La commission parlementaire des Finances et du Budget a appelé hier le gouvernement à tenir une « réunion spéciale consacrée au taux de change adopté dans le budget 2022, pour résoudre les déséquilibres dans la structure de ce budget », alors que le taux sur le marché parallèle a dépassé hier les 25 000 livres pour un billet vert, contre une parité officielle toujours fixée à 1 507,5 livres. Présidée par le député Ibrahim Kanaan, cette commission tient régulièrement des réunions pour étudier les différents articles du projet de budget 2022, qui n’a toujours pas été finalisé faute de consensus.
« La violation de la Constitution par les gouvernements successifs se poursuit depuis les années 1990 », a déploré le député, cité par le site d’information el-Nashra. « Le temps est venu de stopper cette pratique que le peuple libanais a payée au prix fort », a-t-il insisté. Le projet de budget a été vivement critiqué, certains estimant que son adoption engendrerait de nouveaux impôts et taxes. À ce sujet, la commission a demandé au gouvernement de mettre les impôts dans un projet de loi complet séparé du budget, en vertu de l’article 81 de la Constitution. En fin de journée, Ibrahim Kanaan a annoncé que cette réunion entre la commission et le gouvernement concernant le taux de change pour le budget 2022 se tiendrait la semaine prochaine.
Alors que le Liban est en proie à une grave crise économique et financière depuis 2019, le gouvernement peine à adopter un budget pour l’année 2022, d’autant que les délais constitutionnels sont déjà dépassés.
La semaine dernière, le député Kanaan avait déjà estimé que le projet de budget ne devrait pas être adopté en utilisant des taux de change différents. Entre-temps, l’État a conclu un accord de principe avec le Fonds monétaire international en vue d’obtenir une aide de trois milliards de dollars sur quatre ans, conditionnée à des réformes profondes.


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