Le symbole nucléaire sur un drapeau iranien. Dado Ruvic/Illustration/Reuters
L’Iran ne rallumera les caméras de surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) que si l’accord de 2015 sur son programme nucléaire est réactivé, a annoncé lundi le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, selon les médias officiels iraniens.
Mohammad Eslami a ajouté que l’Iran n’accepterait pas de fournir des explications sur la présence de traces d’uranium, comme demandé par l’agence, expliquant que le Plan d’action global commun (PAGC, ou JCPOA en anglais) négocié en 2015 démontrait que le programme de développement nucléaire de Téhéran n’avait aucune visée militaire.
« Les projets et les sites de développement à visée militaire de notre programme nucléaire ont été abandonnés en vertu des termes de l’accord (de 2015) et si (les Occidentaux) étaient sincères, ils sauraient que ces dossiers ne seront pas rouverts », ont rapporté les médias officiels iraniens, citant Mohammad Eslami.
L’Iran a annoncé en juin dernier le retrait de caméras de surveillance de l’AIEA, dont 27 d’entre elles installées dans le cadre de l’accord de 2015, après que le conseil des gouverneurs de l’agence a adopté une résolution critiquant la coopération insuffisante de Téhéran pour fournir des explications sur la présence de traces d’uranium sur trois sites non déclarés. « Nous ne connecterons pas de nouveau les caméras de l’AIEA tant que les autres parties ne seront pas revenues dans l’accord (de 2015) », a déclaré Mohammad Eslami. « Les caméras ont été récupérées par l’AIEA, scellées et stockées dans les installations (nucléaires) jusqu’au jour » de la relance de l’accord, a-t-il assuré.
Signé en 2015 par l’Iran et le « P5+1 » (les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU – États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne – et l’Allemagne), le JCPOA prévoyait des limitations sur le programme nucléaire iranien en contrepartie de la levée de sanctions internationales visant Téhéran. Les États-Unis se sont retirés en mai 2018 de l’accord de Vienne sous l’impulsion de l’ancien président Donald Trump.
Dans ce contexte, Téhéran ne va pas agir « à la hâte » face aux pressions des Occidentaux pour faire revivre l’accord sur le nucléaire iranien, a affirmé lundi son ministère des Affaires étrangères alors que les pourparlers sur ce dossier sont à l’arrêt depuis mars. « Ils exigent que l’Iran prenne rapidement une décision, (insistant que) le temps est limité et que l’Iran doit répondre rapidement, (mais) l’Iran n’agit pas à la hâte », a déclaré le porte-parole du ministère, Nasser Kanani, dans sa conférence de presse hebdomadaire.
Pourparlers au point mort
Les pourparlers à Vienne entre l’Iran et les grandes puissances pour relancer l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique en échange de la levée de sanctions asphyxiant son économie, sont au point mort depuis mars.
Fin juin, le Qatar a organisé à Doha des pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis dans l’espoir de remettre le processus de Vienne sur les rails, mais ces discussions ont été interrompues après deux jours sans aucune percée.
La République islamique « ne sacrifie pas les intérêts fondamentaux du pays et de la nation dans un processus précipité », a ajouté M. Kanani.
Samedi, le président français Emmanuel Macron a estimé à l’issue d’un entretien avec son homologue iranien Ebrahim Raïssi que la relance de l’accord « était encore possible », mais « elle devait intervenir dans les plus brefs délais ».
Le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a noté jeudi dernier que l’Iran « ne semblait pas avoir pris (...) les décisions politiques nécessaires pour assurer un retour mutuel dans l’accord ».
De son côté, le chef du renseignement extérieur britannique, le MI6, a dit douter que le guide suprême iranien Ali Khamenei soutienne un retour à l’accord sur le nucléaire.
« Si les États-Unis agissent comme l’Iran de manière constructive et de bonne foi et réagissent positivement aux initiatives positives de l’Iran, nous pensons que nous sommes proches d’un accord », a indiqué M. Kanani.
Sources : agences


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