Des manifestants brandissant des drapeaux libanais, le 4 août 2021 à Beyrouth, lors de la première commémoration de l'explosion meurtrière au port de la capitale. Photo REUTERS/Emilie Madi
Le Liban connaît des "problèmes importants en matière de droits de l'Homme", s'inquiète le département d'État américain dans son rapport annuel sur les droits humains publié mardi. Ce rapport déplore globalement un "recul" persistant des droits humains dans le monde depuis l'année dernière.
Lors d'une présentation dudit rapport, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a affirmé assister "à un recul alarmant de la démocratie, de l'État de droit, du respect des droits humains dans de nombreux endroits du monde. Depuis la publication de notre précédent rapport, ce recul a, malheureusement, continué", a-t-il ajouté.
Concernant le pays du Cèdre, secoué par une grave crise économique depuis 2019 et connaissant une dégradation de sa situation sécuritaire, le rapport du département d'État liste les problèmes suivants : "ingérences politiques graves dans le système judiciaire, restrictions graves de la liberté d'expression et des médias [...] restrictions graves de la liberté d'Internet, refoulement de réfugiés vers un pays où ils seraient confrontés à une menace pour leur vie ou leur liberté", entre autres. Figurent aussi la "corruption officielle grave, de haut niveau et généralisée" et les discriminations à l'encontre de personnes appartenant à la communauté LGBTQI+.
Impunité, manque de contrôle
Concernant toutes ces violations des droits de l'Homme et les actes de corruption, le rapport estime que l'application de la loi est "problématique" et que les responsables "jouissent d'une certaine impunité, notamment en se soustrayant aux procédures judiciaires ou en les influençant". Le rapport revient, dans ce contexte, sur l'enquête concernant l'explosion meurtrière du 4 août 2020 au port de Beyrouth et évoque les ingérences politiques qui entravent l'investigation.
Le texte abord également la situation sécuritaire du pays et son rapport avec le reste de la région. Il estime que les autorités civiles ont gardé le contrôle sur les forces armées du gouvernement et les autres forces de sécurité, "bien que les forces de sécurité et milices palestiniennes, l'organisation terroriste étrangère Hezbollah et d'autres éléments extrémistes aient opéré en dehors de la direction ou du contrôle des représentants du gouvernement", tempère-t-il, signalant des "abus" commis par certains membres des forces de sécurité.
La communauté internationale alerte régulièrement sur la situation des droits de l'Homme au Liban. Certaines ONG, comme Human Rights Watch, déploraient déjà en 2021 une détérioration "dramatique" de la situation des droits humains au Liban.
Lire l'intégralité du rapport du département d'État américain sur le Liban ici.



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