Des pèlerins se rassemblant hier pour prier sur le mont Arafat. Christina Assi/AFP
Des centaines de milliers de musulmans ont prié hier sur le mont Arafat, en Arabie saoudite, point culminant du hajj qui réunit sous une chaleur accablante le plus grand nombre de pèlerins depuis le début de la pandémie de Covid-19. En bus ou à pied et en chantant « Dieu, je suis là », les fidèles ont convergé depuis la vallée de Mina vers le Jabal al-Rahma (mont de la Miséricorde), là où le prophète Mahomet a prononcé selon la tradition son prêche d’adieu aux musulmans l’ayant accompagné pour le pèlerinage à la fin de sa vie. Des milliers d’entre eux se sont ensuite retrouvés à la mosquée de Namirah, à proximité, pour la prière de midi.
« En 2020, je pensais que je ne ferais jamais le hajj. Cela me paraissait la fin du monde. Mais je suis là aujourd’hui. Dieu est grand », se réjouit Bassam Mohammad, un pèlerin égyptien. Durant les deux années de pandémie, les autorités saoudiennes n’ont autorisé que quelques milliers d’habitants du royaume à effectuer le pèlerinage, contre 2,5 millions de musulmans du monde entier en 2019. Cette année, un million de fidèles, dont 850 000 étrangers tirés au sort, ont été accueillis à La Mecque et Médine, les premiers lieux saints de l’islam dans l’ouest du royaume, à condition d’être vaccinés et de présenter un test PCR négatif.
Masques, désinfectants...
Le pèlerinage se déroule alors que les cas de contamination au Covid-19 remontent en flèche dans le monde. Et le rassemblement d’un million de personnes n’est pas sans risques. Les autorités saoudiennes ont annoncé l’abandon du port du masque dans la plupart des espaces fermés, mais l’ont imposé dans la Grande Mosquée de La Mecque. Par conséquent, un grand nombre de pèlerins ne portent pas de masque pendant les rituels.
Dans la vallée de Mina, où ils ont passé la nuit dans des tentes climatisées, les fidèles se sont vu remettre des sacs avec des masques et du gel désinfectant. Selon le ministère de la Santé jeudi soir, aucun cas de coronavirus n’a été détecté parmi les pèlerins. « Le statut des pèlerins est rassurant. Aucun cas de contamination (...) n’a été rapporté », a-t-il dit sans préciser si des tests étaient régulièrement effectués. Le hajj, l’un des plus grands rassemblements religieux annuels au monde, fait partie des cinq piliers de l’islam et doit être entrepris par tous les musulmans qui en ont les moyens au moins une fois dans leur vie.
Lapidation de Satan
Autre défi lors du pèlerinage : la chaleur accablante avec des températures frôlant les 44 degrés Celsius. Les chapeaux étant interdits pour les hommes durant le hajj, les pèlerins tentent de se protéger du soleil avec des parapluies, des tapis de prière, voire de petits seaux remplis d’eau. Les femmes, elles, sont obligées de se couvrir la tête avec des foulards. Par mesure de précaution, les autorités ont réservé des centaines de lits d’hôpitaux et installé « un grand nombre de ventilateurs brumisateurs ». Et le Centre national de météorologie envoie des messages d’avertissement aux pèlerins sur leurs téléphones portables, les appelant à ne pas s’exposer durant les heures les plus chaudes de la journée. Après le coucher du soleil, les pèlerins devaient se rendre à Mouzdalifah, à mi-chemin entre Arafat et Mina, où ils devaient dormir à la belle étoile, avant d’effectuer aujourd’hui le rituel de la lapidation des stèles représentant Satan à Mina, et de célébrer al-Adha, la fête du Sacrifice.
Source : AFP


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18 h 46, le 09 juillet 2022