Une pompe à essence dans un quartier de Beyrouth. Photo João Sousa
Les prix de tous les carburants ont connu une forte hausse hier au Liban. Selon le nouveau barème du ministère de l’Énergie, les 20 litres d’essence à 95 et 98 octane voient leurs prix augmenter de 23 000 livres chacun, atteignant respectivement 624 000 et 635 000 livres. La même quantité de diesel se vend à 619 000 livres, après une hausse de 45 000 livres par rapport aux derniers prix. Enfin, la bonbonne de gaz domestique coûte 365 000 livres après une augmentation de 7 000 livres. Le mazout utilisé pour les générateurs, qui pallient les nombreuses heures de rationnement de l’établissement public Électricité du Liban, se vend, lui, à 1 071 dollars la tonne, auxquels s’ajoutent des frais de transport fixés à 325 000 livres.
Le porte-parole du syndicat des propriétaires de station-service Georges Brax a, lui, déclaré hier à l’Agence nationale d’information que l’annonce de jeudi de l’OPEP+, rassemblant les 13 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs 10 partenaires), d’augmenter la production de juillet, pour atteindre 648 000 barils par jour, contre 432 000 barils actuellement, n’a pas eu pour effet une baisse des prix mondiaux. Selon lui, les investisseurs « n’ont pas confiance en l’OPEP+ à compenser le manque à gagner d’une baisse de la production russe en raison de la guerre et de la décision des pays européen de réduire de 90 % leurs achats d’hydrocarbure russe ». À noter toutefois que l’augmentation décidée est répartie proportionnellement entre chacun des membres, avec des quotas identiques pour Moscou et Riyad, les deux piliers de l’alliance. De nombreux observateurs se demandent toutefois si l’entente entre ces deux grands chefs de file pourra continuer.
De plus, au Liban, depuis les élections législatives du 15 mai dernier, la livre a énormément fluctué, poussant alors à la hausse les prix des carburants, qui ont passé la barre de la centaine de milliers de livres, supérieure pour la plupart d’entre eux par rapport à leur prix d’avant le scrutin. Cette parité demeurait autour de 28 000 livres pour un dollar vendredi matin.
En outre, des dizaines d’habitants de Saïda au Liban-Sud se sont réunis hier devant la municipalité de leur ville pour protester contre l’augmentation des prix des abonnements aux générateurs privés fournissant de l’électricité, rapporte notre correspondant Mountasser Abdallah. Cette mobilisation intervient en parallèle d’une réunion organisée par la municipalité, et à laquelle participent des députés de la région et des propriétaires de générateurs privés.
En parallèle, le ministère de l’Énergie et de l’Eau a demandé hier aux propriétaires de générateur de fournir au moins 16 heures d’électricité par jour à leurs abonnés. Pour rappel, le Liban était supposé être doté de 8 à 10 heures de courant par jour fournies par EDL à travers un plan de réforme du secteur de l’électricité. Or, suite à son approbation en Conseil des ministres, il n’a toujours pas obtenu le feu vert de la Banque mondiale – chargée d’accorder les fonds nécessaires pour son financement – et des États-Unis – chargés d’assurer les exemptions requises pour que l’électricité et le gaz importés puissent passer par la Syrie.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine