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Politique - Présidentielle

À la veille du délai constitutionnel, cap sur le futur gouvernement

Berry attend une entente élargie autour du futur chef de l’État ; Aoun assure œuvrer à la formation d’un cabinet avant son départ.

À la veille du délai constitutionnel, cap sur le futur gouvernement

Le Premier ministre désigné Nagib Mikati reçu hier par le président du Parlement Nabih Berry, à Aïn el-Tiné. Photo tirée du compte Flickr du Parlement

Demain mercredi 31 août, le Liban est supposé entrer en période d’élection présidentielle, afin d’élire un successeur à Michel Aoun dont le mandat arrivera à terme deux mois plus tard. Sauf que dans la réalité, rien ne prête à croire que cette échéance passera comme une lettre à la poste. Bien au contraire. Tout indique que le pays risque de plonger, pour la première fois de son histoire, dans le vide total au niveau du pouvoir exécutif, surtout que M. Aoun, et contrairement à ce dont l’accusent ses détracteurs, se dit déterminé à quitter Baabda le 31 octobre. Le besoin de former un gouvernement de pleins pouvoirs devient donc une urgence, et le Premier ministre désigné Nagib Mikati semble en être conscient.

Du côté de la deuxième présidence cependant, on ne semble pas pressé : le président de la Chambre Nabih Berry n’a toujours pas convoqué les parlementaires à la première séance consacrée à la présidentielle qui doit, selon la Constitution, se tenir à partir du 1er septembre. « Le chef du législatif a défini les caractéristiques du prochain chef de l’État dont le Liban a besoin. Il faut un président rassembleur qui puisse dialoguer avec tout le monde », affirme Kassem Hachem, député berryste, contacté par L’Orient-Le Jour. M. Berry « attend qu’un accord élargi autour d’une telle figure soit atteint. Et il convoquera le Parlement en temps voulu », explique le député. Ce n’est donc pas l’adoption des réformes exigées par la communauté internationale qui empêchera Nabih Berry de donner le coup d’envoi à la présidentielle, comme il l’avait déclaré il y a un mois devant des journalistes. De toute façon, le président de la Chambre mettra les points sur les « i » lors de son très attendu discours à l’occasion de la commémoration de la disparition du fondateur du mouvement Amal, l’imam Moussa Sadr, demain à 17h30, à Tyr.

« Ce n’est pas le moment des caprices »

En attendant les prises de position de son plus grand adversaire, Michel Aoun tente, lui, de rassurer ceux qui craignent qu’il reste au palais de Baabda au-delà du 31 octobre, sous prétexte qu’un cabinet expédiant les affaires courantes ne peut pas exercer les prérogatives du chef de l’État. Hier, il est revenu à la charge. S’exprimant devant une délégation du syndicat du secteur audiovisuel au Liban, il s’est une fois de plus lavé les mains de l’impasse gouvernementale. « Alors que je cherche à former un gouvernement avant la fin de mon mandat, certains maintiennent leurs accusations de blocage à mon encontre », a fustigé le président. « Il y a sans doute des obstacles qui persistent, mais les efforts ne se sont pas arrêtés. Les pourparlers sont toujours en cours », a-t-il souligné.

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Malgré le bras de fer confessionnel, les efforts se poursuivent

Les principaux obstacles dont il est question portent sur la composition de la future équipe qui pourrait être amenée à gérer le pays dans la prochaine phase, le camp de la présidence ayant voulu inclure six ministres d’État au cabinet sortant pour avoir un droit de regard sur l’action gouvernementale. Une option qui, selon les informations de L’OLJ, aurait été rejetée, Michel Aoun s’étant montré ouvert à l’idée de maintenir un cabinet de 24 ministres, tel que le souhaite le Premier ministre désigné engagé dans un bras de fer désormais public avec le camp du président et de son gendre, le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil.

Hier, M. Mikati s’est rendu à Aïn el-Tiné pour un entretien avec Nabih Berry, son soutien numéro un, qui presse pour la mise sur pied d’une nouvelle équipe ministérielle afin d’ôter au président Aoun tout prétexte pour rester à Baabda. Le dossier gouvernemental était également au menu de la réunion entre M. Berry et le chef du Rassemblement démocratique, Teymour Joumblatt.

Et le Hezbollah dans toute cette dynamique ? La question est d’autant plus légitime que des informations rapportées ces derniers jours par des médias locaux faisaient état d’une médiation menée par le parti chiite entre MM. Aoun et Mikati. Ce dernier aurait également eu des discussions dimanche avec des représentants du parti chiite. Des informations démenties par le porte-parole du Hezbollah, Mohammad Afif. « Nous n’avons pas déployé des efforts dans ce sens. Nous ne faisons que donner des conseils aux deux camps », dit-il. Des « conseils » qui ont tourné au sévère rappel à l’ordre hier. « Un pays ne peut pas connaître la stabilité sans gouvernement. Ce n’est pas le moment des caprices » , a lancé hier depuis Sarafand Mohammad Raad, chef du groupe parlementaire du parti pro-iranien. « Renflouez ce gouvernement afin qu’il soit de pleins pouvoirs », a-t-il martelé. L’option donc d’un renflouement du cabinet Mikati n’est plus exclue par le Hezbollah, faute d’accord sur une nouvelle équipe.

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Michel Aoun va-t-il rester à Baabda après le 31 octobre ?

Les propos de Mohammad Raad s’inscrivent d’ailleurs dans la continuité de la première mise en garde lancée il y a quelques jours par Hassan Nasrallah, qui avait appelé à la formation rapide d’un cabinet, dans ce qui a été interprété comme le signe d’une longue vacance présidentielle.

Demain mercredi 31 août, le Liban est supposé entrer en période d’élection présidentielle, afin d’élire un successeur à Michel Aoun dont le mandat arrivera à terme deux mois plus tard. Sauf que dans la réalité, rien ne prête à croire que cette échéance passera comme une lettre à la poste. Bien au contraire. Tout indique que le pays risque de plonger, pour la première fois de...
commentaires (3)

Des photos intemporelles de politiciens inamovible, inébranlable et surtout insensible quand à l'avenir et les conditions du peuple et de la Patrie. Ces photos serviront dans les siècles futurs à illustrer l'incompétence, l'inutilité et le danger de ce type d'énergumènes. Ces êtres seront, de plus, mis sur une liste de phénomènes extrêmement dangereux pour l'humanité.

Wlek Sanferlou

14 h 50, le 30 août 2022

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Commentaires (3)

  • Des photos intemporelles de politiciens inamovible, inébranlable et surtout insensible quand à l'avenir et les conditions du peuple et de la Patrie. Ces photos serviront dans les siècles futurs à illustrer l'incompétence, l'inutilité et le danger de ce type d'énergumènes. Ces êtres seront, de plus, mis sur une liste de phénomènes extrêmement dangereux pour l'humanité.

    Wlek Sanferlou

    14 h 50, le 30 août 2022

  • Le voilà, ce président fort, lâché par ses soit disant alliés d’hier pour appuyer leur vrai allié Berry qui de toute façon arrivera à ses fins puisque le camp adverse s’est montré amateur et incompétent en matière de politique à la libanaise. N’est pas politicien qui veut. Ils se sont fait avoir, les pauvres, tout le long de ce mandat fort et la seule chose qu’ils auraient gagné c’est l’argent qu’ils avaient mis à leur disposition et qu’ils se sont approprié, et qui s’est avéré le prix de leur échec tonitruant au niveau politique intérieure comme extérieure et qui les a mené à leur perte. Vous avez chanté, et bien dansez maintenant. On récolte toujours ce qu’on sème.

    Sissi zayyat

    12 h 05, le 30 août 2022

  • Si la constitution est respectee, d'ici deux mois, les deux guignols devront enfin prendre definitivement leur retraite. Tout autre issue ne peux etre consideree que comme un coup d'etat.

    Michel Trad

    00 h 39, le 30 août 2022

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