L’euro a touché hier face à la livre sterling un plus bas depuis juin 2016 et le vote du Brexit, les devises européennes souffrant du conflit en Ukraine. L’euro, qui pâtit de sa proximité géographique avec la zone des combats et de sa dépendance à l’énergie russe, cédait hier matin 0,16 % à 82,81 pence pour un euro, après avoir touché 82,76 pence plus tôt, un niveau plus vu depuis cinq ans et demi.
« La dépréciation de l’euro est liée à l’offensive militaire russe et à la hausse du prix des matières premières, qui pourrait peser sur la croissance européenne, car des prix de l’énergie élevés tendent à conduire à une récession », explique Victoria Scholar, analyste chez Interactive Investor. « Les importations allemandes de biens russes ont dépassé les exportations l’année dernière, ce qui prouve la dépendance à l’énergie russe » de la première économie de la zone euro, ajoute l’analyste.
Face au billet vert, l’euro cédait 0,30 % à 1,11 dollar. D’autres devises souffraient du conflit : la monnaie russe perdait 2,2 % face au dollar, à 104,67 roubles, et a chuté de 28 % depuis le début de l’année. Côté européen, le zloty polonais cédait 1,3 % à 4,32 zlotys pour un dollar et la devise hongroise 0,4 % à 341,85 forints pour un dollar. La couronne suédoise perdait 0,27 % à 9,70 couronnes et celle de Norvège 0,46 % à 8,89 couronnes. Et malgré sa vigueur face à l’euro, la livre britannique cédait 0,14 % à 1,34 dollar pour une livre. Le franc suisse, valeur refuge, résistait un peu mieux (+0,05 % à 1,09 dollar pour un franc suisse). « Vu le risque géopolitique et l’incertitude sur les marchés mondiaux, il y a une certaine résistance à se défaire de ses francs suisses », ont noté les analystes de Sucden.


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