L’Association des banques au Liban a annoncé qu’elle refusera tout plan qui impose une décote sur les dépôts de ses clients ou qui « anéantit totalement les fonds propres » de ses actionnaires. Photo M.A.
Alors que le Fonds monétaire international (FMI) semble avoir rejeté, la semaine passée, le plan de redressement économique que le gouvernement de Nagib Mikati a concocté, c’est au tour de l’Association des banques au Liban (ABL) de s’opposer à ce même plan, selon un courrier envoyé à l’agence Reuters.
Selon l’association, ce plan, incluant des décotes (haircut) et mettant les déposants à contribution pour renflouer les banques (bail-in), aura pour conséquence une « perte de confiance persistante (dans le secteur bancaire) pour (plusieurs) générations à venir ». Elle indique également à l’agence de presse que cette approche ne va pas aboutir à une croissance économique, alors que le pays s’enfonce dans une crise économique et financière depuis plus de deux ans.
Pour elle, un bail-in devra être fait « au cas par cas » et ne devrait avoir lieu qu’« après avoir obtenu un accord consensuel et global avec le gouvernement, et après que ce dernier a rempli ses obligations légales de rétablir la solvabilité de la Banque du Liban (BDL) ».
Plus en détails, l’ABL a annoncé qu’elle refusera tout plan imposant une décote sur les dépôts de ses clients ou qui « anéantit totalement les fonds propres » de ses actionnaires,. L'ABL assure toutefois être ouverte à la possibilité de supporter « certaines pertes » provenant de la restructuration des eurobonds (titres de la dette en devises sur lesquels le Liban a fait défaut en mars 2020, sans la restructurer depuis) et des crédits octroyés au secteur privé.
Mais en soirée, lundi, le président de l'ABL, Salim Sfeir, a affirmé que la réponse de l'association a été "tronquée" par Reuters, et que le rejet en question était "uniquement hypothétique et concerne les fuites" dans la presse au sujet du plan de redressement et "part du principe de la défense des droits des déposants par l'ABL". "Il a clairement été dit que si ce qui a fuité est vrai, cela ne constituerait pas une solution à la crise économique qui s'accélère", ajoute le président de l'association.
Baisse de la balance des paiements
Le plan proposé par le gouvernement Mikati ambitionne de s’attaquer aux 69 milliards de dollars de pertes estimées par l’exécutif en faisant supporter des pertes à la BDL à hauteur de 8 milliards de dollars, aux actionnaires des banques (13 milliards), aux créanciers (des détenteurs de titres de dette libanaise en devises et d’autres déposants figurant parmi les plus aisés - 10 milliards) et aux déposants (38 milliards de dollars). Ces derniers supportent ainsi la plus grande partie des pertes (55,07 %).
Dans son rapport trimestriel publié en fin de semaine passée, Bank Audi a elle appelé à un « plan global (...) en gardant en tête que le FMI veut une distribution équitable et rationnelle des pertes ». Elle a aussi à nouveau appelé, comme elle le fait depuis au moins un an, à la mise en place d’un contrôle officiel des capitaux, « même s’il est relativement tardif », avançant qu’il s’agit d’un des prérequis pour une croissance future. Pour 2022, la banque recommande également de réformer le secteur de l’électricité, de voter un « budget d’austérité et de réformes » et de contenir la dépréciation de la livre, tout en concluant un accord avec le FMI.
Dans un autre registre, Bank Audi a indiqué que le déficit de la balance des paiements (la différence entre les flux entrants et sortants du pays) est passé de 10,6 milliards de dollars en 2020 à 2 milliards en 2021. Une diminution de 81,13 %, selon nos calculs. Ce changement est dû, selon la banque, à une baisse des actifs étrangers nets de la BDL de 4,6 milliards de dollars, alors que ceux des banques libanaises ont augmenté de 2,6 milliards, grâce à la circulaire n° 154 qui demandait aux banques de placer auprès de leurs banques correspondantes, à fin février, 2021 3 % de leurs dépôts en devises à fin juillet 2020. La baisse des importations, en raison d’une augmentation de la paupérisation de la population (74 % des résidents vivent sous le seuil de pauvreté, selon l’Escwa), la baisse des subventions de la part de la BDL (depuis septembre environ) et près de 1,3 milliard de dollars d’équivalent de droits de tirage spéciaux de la part du FMI ont aussi contribué à cette baisse. La réduction du déficit de la balance des paiements était une des demandes de réformes de la part du Fonds, à qui le Liban a adressé une demande d’aide financière depuis juin 2020.
Pour elle, un bail-in devra être fait...



FAUT AVOUER QUE POUR CE QUI DE L'ARROGANCE , C'EST DEVENU GENERALISE A TOUS LES JOUEURS DE TOUS LES SECTEURS ! MAIS DE QUELLE EFFRONTERIE CES ENERGUMENES DISCUTENT ENTRE EUX DES SOUS DES CITOYENS ?
15 h 38, le 08 février 2022