Les groupes prodémocratie au Soudan ont annoncé jeudi former un « Conseil révolutionnaire » contre le général Abdel Fattah el-Burhane, refusant son offre de gouvernement civil. Réunis à Khartoum devant la presse, syndicats, partis et « comités de résistance » – les groupes de quartier qui organisent les manifestations contre le putsch du 25 octobre 2021 à travers tout le pays – ont détaillé leur plan. « Le Conseil révolutionnaire va permettre de regrouper les forces révolutionnaires sous les ordres d’une direction unifiée » prodémocratie, a expliqué Manal Siam, l’une des coordinatrices. Ce Conseil devrait compter « 100 membres, pour moitié des militants des comités de résistance » et pour l’autre moitié des représentants de partis et de syndicats, de mouvements rebelles ayant refusé la paix avec le régime militaire ainsi que de proches de manifestants tués dans la répression, a ajouté Mohammad al-Jili, lui aussi l’un des coordinateurs du mouvement. Pour le syndicat des médecins soudanais, en affirmant laisser les civils discuter seuls la formation d’un gouvernement, le général Burhane « a tenté de renvoyer la balle, en faisant comme si elle était maintenant dans le camp des civils (...) mais il a échoué ». Car pour le camp civil, il n’est pas question de discuter d’un cabinet tant que le chef des putschistes est encore au pouvoir et maintient l’influence des militaires au sein du pouvoir. Pour la rue, direction unifiée ou pas, le mouvement se poursuit. Après huit mois d’une mobilisation antiputsch qui s’était essoufflée ces derniers mois, les campements ont refleuri, défiant une répression qui a fait 114 morts – pour beaucoup par balle – et des milliers de blessés, selon des médecins.
Moyen-Orient - Contestation
Un « Conseil révolutionnaire » pour chapeauter les sit-in contre l’armée au Soudan
OLJ / le 08 juillet 2022 à 00h00


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