L’addition est de plus en plus salée pour les automobilistes. Photo João Sousa
À l’issue d’une réunion du syndicat des transporteurs routiers au siège de la Confédération générale des travailleurs libanais à Beyrouth, Bassam Tleiss, son président, a annoncé que le secteur observera une grève le 23 juin courant. Une action mue par « la colère et la douleur » des chauffeurs, a-t-il décrit dans un communiqué, qui souhaitent dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail dans un Liban qui s’effondre chaque jour un peu plus depuis le début la crise économique et financière.
Précisant que les modalités de la mobilisation seront annoncées dans une conférence de presse le 20 juin, Bassam Tleiss a déploré la hausse des prix des carburants et des pièces de rechange des véhicules au vu de la dépréciation de la monnaie nationale, ainsi que le fait que la hausse des frais des transports ne se soit pas concrétisée sur le terrain. Après avoir atteint le record de 38 000 livres le dollar vendredi dernier, la livre libanaise s’est soudain appréciée le soir-même jusqu’à 29 000 livres. Un taux qu’elle a maintenu jusqu’à mardi, avant de repasser la barre des 30 000 livres, pour redescendre hier autour de 29 000 livres. Cette volatilité de la livre est en partie attribuée à la spéculation en fonction des événements politico-financiers du pays.
Les prix de l’essence en hausse
Ce n’est pas la première fois que le syndicat présidé par Bassam Tleiss annonce une grève. Il avait pourtant renoncé à ce genre de mobilisation début février, après une grève de deux jours qui avait impacté nombre d’automobilistes. Alors que le mouvement était prévu pour un troisième jour, Bassam Tleiss l’avait annulé en présentant ses excuses aux Libanais. Depuis lors cependant, les prix des carburants ont sérieusement augmenté.
Mardi, les prix du mazout et du gaz qui avaient explosé vendredi dernier, avant d’être revus à la baisse dès le lendemain, ont une nouvelle fois diminué. Selon le barème du ministère de l’Énergie et de l’Eau publié mardi donc, le prix du mazout a diminué de 66 000 livres et s’élève désormais à 574 000 livres. La bonbonne de gaz coûte 358 000 livres après une baisse de 40 000 livres. Les 20 litres d’essence à 95 et 98 octane ont cependant vu leurs prix légèrement augmenter, de 4 000 livres chacun, passant respectivement à 601 000 et 612 000 livres.
Commentant cette nouvelle tarification le jour-même, le porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service Georges Brax a souligné dans un communiqué que la baisse des prix du diesel et du gaz est due à la diminution du taux dollar/livre sur le marché parallèle, qui est passé de 30 000 livres pour un dollar samedi à 27 487 livres le dollar hier, alors que l’augmentation de 9 dollars du prix du kilolitre de mazout importé a contribué à réduire l’ampleur de cette baisse. En ce qui concerne l’essence, la faible hausse a été causée par l’augmentation de 11 dollars par kilolitre importé, alors que le taux Sayrafa n’avait que légèrement baissé, de 24 600 à 24 500 livres pour un dollar lundi soir.
Toujours selon Georges Brax, cette évolution s’inscrit dans la tendance à la hausse initiée fin février, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les différentes répercussions que ce conflit a entraînées. Cette mise à jour des prix a été publiée alors que, sur fond de volatilité extrême de la livre depuis les élections législatives du 15 mai, les prix des carburants étaient montés en flèche, passant la barre de la centaine de milliers de livres supérieure pour la plupart d’entre eux par rapport à leur prix avant le scrutin.


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