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Économie - Sécurité alimentaire

La justice libanaise dément la prolongation de la mise sous scellés d’un navire syrien controversé

La justice libanaise dément la prolongation de la mise sous scellés d’un navire syrien controversé

Le navire Razoni, transportant le premier chargement de céréales ukrainiennes, a quitté hier le port ukrainien d’Odessa à destination du Liban. Photo fournie par le ministère turc de la Défense à l’AFP

La justice libanaise a démenti hier avoir prolongé de 72h la mise sous scellés du navire Laodicea, battant pavillon syrien, qui avait accosté au port de Tripoli (Liban-Nord) jeudi dernier, tel que cela avait été annoncé précédemment par l’ambassade d’Ukraine. Saisi sur ordre du parquet général près la Cour de cassation il y a trois jours, ce navire transporte des céréales qui, selon Kiev, ont été volées à l’Ukraine par la Russie, ce que celle-ci dément totalement. « Après que l’ambassade d’Ukraine au Liban a présenté tous les documents nécessaires, la justice libanaise a prolongé la mise sous scellés du navire de 72 heures supplémentaires », avait ainsi twitté la représentation de Kiev à Beyrouth hier. Cela a toutefois été démenti à notre publication anglophone L’Orient Today par une source judiciaire haut placée au fait du dossier.

Vendredi, alors que ce bateau était inspecté par les autorités libanaises, le ministre sortant des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib avait affirmé que « le Liban n’est pas encore en capacité de déterminer d’où proviennent les denrées » qu’il transporte. « Le Liban a reçu nombre de plaintes et d’avertissements de plusieurs pays occidentaux » suite à l’arrivée du Laodicea, avait ajouté le ministre. Selon l’ambassade d’Ukraine à Beyrouth, le Laodicea, navire sanctionné par les États-Unis, transporte du blé et de l’orge « volés par la Russie d›entrepôts ukrainiens ». En réponse à ces accusations, l’ambassade de Russie au Liban a démenti vendredi toute connaissance du cargo en question. De plus, un responsable d’une société de commerce de céréales basée en Turquie a nié vendredi que l’orge et la farine à bord du navire aient été volées en Ukraine, affirmant que la source de la farine était la Russie. Le responsable de Loyal Agro Co. Ltd., qui a refusé d’être identifié, a déclaré à l’agence Reuters que la société avait cherché à importer 5 000 tonnes de farine sur le navire au Liban pour les vendre à des acheteurs privés, et non au gouvernement libanais.

Un nouveau rebond dans cette affaire qui intervient alors qu’une première cargaison de 26 000 tonnes de maïs a quitté hier le port ukrainien d’Odessa en direction du port libanais de Tripoli, suite à l’accord russo-ukrainien du 22 juillet dernier, chapeauté par la Turquie et les Nations unies en raison du conflit entre ces deux nations, pour la reprise de leurs exportations agricoles respectives. L’annonce faite par le ministère turc de la Défense n’a pas précisé la raison du choix du Liban comme premier pays à recevoir cette cargaison. Contacté par L’Orient-le Jour, le ministère libanais de l’Économie et du Commerce ne disposait d’aucune information sur ce chargement, tandis qu’une source au port de Tripoli a assuré que la direction de l’infrastructure n’avait pas encore été officiellement notifiée de l’arrivée du navire. Seule certitude à ce stade, le chargement de maïs a été commandé par des importateurs privés.

« 90 % de la crise du pain » est terminée

Côté libanais, et alors que le pays est en proie à des pénuries de pain et qu’il importe la grande majorité de ses céréales depuis l’Ukraine et la Russie, la commission mixte chargée de « surveiller et distribuer de manière équitable le blé et la farine, au cours des différentes étapes » de la production de pain au Liban, a annoncé dimanche que « la crise du pain était terminée à 90 % et que les files d’attente ont disparu ». Un constat qui se base sur « une enquête menée (par cette commission) dans toutes les régions libanaises ».

Depuis plusieurs mois, les boulangeries et minoteries se plaignent de ne pas avoir accès à la farine et au blé subventionnés à 100 % au taux dollar/livre officiel, alors que, dans le même temps, Amine Salam, le ministre sortant de l’Économie, avait indiqué début juillet qu’il existait une contrebande et un marché noir de farine et de blé. Il a d’ailleurs annoncé dimanche que plusieurs propriétaires de boulangerie et minoterie ont été arrêtés et déférés devant la justice.


La justice libanaise a démenti hier avoir prolongé de 72h la mise sous scellés du navire Laodicea, battant pavillon syrien, qui avait accosté au port de Tripoli (Liban-Nord) jeudi dernier, tel que cela avait été annoncé précédemment par l’ambassade d’Ukraine. Saisi sur ordre du parquet général près la Cour de cassation il y a trois jours, ce navire transporte des céréales qui,...

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