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Politique - Frontière maritime avec Israël

Il n'est pas envisageable de renoncer aux droits du Liban, affirme Aoun

À Baabda, les députés de la contestation appellent le chef de l'État à revendiquer officiellement la ligne 29.

Il n'est pas envisageable de renoncer aux droits du Liban, affirme Aoun

Le chef de l'État libanais Michel Aoun (c) recevant une délégation des députés de la contestation au palais présidentiel de Baabda, le 13 juin 2022. Photo @LBpresidency

Le chef de l'État libanais, Michel Aoun, a assuré lundi qu'il "n'est pas envisageable de renoncer aux droits du Liban dans l'exploitation de ses richesses pétrolières et gazières", alors que le litige maritime frontalier avec Israël a été ravivé avec l'arrivée d'une unité flottante d'exploitation gazière au large de l’État hébreu. Cette plateforme doit extraire le gaz du champ de Karish qui se trouverait en zone disputée entre les deux pays, si le Liban devait officialiser les revendications maximalistes d'experts.

Les propos de M. Aoun sont intervenus alors qu'il recevait une délégation des députés de la contestation qui l'ont appelé à revendiquer officiellement la ligne maritime 29. Ils coïncident avec l'arrivée à Beyrouth, dans la soirée, de l'émissaire américain Amos Hochstein, qui parraine les négociations indirectes avec l’État hébreu sur le litige frontalier.

"Le Liban informera l'émissaire Hochstein de la position libanaise unifiée au sujet des propositions concernant la reprise des négociations indirectes qui préservent les droits du Liban", a indiqué M. Aoun à la coordinatrice spéciale de l'ONU pour le Liban, Joanna Wronecka, alors que ce sujet ne fait pas l'unanimité au sein de la classe politique. Dimanche déjà, le gendre du président et chef du Courant patriotique libre (CPL) Gebran Bassil avait affirmé qu'il "n'y a pas de position libanaise unique" à ce sujet. Mme Wronecka a dit, de son côté, que "les Nations unies sont prêtes à contribuer pour faire bouger les négociations indirectes" entre les deux pays. 

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La proposition du médiateur américain tourne autour d’une ligne frontalière sinueuse qui suit partiellement la ligne 23 et dévie à mi-chemin vers la ligne Hoff pour accorder à Israël la totalité du champ Karish, de même qu’une partie du bloc 8. Par contre, elle crédite le Liban d’une importante partie du champ présumé d’hydrocarbures Cana, et n’en attribue qu’une petite partie à Israël.

Les députés de la contestation 
Le chef de l'État s'est entretenu, par la suite, avec une délégation de députés de la contestation, comprenant notamment Melhem Khalaf, Ibrahim Mneimné, Rami Fanj, Marc Daou, Waddah Sadek, Yassine Yassine et Najat Saliba. Au nom de ses collègues, M. Khalaf a appelé à ce que la ligne 29 soit officiellement revendiquée par le Liban auprès de l'ONU. 

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Pour sa part, M. Aoun a assuré que "le Liban tient à la reprise des négociations indirectes avec Israël qui se sont arrêtées lorsque l'ennemi a refusé de considérer la ligne 29 comme négociable", bien que ce soit Beyrouth qui ne l'a toujours pas officiellement revendiquée. "Le Liban a refusé la ligne israélienne 1 et la ligne Hoff", a-t-il ajouté, notant qu'il "n'est pas envisageable de renoncer aux droits du Liban dans l'exploitation de ses richesses pétrolières et gazières". En ce qui concerne les travaux d'exploration dans le bloc 4, situé au centre-ouest de la zone économique exclusive libanaise, qui avaient été conclus par un rapport sur la présence de gaz, mais pas d'un réservoir "commercialisable", le président Aoun a regretté l'arrêt des opérations pour des "justifications qui ne sont pas convaincantes" de la part du consortium chargé de cette mission. Il a évoqué des "pressions internationales" exercées pour arrêter ces explorations, sans donner plus de détails.

Le chef de l'État a exprimé, en outre, son "refus des menaces de l'ennemi israélien qui agit en violant les lois et les résolutions internationales". Dimanche, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Aviv Kochavi, a menacé de bombardements "massifs et dévastateurs si jamais une guerre éclatait" avec le Liban. Côté gouvernement, le président Aoun a espéré qu'"un nouveau Premier ministre soit nommé le plus rapidement possible en raison des échéances qui attendent le cabinet". C'est le chef de l'Etat qui doit convoquer les consultations parlementaires contraignantes préalables à la nomination du futur chef du cabinet.

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La délégation de députés issus de la contestation a entamé dans la journée une tournée auprès des trois pôles du pouvoir au sujet du litige frontalier avec Israël. Ils ont été reçus par le chef du Législatif, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné et se sont entretenus avec le Premier ministre sortant, Nagib Mikati. S'exprimant du Sérail au nom de la délégation à l'issue de la réunion, Ibrahim Mneimné, député de Beyrouth, a fait savoir que les parlementaires de la révolte de 2019 ont "insisté sur l'importance de modifier le décret 6433, afin de préserver les droits du Liban". Plaidant pour une approche "transparente" de ce dossier, M. Mneimné a déclaré que "c'est à partir de cette ligne que nous devons négocier. Elle devrait être notre référence". En réponse aux questions des journalistes, Ibrahim Mneimné a expliqué que le Premier ministre sortant soutient la revendication des députés dit "du changement" et que le décret 6433 devrait être modifié une fois pour toutes. "Ils (les pôles du pouvoir) attendent donc la progression des négociations avant de l'amender ", a-t-il ajouté.

Le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Joseph Aoun, a pour sa part estimé lundi qu'"il faut comprendre la réalité politique et l'analyser avant de prendre une décision sur le dossier de la frontière maritime". "L'armée a annoncé franchement sa position : sa mission technique est terminée, et elle se tient derrière le pouvoir politique quelle que soit la décision prise", a-t-il poursuivi dans un discours prononcé lors d'une visite à l'Académie Fouad Chéhab pour le Commandement et l'État-major à Yarzé. "Nous ne sommes pas habilités à commenter, analyser ou prendre position sur ce dossier", a-t-il encore dit.

De son côté, le mouvement Amal, dirigé par le président du Parlement Nabih Berry, a appelé lundi les sociétés engagées dans l'exploration des hydrocarbures offshore pour le Liban "à commencer leur travail dans le bloc 9", une partie de la Zone économique exclusive (ZEE) nationale dont 8% de la surface fait partie de la zone contestée avec Israël. 


Le chef de l'État libanais, Michel Aoun, a assuré lundi qu'il "n'est pas envisageable de renoncer aux droits du Liban dans l'exploitation de ses richesses pétrolières et gazières", alors que le litige maritime frontalier avec Israël a été ravivé avec l'arrivée d'une unité flottante d'exploitation gazière au large de l’État hébreu. Cette plateforme doit extraire le gaz du champ de...

commentaires (5)

sans pretendre s'y connaitre en quoique ce soit,il est permis de comparer les 2 cas suivants : 1-je reclame a X le remboursement d'une dette qu'il ne paie pas, mon avocat preapre un dossier etatye,intente proces aupres de qui de droit qui statuera sur le cas. 2-j'exige sous la menace qu'israel arrete tte exploration et/ou extraction autour de la ligne 29, alors que je n'y ai meme pas affirme officiellement mes droits aupres d'aucune instance int'l en soumettant des documents justificatifs ? c'est quoi ca ? c'est fou ou alors c'est debile !

Gaby SIOUFI

10 h 09, le 14 juin 2022

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Commentaires (5)

  • sans pretendre s'y connaitre en quoique ce soit,il est permis de comparer les 2 cas suivants : 1-je reclame a X le remboursement d'une dette qu'il ne paie pas, mon avocat preapre un dossier etatye,intente proces aupres de qui de droit qui statuera sur le cas. 2-j'exige sous la menace qu'israel arrete tte exploration et/ou extraction autour de la ligne 29, alors que je n'y ai meme pas affirme officiellement mes droits aupres d'aucune instance int'l en soumettant des documents justificatifs ? c'est quoi ca ? c'est fou ou alors c'est debile !

    Gaby SIOUFI

    10 h 09, le 14 juin 2022

  • Les nouveaux députés apportent fraîcheur et transparence.

    Sam

    10 h 03, le 14 juin 2022

  • A MOINS QU,IL Y AIT TROC DROITS MARITIMES DU LIBAN CONTRE LEVEE DES SANCTIONS DU CORROMPU GENDRE... MA HEYK ?

    LA LIBRE EXPRESSION.

    18 h 45, le 13 juin 2022

  • Principes face aux israéliens, effeuillage face aux syriens. Rien de nouveau.

    M.E

    16 h 28, le 13 juin 2022

  • On dirait que les députés de la contestation sont soit nés de la dernière pluie soit des agents iraniens. Nous savons tous que des demandes maximalistes et irréalistes vont donner, demandez au palestiniens. Au lieu de ça il faut revenir à des demandes réalistes pour pouvoir exploiter tout le reste. Juste une question si cela avait eu lieu à notre frontière Nord je me demande si les agents iraniens auraient fait part du même zèle pour défendre nos droit, parce que c’est connu les Assad ont toujours respecté la souveraineté du Liban. Juste une question légitime

    Liban Libre

    15 h 44, le 13 juin 2022

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