Le Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) a débuté ses travaux hier à Doha, se déroulant à huit clos, avant un sommet demain avec ses dirigeants pour examiner les moyens d’accroître leur production, en pleine crise entre la Russie et l’Ukraine. Les Occidentaux redoutent une attaque d’ampleur de Moscou contre l’Ukraine, une situation qui suscite des craintes pour leur approvisionnement en gaz russe et qui a contribué à l’envolée des prix du gaz. Le FPEG réunit ses 11 pays membres – Qatar, Russie, Iran, Algérie, Bolivie, Égypte, Guinée équatoriale, Libye, Nigeria, Trinité-et-Tobago et Venezuela – représentant plus de 70 % des réserves de gaz mondiales. Selon des diplomates ayant aidé à préparer ce sommet, les échanges tourneront autour des moyens possibles pour augmenter la production à moyen terme.
Les organisateurs n’ont pas précisé si le président Vladimir Poutine assisterait à la rencontre. En revanche, selon la presse officielle iranienne, le président iranien Ebrahim Raïssi se rendra à Doha aujourd’hui. Il y rencontrera l’émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, et signera des accords et des protocoles d’accords économiques avant de participer au sommet demain, selon la même source. Le Qatar a aussi des intérêts convergents avec l’Iran dans le secteur du gaz et a soutenu les pourparlers à Vienne pour sauver l’accord sur le programme nucléaire de Téhéran.
Le 16 février, les hauts responsables de l’UE ont exhorté la Russie à « prendre des mesures concrètes et tangibles » montrant une désescalade des tensions autour de l’Ukraine, tout en assurant ne pas craindre que Moscou coupe le robinet des exportations de gaz. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a prévenu la Russie que l’UE était capable de se passer du gaz russe cet hiver en cas de décision de Moscou de réduire ou cesser ses livraisons. Les membres du FPEG vont certainement réaffirmer à l’Europe ne pas pouvoir s’engager sur des commandes sans des contrats à long terme, a indiqué, quelques jours avant le sommet, Thierry Bros, professeur à Sciences Po Paris. Car, pour fournir l’Europe en gaz, les pays producteurs doivent faire d’importants investissements afin d’augmenter leur production. Or, l’Union européenne (UE) est réticente à conclure des contrats de 10, 15 ou 20 ans. Le président russe Vladimir Poutine a mis en cause dimanche auprès d’Emmanuel Macron les « provocations » ukrainiennes dans l’aggravation des combats avec les séparatistes dans l’est de l’Ukraine, tout en disant vouloir « intensifier » les efforts diplomatiques pour régler le conflit. Pour sa part, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a estimé que le maintien des forces russes au Belarus montre que la Russie est « sur le point » d’envahir l’Ukraine, conformément au scénario décrit ces derniers jours par les États-Unis.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine