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Moyen-Orient - Procès

Trois chefs d’un groupe séparatiste iranien coupables d’espionnage au Danemark au profit de Riyad

Âgés de 40 à 51 ans, ces membres du Mouvement arabe de lutte pour la libération d’Ahvaz (Asmla) encourent 12 ans de prison.

Trois chefs d’un groupe séparatiste iranien coupables d’espionnage au Danemark au profit de Riyad

Le procureur danois Rune Rydik quittant le tribunal de Herfoelge, le 4 février 2022. Claus Bech/Ritzay Scanpix/AFP

Un tribunal danois a condamné hier trois dirigeants d’un groupe séparatiste arabe iranien en exil dans le pays scandinave pour espionnage au profit de l’Arabie saoudite entre 2012 et 2020, dans une affaire illustrant l’exportation des tensions entre Riyad et Téhéran sur le sol européen. À l’issue d’un procès fleuve à huis clos, ces trois membres du Mouvement arabe de lutte pour la libération d’Ahvaz (Asmla) ont été reconnus coupables d’avoir « recueilli des informations sur des individus et des organisations, au Danemark et à l’étranger, ainsi que sur les affaires militaires iraniennes, et d’avoir transmis ces informations à un service de renseignements saoudien », a annoncé le tribunal de Roskilde près de Copenhague. La peine des trois hommes, qui ont également été condamnés pour « promotion », « financement » et « tentative de financement du terrorisme », doit être rendue publique en mars. Âgés de 40 à 51 ans, ils encourent 12 ans de prison. L’Arabie saoudite sunnite est le principal rival de la République islamique chiite au Moyen-Orient, et Téhéran l’accuse régulièrement, tout comme les États-Unis et Israël, de soutenir les groupes séparatistes.

C’est paradoxalement un projet d’assassinat d’un de ces trois hommes déjoué par la police danoise qui avait mis le contre-espionnage du pays nordique sur la piste de leurs activités. Malgré le démenti de Téhéran, Copenhague avait accusé les autorités iraniennes d’avoir voulu liquider ce haut responsable de l’Asmla, en représailles à l’attentat sanglant (24 morts) d’Ahvaz, dans le sud-ouest de l’Iran, en septembre 2018. Au terme d’une spectaculaire chasse à l’homme qui avait gravement perturbé les transports publics, un Norvégien d’origine iranienne, depuis condamné par la justice danoise à sept ans de prison, avait été arrêté.

Protestations danoises

Mais près d’un an et demi plus tard, les autorités danoises avaient annoncé l’inculpation du dirigeant de l’Asmla avec deux autres membres du groupe en exil au Danemark. L’ambassadeur saoudien à Copenhague avait été convoqué et un message de protestation avait été adressé à Riyad, le renseignement danois accusant les services saoudiens d’avoir financé leurs opérations illégales.

Le tribunal de Roskilde les a reconnus « coupables d’avoir bâti une entité de renseignements pour le compte d’un service de renseignements saoudien pendant plusieurs années, depuis entre autres des adresses à Ringsted » en banlieue de Copenhague. Les trois hommes, dont l’identité n’a pas été rendue publique mais dont l’un a la nationalité danoise, ont également été jugés coupables de « promotion du terrorisme » en soutenant les activités de la branche armée d’Asmla. « La majorité du jury a estimé que les actions et les attentats de ces mouvements sont des actes terroristes et dépassent les limites des combats légitimes pour la liberté », a précisé le tribunal. Enfin, ils ont été reconnus coupables de « financement et de tentative de financement du terrorisme » pour avoir reçu 15 millions de couronnes (2 millions d’euros) d’un service de renseignements saoudien ainsi que d’avoir essayé d’obtenir 15 millions supplémentaires de la même source. Ces sommes visaient à financer les activités de l’Asmla, selon le tribunal.

L’organisation séparatiste, considérée comme terroriste par l’Iran et dont les dirigeants résident au Danemark et aux Pays-Bas, défend l’autodétermination de la province d’Ahvaz (sud-ouest de l’Iran). Pour l’un des avocats du trio, le procès faisait le jeu de Téhéran. « Nous nous tenons ici – nous tous, en fait – comme des laquais du régime iranien », avait déploré Gert Dyrn en marge du procès. Les trois hommes sont incarcérés depuis février 2020 et bénéficient d’une protection particulière du fait des menaces qui pèsent sur eux.

Source : AFP

Un tribunal danois a condamné hier trois dirigeants d’un groupe séparatiste arabe iranien en exil dans le pays scandinave pour espionnage au profit de l’Arabie saoudite entre 2012 et 2020, dans une affaire illustrant l’exportation des tensions entre Riyad et Téhéran sur le sol européen. À l’issue d’un procès fleuve à huis clos, ces trois membres du Mouvement arabe de lutte pour la libération d’Ahvaz (Asmla) ont été reconnus coupables d’avoir « recueilli des informations sur des individus et des organisations, au Danemark et à l’étranger, ainsi que sur les affaires militaires iraniennes, et d’avoir transmis ces informations à un service de renseignements saoudien », a annoncé le tribunal de Roskilde près de Copenhague. La peine des trois hommes, qui ont également été condamnés pour...
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Le Danemark est vendu à l’Iran ? Par hasard

Eleni Caridopoulou

18 h 15, le 05 février 2022

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  • Le Danemark est vendu à l’Iran ? Par hasard

    Eleni Caridopoulou

    18 h 15, le 05 février 2022

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