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Moyen-Orient - Conflit

L’armée israélienne admet une « forte possibilité » d’avoir tué la journaliste Shirine Abou Akleh

L’État hébreu prolonge de trois mois la détention du Franco-Palestinien Salah Hamouri.

L’armée israélienne admet une « forte possibilité » d’avoir tué la journaliste Shirine Abou Akleh

La journaliste d’al-Jazeera Shirine Abou Akleh à Jérusalem, le 12 juin 2021. Photo d’archives AFP

L’armée israélienne a reconnu pour la première fois lundi qu’il y avait « une forte possibilité » pour que la journaliste de la chaîne panarabe al-Jazeera Shirine Abou Akleh ait été tuée en mai par l’un de ses soldats.

Star d’al-Jazeera, la journaliste américano-palestinienne avait été tuée par balle le 11 mai alors qu’elle couvrait une opération militaire israélienne dans le camp palestinien de Jénine, bastion des factions armées palestiniennes dans le nord de la Cisjordanie occupée, où une unité spéciale tentait d’appréhender des « suspects », ce qui avait mené à des affrontements armés.

Après la mort de Shirine Abou Akleh, équipée d’un gilet pare-balles avec la mention « Presse » et d’un casque, l’Autorité palestinienne et son employeur al-Jazeera avaient immédiatement accusé l’armée israélienne de l’avoir tuée. Israël n’a cessé de rejeter cette accusation, et ce malgré des enquêtes journalistiques et un rapport de l’ONU concluant à un tir israélien, qui excluaient toutefois qu’il ait été délibéré.

Or, lundi, l’armée israélienne a publié les « conclusions finales » de son enquête et reconnu qu’un de ses soldats avait bien tiré en direction de la journaliste en se méprenant sur son identité : « Il y a une forte possibilité que madame Abou Akleh ait été touchée accidentellement par un tir de l’armée israélienne qui visait des suspects identifiés comme des hommes armés palestiniens. ». L’armée a indiqué avoir étudié « chronologiquement » la séquence des événements, analysé les lieux, les vidéos et les sons enregistrés sur place, mené une « simulation de la scène », et que des « experts israéliens » avaient mené une analyse balistique de la balle, le 2 juillet, en présence de représentants du Comité de coordination sécuritaire des États-Unis pour Israël et l’Autorité palestinienne.

En raison du « piètre état de la balle », identifier son origine était « difficile », souligne l’armée dans son rapport, disant ne pas avoir la certitude « sans équivoque » de l’origine du tir fatal à la journaliste.

Erreur sur la cible ?

À l’instar de l’armée israélienne, les États-Unis avaient conclu que Shirine Abou Akleh avait « vraisemblablement » été tuée par un tir provenant d’une position israélienne, sans avoir de raison de croire que sa mort ait été intentionnelle. « Le soldat ne cherchait pas à cibler un journaliste d’al-Jazeera ou un journaliste en général. (...) Le soldat a mal identifié sa cible et il en est désolé », a déclaré lundi un haut responsable militaire israélien lors d’un briefing avec la presse. « Cela n’aurait pas dû se produire, il n’a pas fait ça de manière délibérée », a-t-il ajouté.

Ce responsable a indiqué que le soldat, posté à environ 200 mètres derrière la journaliste, n’avait pas vu son inscription « Presse » au-devant de son gilet pare-balles. Il a indiqué que la journaliste avait été atteinte par balle derrière la tête.

Le bureau du procureur militaire israélien a de son côté annoncé lundi qu’il « n’y avait pas de soupçon d’un acte criminel justifiant l’ouverture d’une enquête criminelle par la police militaire », et ce bien qu’il y ait une « forte probabilité » que Shirine Abou Akleh ait été tuée par des soldats israéliens.

Les proches de la journaliste, qui vivait à Jérusalem, avaient demandé sans succès à rencontrer le président américain Joe Biden lors de sa visite en juillet dans la Ville sainte. À l’invitation du secrétaire d’État américain Antony Blinken, des membres de la famille Abou Akleh se sont néanmoins rendus dans la foulée à Washington pour rencontrer de hauts responsables américains.

La famille Abou Akleh a, elle, accusé lundi les autorités israéliennes « d’éviter de prendre la responsabilité du meurtre » de la journaliste, dans un communiqué diffusé dans la foulée du rapport d’enquête israélien. « Nous demeurons profondément blessés, frustrés et déçus », a souligné la famille en demandant une enquête américaine « crédible ».

Trois mois

Sur un autre plan, les autorités israéliennes ont prolongé de trois mois la détention de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, ont indiqué lundi des organisations soutenant ce militant incarcéré depuis mars. M. Hamouri, âgé de 37 ans, a été condamné en mars à trois mois de détention administrative, une mesure controversée permettant à Israël d’incarcérer des suspects sans accusation formelle. Sa détention avait été prolongée une première fois en juin par la justice militaire israélienne, qui le considère comme un membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), ce qu’il dément. Son organisation, Addameer, qui défend les droits des prisonniers palestiniens, a indiqué lundi sur Twitter que sa détention administrative avait été prolongée, estimant que cela faisait « partie de la campagne de harcèlement visant à réprimer les défenseurs des droits humains et la société civile palestinienne ». « Cette nouvelle décision politique inique témoigne de l’acharnement absolu des autorités israéliennes contre Salah et du manque d’action particulièrement évident de la diplomatie française », a aussi estimé son comité de soutien sur Twitter.

M. Hamouri avait été emprisonné en Israël entre 2005 et 2011 pour participation à la tentative d’assassinat d’Ovadia Yossef –ancien grand rabbin d’Israël et fondateur du parti ultra-orthodoxe Shass – avant d’être libéré en 2011, peu avant le terme de sa peine, dans le cadre d’un échange de prisonniers ayant permis la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit.

Source : AFP

L’armée israélienne a reconnu pour la première fois lundi qu’il y avait « une forte possibilité » pour que la journaliste de la chaîne panarabe al-Jazeera Shirine Abou Akleh ait été tuée en mai par l’un de ses soldats.Star d’al-Jazeera, la journaliste américano-palestinienne avait été tuée par balle le 11 mai alors qu’elle couvrait une opération militaire israélienne dans le camp palestinien de Jénine, bastion des factions armées palestiniennes dans le nord de la Cisjordanie occupée, où une unité spéciale tentait d’appréhender des « suspects », ce qui avait mené à des affrontements armés.Après la mort de Shirine Abou Akleh, équipée d’un gilet pare-balles avec la mention « Presse » et d’un casque, l’Autorité palestinienne et son employeur al-Jazeera avaient...
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De qui se moque-t-on? !

Politiquement incorrect(e)

22 h 33, le 08 septembre 2022

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  • De qui se moque-t-on? !

    Politiquement incorrect(e)

    22 h 33, le 08 septembre 2022

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