonner les positions sur le programme nucléaire et de finaliser les derniers détails dans un document de coopération stratégique, économique et de sécurité, que nous sommes sur le point de signer », a-t-il ajouté sans épiloguer sur ce partenariat entre les deux pays. « La visite (à Berlin) se focalisera sur les enjeux régionaux, et avant tout l’Iran. Il est important de continuer (...) à influencer la position européenne d’autant que l’Allemagne y joue un grand rôle », a déclaré une source diplomatique.
Source : AFP


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