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Économie - Importations

Les boulangeries n’ont plus que deux jours de stocks de farine, selon leur syndicat

Les boulangeries n’ont plus que deux jours de stocks de farine, selon leur syndicat

Les stocks de farine livrés sont suffisants pour « deux jours » selon le président de l’Union des syndicats de boulangers, Ali Ibrahim. Photo M.A.

Alors que les résultats des élections sont tout juste dévoilés, les dossiers liés à la crise économique que traverse le pays depuis fin 2019 refont parler d’eux. C’est notamment le cas de celui concernant l’approvisionnement des stocks de farine des boulangeries, qui défraie régulièrement la chronique en raison de nombreux retards de la Banque du Liban dans le déblocage des crédits, cette dernière subventionnant encore le taux de change dollar/livre pour les importations de blé, en plein contexte d’effondrement de la monnaie nationale. Une problématique régulièrement dénoncée par les boulangeries et les minoteries.

Dans une déclaration à la presse que L’Orient-Le Jour a fait confirmer par son président Ali Ibrahim, l’union des syndicats de boulangers a annoncé que les boulangeries connaissaient une grave pénurie de farine « depuis deux semaines » et que les stocks qui leur avaient été livrés leur suffisaient pour « deux jours ». Soulignant avoir volontairement évité de monter au créneau pour ne pas « perturber » le processus électoral, l’union a néanmoins estimé qu’il était « devenu nécessaire de hausser le ton » pour que les autorités réagissent, ajoutant que la filière avait réduit son rythme de production de « 50 % ». Une réunion est prévue aujourd’hui avec le ministre de l’Économie et du Commerce, Amine Salam, pour trouver une solution.

En attendant, sept minoteries sur la douzaine que compte le pays sont actuellement fermées. Si leurs stocks ne sont pas à sec, poursuit Ali Ibrahim, elles ne peuvent toutefois pas livrer de farine tant que la BDL n’a pas effectué les règlements attendus. Selon le mécanisme consacré, la BDL accepte de convertir au taux de 1 515 livres pour un dollar (le taux officiel plus la marge autorisée), les fonds en livres fournis par les minoteries pour régler leurs importations de blé. Au lendemain des législatives, le taux du marché a lui franchi la barre des 28 000 livres pour un dollar hier, après être resté plus ou moins stable autour de 27 000 lors des jours précédents. Toujours selon Ali Ibrahim, les stocks actuels des minoteries ne suffiraient que pour une vingtaine de jours tout au plus, tandis que le prêt de 150 millions de dollars débloqué le 6 mai dernier par la Banque mondiale ne pourra pas être déboursé tout de suite, étant donné qu’il doit être avalisé par le Parlement. Le maintien ou non d’un mécanisme de subvention sur le blé reste pour sa part la grande inconnue de cette équation, alors que l’inflation bat chaque mois de nouveaux records, qu’un actif sur trois résident au Liban est au chômage et que 3 Libanais sur 4 vivent dans la pauvreté.

Enfin, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février dernier, le Liban s’inquiète pour son approvisionnement en blé, ces deux pays étant jusque-là ses principaux fournisseurs.


Alors que les résultats des élections sont tout juste dévoilés, les dossiers liés à la crise économique que traverse le pays depuis fin 2019 refont parler d’eux. C’est notamment le cas de celui concernant l’approvisionnement des stocks de farine des boulangeries, qui défraie régulièrement la chronique en raison de nombreux retards de la Banque du Liban dans le déblocage des...

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