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Économie - Crise

Catégorie de revenus : le Liban revient à son niveau d’avant 1997, selon la Banque mondiale

Catégorie de revenus : le Liban revient à son niveau d’avant 1997, selon la Banque mondiale

Le revenu national brut a commencé à baisser depuis 2014. Joseph Eid/AFP

Il y a un peu plus d’un an, la Banque mondiale avait menacé de déclasser le Liban d’un échelon de la catégorie de revenus par habitant en raison de la crise économique qu’il traverse. Une crise que l’institution avait décrite comme « l’une des dix, voire l’une des trois, pires crises que le monde ait connues depuis le milieu du XIXe siècle », et alors que plus de 74 % de la population résidente vit désormais sous le seuil de pauvreté, selon l’Escwa. C’est désormais chose faite. Le 1er juillet courant, la BM a en effet publié sa mise à jour annuelle concernant la classification des économies mondiales qui rassemble les données allant du 1er juillet 2021 au 30 juin 2022. Le Liban fait ainsi partie des trois pays, avec les Palaos et la Zambie, à avoir été déclassés d’un cran cette année. Il rejoint également les 54 autres États inclus dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, alors qu’il était depuis 1997 dans le groupe des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.

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Par ailleurs, seuls la Roumanie et le Panama ont été classés dans une catégorie plus élevée, celui des pays à revenus élevés.La Banque mondiale établit son classement en considérant le revenu national brut (RNB) par habitant sur la période étudiée, qui est la somme entre le PIB et les revenus provenant du reste du monde (notamment les envois de fonds des expatriés et les investissements directs étrangers), le tout divisé par la nombre d’habitants. Or, le PIB réel du Liban (en retirant l’effet de l’inflation) a reculé de 10,5 % en 2021, contre -21,4 % en 2020, selon la BM, et les transferts de fonds des expatriés au Liban ont atteint 6,6 milliards de dollars en 2021, soit une baisse de 5,6 % comparé à son niveau de 2020, toujours selon l’institution internationale. Les investissements directs étrangers ont, eux, chuté de 76,9 % à fin 2021, pour tomber à 273,1 millions de dollars, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced, ou Unctad dans son acronyme anglais). À noter qu’en plus, les pays importateurs, comme le Liban, ont en général un revenu national net inférieur au PIB en raison des transferts vers l’étranger. Pour pouvoir comparer équitablement les pays entre eux, la BM prend en compte le taux d’inflation des pays, les taux de change et la taille de la population. Au Liban, le taux d’inflation a atteint 211,43 % en mai en glissement annuel et un dollar s’échangeait hier contre 29 250 livres, la livre libanaise ayant perdu plus de 90 % de sa valeur depuis le début de la crise en 2019.

La zone MENA

Pour cette mise à jour, la définition des catégories de revenus a été revue à la baisse, la fourchette basse des pays à revenus intermédiaires de la tranche supérieure passant de 4 096 à 4 256 dollars. Même avec cette baisse, que la Banque mondiale n’a pas expliquée, le Liban n’a pas réussi à rester dans la même catégorie de pays. Depuis les années 1970, l’institution classifiait les pays selon leurs revenus, mais elle n’a commencé à le faire de manière annuelle qu’en 1987, incluant pour la première fois le Liban dans ce classement et dans la catégorie des pays à revenus intermédiaires de la tranche inférieure, dans une fourchette de revenus par habitant qui était alors de 481 à 1 940 dollars. Le pays du Cèdre est ensuite passé à l’échelon supérieur en 1997 pour y rester jusqu’en 2021. À la fin de la guerre civile en 1990, le revenu national brut (RNB) était de 1 300 dollars et a continué à augmenter chaque année pour atteindre 7 650 dollars en 2013, un pic qu’il n’a plus jamais atteint, alors que le RNB a commencé à diminuer depuis 2014. 2022 est la 11e année consécutive de baisse du PIB par habitant au Liban.La zone Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) comprend 8 pays à revenus élevés (soit de plus de 13 205 dollars) – Bahreïn, le Koweït, Malte, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël – ; 3 pays à revenus intermédiaires de la tranche supérieure (entre 4 256 et 13 205 dollars) – l’Irak, la Jordanie et la Libye – ; 8 pays à revenus intermédiaires de la tranche inférieure (entre 1 086 et 4 255 dollars) – le Liban, l’Algérie, l’Égypte, l’Iran, la Mauritanie, le Maroc, la Palestine et la Tunisie – ; et 2 pays à faibles revenus (moins de 1 085 dollars) – la Syrie et le Yémen, tous deux en guerre.

La Banque mondiale classe 189 pays membres et 28 autres économies. C’est le continent européen qui contient le plus de pays à revenus élevés et l’Afrique subsaharienne qui recense le plus de pays à faibles revenus. Le Venezuela, en crise depuis plusieurs années, n’a, lui, pas été classé, la BM attendant toujours la mise à jour de ses comptes nationaux.


Il y a un peu plus d’un an, la Banque mondiale avait menacé de déclasser le Liban d’un échelon de la catégorie de revenus par habitant en raison de la crise économique qu’il traverse. Une crise que l’institution avait décrite comme « l’une des dix, voire l’une des trois, pires crises que le monde ait connues depuis le milieu du XIXe siècle », et alors que plus de...
commentaires (2)

OLJ-MA ? c'est quoi MA ? OLJ , pourquoi ce sadisme a vouloir nous rappeler notre decheance hein dites ? pourquoi donc ?

Gaby SIOUFI

09 h 27, le 07 juillet 2022

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Commentaires (2)

  • OLJ-MA ? c'est quoi MA ? OLJ , pourquoi ce sadisme a vouloir nous rappeler notre decheance hein dites ? pourquoi donc ?

    Gaby SIOUFI

    09 h 27, le 07 juillet 2022

  • Le CPL a inventé la machine à remonter le temps. Youpi!

    Gros Gnon

    04 h 20, le 07 juillet 2022

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