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Environnement - Pollution / CNRS

Les deux tiers des plages libanaises propres à la baignade

Pour la première fois, le rapport annuel tant attendu a apporté des données sur les microplastiques, montrant des taux inquiétants dans les eaux libanaises. 

Les deux tiers des plages libanaises propres à la baignade

De gauche à droite sur la tribune : Tamara el-Zein, Milad Fakhry et une représentante du ministère du Tourisme, lors de la conférence de presse jeudi au CNRS. Photo S.B.

C’est un document très attendu chaque année : en dépit de la crise qui frappe de plein fouet la recherche scientifique, l’indice de qualité de l’eau des plages au Liban a été rendu public jeudi au Conseil national de la recherche scientifique (CNRS). Préparé par le Centre d’études marines de l’institution, il a porté sur les principales plages publiques du pays, soit en tout 37 points du nord au sud (contre 36 l’année dernière). Le résultat reste assez similaire aux rapports précédents : 24 de ces sites présentent une qualité d’eau allant de bonne à très bonne (le même nombre que l’année dernière), 6 une qualité moyenne (appelant à la prudence) à critique et 7 mauvaise à très mauvaise (dont la majorité se trouvent entre Beyrouth et Dbayé).

Se concentrant principalement sur la pollution bactériologique provenant des eaux d’égout non traitées (streptocoques et coliformes fécaux), les moyens de mesurer toute pollution chimique n’étant pas disponibles actuellement, le document se base sur des prélèvements mensuels sur toute l’année dans les différents sites inclus dans l’étude.

Dans le détail, les plages les plus polluées se trouvent donc sur le tronçon Beyrouth-Dbayé, la palme revenant à la plage d’Antélias, qui est absolument impropre à la baignade, suivie de Ramlet el-Baïda à Beyrouth ainsi que Manara (seule Aïn el-Mreïssé fait exception dans la capitale). L’une des plages publiques de Jounieh fait également partie des sites à éviter, alors que la plage de Maameltein dans la même région présente une qualité de l’eau tout à fait acceptable (mais elle est fermée au public). Parmi les autres plages polluées figure « la plage des restaurants » à Tyr (à ne pas confondre avec la célèbre réserve dont l’eau est de très bonne qualité). La dernière plage dans cette catégorie peu enviable est la principale plage publique de Tripoli (une autre, proche du stade municipal, est propre en revanche).

En gros, les plages du Nord, allant du Akkar à Tripoli en passant par Minié, sont de qualité moyenne ou mauvaise pour la plupart. L’eau s’améliore nettement et devient bonne à très bonne à Enfé, Chekka (les plages de Héri, sans pollution bactériologique mais à proximité des cimenteries... une potentielle contamination chimique n’a pas été explorée dans cette étude), Batroun (à l’exception de la plage de Bahsa à la qualité d’eau moyenne), Amchit, Jbeil, Fidar, Bouar, Okaïbé, Safra.

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Au sud de Beyrouth, la baignade dans les plages de Khaldé et Saïda est à aborder avec prudence. Au cours des années, cette plage de Saïda a connu des améliorations et des reculs, mais la municipalité tente de combattre les sources de pollution restantes, selon le CNRS. Le littoral allant de Damour à Naqoura, en passant par Jiyé, Awali, Ghaziyé, Sarafand, Adloun et Tyr (outre une seule plage citée précédemment) est de bonne à très bonne qualité.

Microplastiques : le double des pays industrialisés
Le lancement du rapport jeudi a eu lieu au siège du CNRS en présence des ministres de l’Environnement, Nasser Yassine, et de l’Agriculture, Abbas Hajj Hassan, de la nouvelle secrétaire générale du CNRS, Tamara el-Zein, ainsi que du directeur du Centre d’études marines, Milad Fakhry. Tamara el-Zein a déploré que les plages privées (ou ayant un droit d’investissement privé, pour plus d’exactitude) ne soient pas tenues par la loi d’effectuer des tests et d’en afficher les résultats, pour la sécurité de leurs clients. Le rapport du CNRS, pour la 38e année consécutive, porte principalement sur les plages publiques, à peu d’exceptions près.

La nouvelle secrétaire générale a également insisté sur la méthodologie scientifique qui sous-tend cette étude annuelle, introduisant une nouveauté cette année, l’étude des microplastiques dans l’eau. Ces derniers sont les fragments microscopiques qui résultent du morcellement des déchets plastiques dans l’eau, particulièrement nocifs car ils sont ingurgités par les poissons et réintègrent ainsi la chaîne alimentaire. Ils charrient par ailleurs d’autres polluants, ce qui les rend d’autant plus redoutables.

Les chiffres avancés par Milad Fakhry sont loin d’être rassurants : une étude menée dans les sites de Ramlet el-Baïda et de Tyr (réserve), donc un site très pollué bactériologiquement et l’autre pas, montre une concentration importante de microplastiques, de l’ordre de 24 par mètre cube d’eau à Tyr, et une quarantaine à Beyrouth. L’expert note que c’est plus du double de ce qui a été repéré dans des pays beaucoup plus industrialisés, en Europe notamment. Tamara el-Zein rappelle que les sources de cette pollution, qu’il s’agisse de sites gouvernementaux comme les grandes décharges ou de négligence individuelle des baigneurs, sont terrestres et doivent être combattues par une action qui engage tout le monde.

Enfin, à l’instar des années passées, Milad Fakhry s’est montré rassurant en ce qui concerne les poissons dans les eaux libanaises qui, selon lui, ne comportent pas de concentrations anormales de métaux lourds et peuvent être consommés sans crainte. Pour ce qui est de certaines espèces invasives comme le poisson-globe par exemple, il a recommandé de les éviter, étant toxiques quelle que soit leur taille. 


C’est un document très attendu chaque année : en dépit de la crise qui frappe de plein fouet la recherche scientifique, l’indice de qualité de l’eau des plages au Liban a été rendu public jeudi au Conseil national de la recherche scientifique (CNRS). Préparé par le Centre d’études marines de l’institution, il a porté sur les principales plages publiques du pays, soit en tout...

commentaires (2)

comment est il possible que la plage de Manara a Beyrhouth est a eviter alors que Ain Mraysee est propre a la Baignade. c'est la meme facade maritime avec des courants venant du cote de Manara

Feghali Chadi

13 h 46, le 03 août 2022

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Commentaires (2)

  • comment est il possible que la plage de Manara a Beyrhouth est a eviter alors que Ain Mraysee est propre a la Baignade. c'est la meme facade maritime avec des courants venant du cote de Manara

    Feghali Chadi

    13 h 46, le 03 août 2022

  • Quelle mascarade…où sont les unités de traitement des eaux usées et des égouts ????tout est déversé dans la mer et on me fait croire que les 2/3 des plages sont propres!!!! On n’est vraiment pas crédible.

    Karam Georges

    08 h 06, le 22 juillet 2022

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