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Économie - Crise

Le Conseil des ministres aborde le solaire, le blé et LibanPost

Le Conseil des ministres aborde le solaire, le blé et LibanPost

L’avant-dernière séance du gouvernement de plein exercice, hier, à Baabda. Photo Dalati et Nohra

Réuni au palais présidentiel de Baabda pour une dernière séance avant les élections législatives de ce dimanche et une avant-dernière en tant que gouvernement de plein exercice (la dernière réunion aura lieu la semaine prochaine), le Conseil des ministres a parcouru hier matin un ordre du jour composé de 49 points. Si une grande partie a concerné le bon déroulement du scrutin, le gouvernement s’est également penché sur quelques questions économiques essentielles, sous la présidence du chef de l’État Michel Aoun, dont celles du blé, de l’énergie solaire et de LibanPost.

L’énergie solaire

Le cabinet a approuvé 11 licences de production d’énergie délivrées à autant de sociétés qui s’étaient manifestées puis avaient été sélectionnées dans le cadre d’un appel d’offres lancé il y a quatre ans (fin 2017 plus exactement). La réactivation de ce projet fait partie du nouveau plan de réforme du secteur de l’électricité présenté en février par le ministre de l’Énergie et de l’Eau Walid Fayad. Selon les détails fournis par le ministre lors de son point de presse hier et par le PDG du Centre libanais pour la conservation de l’énergie (LCEC) Pierre Khoury, que nous avons contacté, ces licences autorisent leurs détenteurs à construire des parcs solaires d’une puissance de 15 mégawatts chacun, pour un total de 165 MW. Le projet prévoyait l’octroi d’une licence supplémentaire, mais le 12e acteur sélectionné (pour un total de 180 MW) s’est finalement retiré faute d’accord sur le prix.

Trois des onze parcs doivent être implantés dans la Békaa, trois au Liban-Nord, trois au Liban-Sud et les deux dernières au Mont-Liban. L’électricité sera vendue à Électricité du Liban (EDL) qui la réinjectera sur le réseau dans le cadre d’un PPA (Power Purchase Agreement) s’étendant sur 25 ans pour chacun d’entre eux (une durée qui commence à courir une fois que la production commence). Le prix du kilowattheure a été fixé à 5,7 centimes de dollar pour les centrales construites dans la Békaa et 6,27 centimes pour les autres. Selon ce qui a été convenu, 70 % du prix sera réglé en dollars « frais » et le reste en livres au taux de la plateforme Sayrafa de la Banque du Liban (22 700 livres pour un dollar hier). Selon Pierre Khoury, cette différence a été négociée avec les acteurs qui en bénéficient – et l’aide d’un « consultant international » –, et elle est liée au rendement potentiel des parcs qui varie en fonction de l’ensoleillement de la région.

Les licences sont valables un an, pendant lequel les sociétés doivent trouver les financements pour commencer à construire les centrales et obtenir des garanties qu’EDL, qui ne produit presque plus de courant et dont le modèle économique est défaillant, pourra bien payer le courant acheté. « Les financements doivent en principe provenir de donateurs qui souhaitent aider le Liban dans le cas où ce dernier parviendrait à convaincre le Fonds monétaire international (FMI) de lui débloquer une assistance financière contre la mise en œuvre de réformes », explique Pierre Khoury. « Rien n’interdit en théorie aux sociétés de financer elles-mêmes les travaux et de les démarrer dès qu’elles auront reçu les licences, mais elles devront aussi assumer le risque qu’EDL ne puisse pas payer – vu qu’elles sont contraintes de lui vendre le courant produit –, ce qu’elles ne feront pas », poursuit-il, avant d’ajouter que « sans réformes, ces licences expireront sans avoir servi à rien. Comme celles pour les projets de parc éolien du Akkar, qui est également toujours en suspens ». Selon Pierre Khoury, le gouvernement libanais pourrait enfin lancer d’autres projets de ce type à l’avenir si tout se passait comme prévu. Les sociétés (ou consortiums) qui ont obtenu les licences sont en principe, et en attendant la publication du procès-verbal du Conseil des ministres : Ecosys-Kaco, Dawtec-Looop-Staunch, Labwe Solar, Joun PV, Sibline Solar Farm, E/One, South Power, Rimat 15, GDS-ET-Nabatiyeh, Kfifane-Phoenix et Elect-STC-Solistis.

Le ministre Fayad est par ailleurs revenu sur l’évolution du dossier de l’initiative américaine visant à augmenter à court terme les capacités de production d’EDL en important, via la Syrie, du courant de Jordanie et du gaz égyptien. Alors que les contrats entre le Liban, la Jordanie et la Syrie ont été signés en janvier, ceux du volet de l’initiative impliquant l’Égypte doivent encore être finalisés, selon le ministre, qui doit se rendre dimanche à Damas pour aborder la question avec la partie syrienne en marge d’une conférence sur les énergies renouvelables. La mise en œuvre de ces deux volets, qui accusent plusieurs mois de retard par rapport aux délais initialement estimés, suppose que la Banque mondiale (BM) accepte de les financer et que les États-Unis aménagent ponctuellement leurs sanctions contre le régime de Damas et toute entité qui collabore avec lui, ce que Washington semble disposé à faire.

Le blé et LibanPost

Sur le dossier du blé, le ministre de l’Économie et du Commerce Amine Salam a réitéré à l’issue de la réunion les propos qu’il avait tenus en début de semaine concernant l’approbation d’un prêt d’urgence de 150 millions de dollars de la BM pour sécuriser l’approvisionnement en blé au Liban, alors que le pays subit les répercussions du conflit entre la Russie et l’Ukraine, deux principaux fournisseurs.Le ministre a précisé que ce prêt permettra également « de maintenir le prix du pain », alors que des craintes sur l’arrêt des subventions sur le blé, les dernières encore actives, continuent d’enfler parmi les professionnels du secteur et les résidents. Enfin, le ministre a appelé le « nouveau Parlement » issu des élections de dimanche à « étudier ce projet de loi le plus vite possible » ou à approuver le prêt de la Banque mondiale dans ses conditions actuelles, ce dossier étant « urgent et vital ».

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Le gouvernement approuve le renouvellement des passeports uniquement pour les législatives

Le gouvernement a enfin effectué quelques menus progrès sur le dossier de LibanPost, la société privée qui gère les services postaux du pays et dont le contrat initial, qui a expiré depuis fin 2019, est renouvelé à vue depuis. Sous réserve d’une confirmation via le procès-verbal du Conseil des ministres, ce contrat aurait été prolongé une nouvelle fois aux mêmes conditions pour une période d’un an. Le cabinet a également approuvé le lancement d’un appel d’offres pour remettre ce marché public en jeu, tout en mettant à jour son fonctionnement et ses tarifs qui sont encore calculés sur la base d’un dollar à 1 507,5 livres (contre environ 27 000 sur le marché de change).

Le contrat initial entre l’État et la société avait été conclu en 1998, avant d’être amendé à deux reprises au début des années 2000. La majorité de son capital est actuellement détenue par le groupe Saradar.


Réuni au palais présidentiel de Baabda pour une dernière séance avant les élections législatives de ce dimanche et une avant-dernière en tant que gouvernement de plein exercice (la dernière réunion aura lieu la semaine prochaine), le Conseil des ministres a parcouru hier matin un ordre du jour composé de 49 points. Si une grande partie a concerné le bon déroulement du scrutin, le...

commentaires (2)

Super! A ce rythme finalement accéléré on aura une police avec autorité, des juges really indépendants et pt'être même des usines modernes de vélos avec vitesse, dans une vingtaine de .... décennies... yeaaah

Wlek Sanferlou

19 h 16, le 13 mai 2022

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • Super! A ce rythme finalement accéléré on aura une police avec autorité, des juges really indépendants et pt'être même des usines modernes de vélos avec vitesse, dans une vingtaine de .... décennies... yeaaah

    Wlek Sanferlou

    19 h 16, le 13 mai 2022

  • bien sur fallait surtout pas s'attendre a autre chose . le Ble ? tres bonne decision. liban post? aussi bonne vu que les seigneurs en profitent eux memes. quant aux medicaments qui ne sont plus subventionnes, ceux relatifs au cancer pr ex? ILS N'OSENT PAS L'ABORDER.\ Pff, pas assez nombreux les votants qui en souffrent. AH LES CRIMINELS !

    Gaby SIOUFI

    12 h 13, le 13 mai 2022

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