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Économie - Classement « Forbes »

Pour la première fois, une Libanaise dans le top 100 des PDG du Moyen-Orient

Samia Bouaza se positionne à la 83e place, entre deux autres hommes d’affaires libanais, Alain Bejjani (23e) et Eddy Maroun (99e).

Pour la première fois, une Libanaise dans le top 100 des PDG du Moyen-Orient

De gauche à droite : Alain Bejjani (23e, PDG du groupe Majid al-Futtaim), Samia Bouaza (83e, PDG de Multiply Group) et Eddy Maroun (99e, PDG de Anghami). Photos « Forbes Middle East »

Au vu de l’ampleur de la crise économique que traverse le Liban et qui va bientôt souffler sa troisième bougie, les success stories libanaises semblent plus s’écrire à l’étranger que dans le pays. Le nouveau classement des 100 PDG les plus influents au Moyen-Orient, de la version régionale du magazine Forbes, semble confirmer cet état des lieux : les trois Libanais qui y sont listés sont basés aux Émirats arabes unis. Fait notable également : pour la première fois, une femme d’affaires libanaise fait partie du classement. Samia Bouaza se place ainsi à la 83e position, entre deux autres hommes d’affaires libanais, Alain Bejjani (23e) et Eddy Maroun (99e). Si Samia Bouaza et Eddy Maroun sont de nouveaux venus dans ce classement, Alain Bejjani faisait déjà partie de la première édition annuelle de 2021 de Forbes Middle East.

Pour élaborer son classement, la revue spécialisée s’est notamment basée sur la taille des entreprises en prenant en compte plusieurs paramètres, sans toutefois préciser lesquels. L’année dernière, Forbes avait précisé qu’il s’agissait des revenus, de la taille des actifs et du nombre d’employés. Les spécificités des entreprises ne sont pas les seuls critères pris en compte. L’expérience des dirigeants et leurs réalisations personnelles en 2021 entrent également en jeu, ainsi que l’impact du PDG sur son entreprise et sur le secteur dans lequel il évolue.

Alain Bejjani

Avec un gain de 19 places en un an, Alain Bejjani, premier Libanais de ce classement, se hisse à la 23e position de ce top 100. Il est le PDG du groupe émirien Majid al-Futtaim, un conglomérat de plusieurs entreprises commerciales dans la région regroupant notamment des centres commerciaux, des hôtels, des supermarchés ou des cinémas. Au Liban, le groupe possède et gère le centre commercial City Center Beirut, situé à Hazmiyé, en périphérie de la capitale. Forbes Middle East précise que le groupe a connu des pertes nettes de 737,5 millions de dollars en 2020, sans en préciser la cause. Les confinements successifs décrétés par les autorités pour combattre la pandémie de Covid-19 pourraient cependant l’expliquer. Toutefois, en 2021, le groupe régional a engrangé des profits de 670 millions de dollars. En mai dernier, Majid al-Futtaim a signé un partenariat stratégique avec la plateforme chinoise d’échange de cryptomonnaies , Binance, qui fait également office de porte-monnaie numérique. S’il est PDG de ce groupe depuis février 2015, Alain Bejjani l’avait rejoint en 2006. Il est également directeur exécutif du conseil d’administration de la holding Majid al-Futtaim et a été nommé coprésident du conseil d’administration du groupe d’action régional pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) du Forum économique mondial en 2020. Auparavant, il était vice-président de l’Autorité de développement des investissements au Liban (IDAL) de 2001 à 2005 et partenaire-fondateur du cabinet d’avocats Bejjani-Melkane-Rached de 1999 à 2006. Il possède un master en droit de l’Université Paris-Créteil obtenu en 1994.

Samia Bouaza

Seule Libanaise de ce classement, qui compte 7 femmes arabes seulement, Samia Bouaza fait son entrée dans ce classement à la 83e place en tant que PDG de Multiply Group, fondé en 2003 et dont le nom complet est Multiply Marketing Consultancy (MMC). Cette société spécialisée dans la technologie a été acquise par la hoding International Holding Company (IHC) en 2020. Le groupe Multiply Group, qui investit à présent dans des entreprises spécialisées dans la technologie, est cotée à la Bourse d’Abou Dhabi depuis décembre 2021, comptabilisant une capitalisation boursière de 5,2 milliards de dollars en janvier 2022. Le groupe a déjà conclu six investissements depuis le début de cette année.

Samia Bouaza, PDG de Multiply Group, est 83e du classement des PDG du Moyen-Orient, selon « Forbes Middle East ». Photo tirée de son compte LinkedIn

Samia Bouaza a suivi une formation continue à l’Université de Harvard, aux États-Unis, en 2014, se focalisant sur plusieurs matières, dont le marketing et la gestion, après avoir obtenu une licence en sciences politiques et en administration publique à l’Université américaine de Beyrouth (AUB) en 2001.

Eddy Maroun

Avant-dernier du classement Forbes, Eddy Maroun est le PDG et cofondateur, avec Élie Habib en 2012, de Anghami, la plateforme de streaming musical libanaise et première entreprise tech arabe à être entrée à la Bourse de New York, plus précisément sur le marché boursier spécialisé dans le secteur des technologies de pointe, Nasdaq. Basée à Abou Dhabi, l’entreprise emploie 180 personnes réparties dans plusieurs pays de la région, dont le Liban, et sa musique est écoutée par plus de 75 millions d’utilisateurs dans la zone MENA, en Europe et aux États-Unis. En 2021, ses revenus ont atteint 35,5 millions de dollars. En mars dernier, Élie Habib a dévoilé à L’Orient-Le Jour que Anghami est de fait le leader régional de streaming musical, revendiquant 58 % de parts de marché.L’entreprise était basée à Jal el-Dib, au nord de Beyrouth, depuis 2012, mais a déménagé début 2021 à Abou Dhabi en raison de la crise économique, qui a poussé les banques à imposer des restrictions bancaires sur les comptes en devises dès l’été 2019. Une situation rendant « impossible pour n’importe quelle entreprise de pouvoir lever des fonds et se développer », confiait Élie Habib à L’Orient-le Jour en mars dernier. Ce même mois, Anghami annoncait sa fusion avec Vista Media Acquisition Company (VMAC), une société d’acquisition à vocation spécifique (ou SPAC, pour Special Purpose Acquisition Company), ce qui lui permettra de lever rapidement des fonds et d’être introduite en Bourse sans passer par un processus long et coûteux. Un aboutissement qui a eu lieu le 4 février dernier.

Eddy Maroun possède un master de l’école de commerce française Kedge Business School.

Classement régional

Le classement de l’année passée incluait deux PDG libanais qui ne font pas partie du top 100 de cette année : Nemeh Sabbagh, PDG de la banque jordanienne Arab Bank (alors 54e place), et Naaman Atallah, PDG de la société émirienne Nakheel Properties (66e).

Avec trois Libanais dans le classement, le pays du Cèdre se hisse à la 8e position en termes de pays possédant le plus de citoyens inclus dans ce top 100, ex aequo avec le Bahreïn et l’Inde, sur 26 pays retenus. Ce sont les Émiriens qui sont les plus nombreux dans ce classement (19 personnes), suivis des Égyptiens (16) et des Saoudiens (15). Ces trois nationalités représentent 50 % du palmarès.

Pour mémoire

Six Libanais inclus dans les palmarès américains « 30 under 30 » de Forbes

Au Moyen-Orient, tout comme l’an dernier, la première place est occupée par le Saoudien Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco, la plus grande compagnie pétrolière au monde. Il est suivi des Émiriens Sultan Ahmad al-Jaber et Ahmad ben Saeed al-Maktoum, à la tête respectivement du groupe pétrolier Adnoc (la compagnie nationale pétrolière d’Abou Dhabi) et du groupe The Emirates, qui détient notamment la compagnie aérienne éponyme.Ces 100 PDG gèrent des entreprises cotées ensemble à plus de 5 000 milliards de dollars, contre 1 000 milliards en 2021. C’est le secteur bancaire et financier qui est le plus représenté dans ce classement, avec 27 PDG. Viennent ensuite les secteurs des télécoms (8 PDG), et de l’énergie et de la logistique (7).

Forbes indique qu’il y a eu depuis plusieurs années des améliorations de la gouvernance des entreprises au Moyen-Orient, dont une séparation « claire » entre la propriété et la gestion de ces entreprises, et en particulier les sociétés d’État.


Au vu de l’ampleur de la crise économique que traverse le Liban et qui va bientôt souffler sa troisième bougie, les success stories libanaises semblent plus s’écrire à l’étranger que dans le pays. Le nouveau classement des 100 PDG les plus influents au Moyen-Orient, de la version régionale du magazine Forbes, semble confirmer cet état des lieux : les trois Libanais qui y sont...

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Toutes nos félicitations à nos nos compatriotes, notamment à Mme Bouaza.

Georges S.

12 h 50, le 07 juillet 2022

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Commentaires (1)

  • Toutes nos félicitations à nos nos compatriotes, notamment à Mme Bouaza.

    Georges S.

    12 h 50, le 07 juillet 2022

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