Rechercher
Rechercher

Économie - Réformes

Budget 2022 : les ministres s’engagent dans la dernière ligne droite

Une réunion est prévue aujourd’hui pour définir la liste des produits importés qui seront exonérés de droits de douanes.

Budget 2022 : les ministres s’engagent dans la dernière ligne droite

Une prochaine réunion du Conseil des ministres consacrée au budget dans sa globalité est prévue jeudi prochain à Baabda. Photo Dalati et Nohra

Le Conseil des ministres a pratiquement fini d’examiner l’avant-projet de budget pour 2022 et doit se réunir la semaine prochaine à Baabda pour l’approuver, sans pour autant avancer de date précise. De son côté, la présidence libanaise a indiqué hier qu’une réunion de l’exécutif est prévue jeudi prochain au palais présidentiel, laissant entendre que cette date correspondrait à celle de l’échéance finale.

Électricité et télécoms

Toujours aussi vague concernant les mesures adoptées de l’avant-projet de budget, le gouvernement n’a cette fois encore fourni que peu de détails sur le contenu de la réunion d’hier. Selon notre correspondante au palais présidentiel, Hoda Chédid, les ministres ont pourtant passé en revue depuis le 24 janvier toutes les dispositions du texte préparé par le ministre des Finances et ancien cadre de la Banque du Liban (BDL) Youssef Khalil, mais pourraient encore se réunir « pour une relecture globale » avant de passer par la case Baabda. Elle précise enfin que les discussions sur le dossier de la réforme de l’électricité vont se poursuivre « séparément », faisant écho au contenu du communiqué publié par le Grand Sérail mercredi. Ce dernier précise que le dossier de l’électricité devrait être pris en charge par une commission rassemblant au moins les ministres des Finances, de la Justice Henri Khoury, de l’Énergie et de l’Eau Walid Fayad, et de l’Économie et du Commerce Amine Salam.

Lire aussi

Entrée en vigueur de plusieurs décrets mettant en place des aides face à la crise

Le Conseil des ministres consacrera aussi des réunions spécifiques au dossier des télécoms, selon le communiqué officiel, qui n’a pas indiqué de calendrier. Ce dossier est presque aussi critique que celui de l’électricité, dans la mesure où les ministres devraient ajuster les tarifs des télécommunications pour répercuter la dépréciation de la livre. Ces prix, qu’il s’agisse de ceux d’Ogero (téléphonie et internet fixe), des fournisseurs d’accès privés (internet) ou des opérateurs mobiles (appels et données mobiles), sont encore calculés sur la base de la parité officielle de 1 507,5 livres pour un dollar. D’après les rumeurs qui circulent dans certains médias, le nouveau taux adopté pourrait être soit de 8 000 livres pour un dollar (soit le même que celui employé pour les retraits en livres des devises bloquées par les restrictions bancaires via la circulaire n° 151), soit de 9 000 livres pour un dollar.

Droits de douane

Une autre réunion est prévue aujourd’hui entre le ministre des Finances, celui de l’Industrie, Georges Bouchikian, et celui de l’Agriculture, Abbas Hajj Hassan, pour définir la liste des produits importés qui seront exonérés de droits de douane.

Parmi les rares décisions confirmées, le « dollar douanier », qui désigne le taux de change dollar/livre devant être pris en compte pour calculer les droits de douane et qui doit être ajusté dans le contexte de dépréciation de la livre, sera bien aligné sur celui affiché par la plateforme de change Sayrafa opérée par la Banque du Liban (BDL) et actualisé tous les soirs (21 100 livres pour un dollar hier). L’adoption de cette approche plutôt que celle consistant à fixer un taux intermédiaire avait été présentée comme très probable la veille par le ministre de l’Information p.i. et de l’Éducation, Abbas Halabi, lors de son point de presse.

Répétant l’exercice hier, ce ministre a affirmé que le gouvernement avait approuvé la mise en place d’exemptions de droits de douane pour toute une liste de produits « alimentaires (issus de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire), pharmaceutiques et médicaux », sans les citer. Interrogé à la sortie de la réunion, le ministre de l’Industrie a dévoilé que certaines taxes seraient mises en place sur des marchandises importées qui ont des équivalents produits au Liban, afin de « protéger l’industrie libanaise ». Il a toutefois ajouté que les prix, toutes taxes comprises, de ces produits importés en particulier seront plafonnés pour éviter toute hausse excessive. S’il n’a pas précisé le montant de cette taxe, l’article 81 de l’avant-projet de budget, que nous avons consulté, évoque un taux de 10 % du prix du produit. L’article 78 prévoit, lui, la mise en place pendant dix ans d’un droit de douane exceptionnel de 3 % – en plus de ceux déjà existants – qui s’appliquerait durant toute cette période à tous les produits assujettis à la TVA. Seuls les carburants, les équipements industriels, les matières premières destinées à l’industrie et à l’agriculture seraient exemptés le cas échéant.

Le ministre de l’Industrie a aussi assuré que le gouvernement et l’Autorité de développement des investissements au Liban (IDAL) planchaient sur un « plan d’investissement » pour renforcer les capacités productives du pays et envisageaient de diminuer de « 50 à 75 % » les droits de sortie imposés aux exportations.

Aides aux fonctionnaires

Selon les propos du ministre des Finances lors de son intervention télévisée la semaine passée sur la chaîne MTV, ces revenus supplémentaires devraient financer les aides octroyées aux fonctionnaires en marge de la dépréciation de la livre (plus de 90 %). Dans ce cadre, le ministre Abbas Halabi a ainsi précisé que ces derniers recevraient un double salaire durant l’année 2022, qui serait compris entre 2 et 6 millions de livres. Toujours selon le ministre de l’Information, ces aides ne passeront pas en dessous du seuil d’un million de livres pour les retraités.

Lire aussi

Le plan de répartition des pertes livre ses premiers secrets

Si l’article 135 de l’avant-projet de budget, prévoyant la mise en place de ces aides sociales, ne mentionne aucune de ces fourchettes, il précise toutefois que les retraités recevraient un paiement mensuel supplémentaire équivalent à 50 % de leur pension. Toutefois, Youssef Khalil avait évoqué la semaine passée la possibilité que ce taux passe à 75 %, mais rien n’a été confirmé pour le moment.

L’examen et la validation de ce budget revêtent un intérêt crucial pour le Liban, pressé de lancer des réformes devant amorcer un redressement du pays en crise et convaincre le Fonds monétaire international de financer ses efforts via un programme dédié. L’institution internationale discute depuis la semaine passée avec un groupe de négociateurs dans ce but, mais rien n’a fuité jusqu’à présent. Quoi qu’il arrive, ce texte, qui devra également passer le cap des commissions parlementaires et celui des élus, sera voté en dehors des délais constitutionnels.

Le sort du contrat entre LibanPost et l’État toujours pas réglé

Actuellement penché sur l’examen de l’avant-projet de budget, le Conseil des ministres n’a toujours pas réglé la question du contrat liant l’État à LibanPost et confiant à une société privée la gestion des services postaux du pays. Ce contrat est arrivé à échéance le 31 décembre dernier et a été simplement prolongé d’un mois, laissant l’opérateur, dont la majorité du capital est détenue par le groupe Saradar, dans l’inconnu. Le sujet a été abordé en Conseil des ministres mercredi, mais aucune information n’a pour l’instant filtré sur la suite qu’il compte y donner. Contacté, le directeur général de LibanPost, Antoni Lorfing, a indiqué à L’Orient-Le Jour que l’opérateur « continuera à assurer la gestion des services postaux du pays jusqu’à ce que le Conseil des ministres tranche la question ».

Le contrat initial entre LibanPost et l’État libanais a été signé en 1998, avant d’être amendé puis renouvelé. Le dernier renouvellement avait porté sur une période de huit ans avec une extension de trois ans, qui est donc arrivée à échéance fin 2021. LibanPost emploie 900 personnes, mais ses tarifs sont toujours fixés en tenant compte d’un dollar à 1507,5 livres. Une grille qui doit être modifiée par décret adopté en Conseil des ministres


Le Conseil des ministres a pratiquement fini d’examiner l’avant-projet de budget pour 2022 et doit se réunir la semaine prochaine à Baabda pour l’approuver, sans pour autant avancer de date précise. De son côté, la présidence libanaise a indiqué hier qu’une réunion de l’exécutif est prévue jeudi prochain au palais présidentiel, laissant entendre que cette date correspondrait à celle de l’échéance finale. Électricité et télécomsToujours aussi vague concernant les mesures adoptées de l’avant-projet de budget, le gouvernement n’a cette fois encore fourni que peu de détails sur le contenu de la réunion d’hier. Selon notre correspondante au palais présidentiel, Hoda Chédid, les ministres ont pourtant passé en revue depuis le 24 janvier toutes les dispositions du texte préparé par le ministre des...
commentaires (1)

Toute la conversation aujordhui et a propos de l aide aux fonctionnaires. Ces gens qui travaillent peu d'heures, qui etaient surpayés, avec trop d advantages sociaux, qui traitaient le secteur privé avec arrogance en le faisant courir dans tous les sens pour faire une formalité, qui ont provoqué l'effodrement avec leur grille des salaires de 2017. Et dont la seule fonction cest de re-voter pour leurs patrons deputés qui leur ont donné un boulot.

..... No comment

10 h 51, le 04 février 2022

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Toute la conversation aujordhui et a propos de l aide aux fonctionnaires. Ces gens qui travaillent peu d'heures, qui etaient surpayés, avec trop d advantages sociaux, qui traitaient le secteur privé avec arrogance en le faisant courir dans tous les sens pour faire une formalité, qui ont provoqué l'effodrement avec leur grille des salaires de 2017. Et dont la seule fonction cest de re-voter pour leurs patrons deputés qui leur ont donné un boulot.

    ..... No comment

    10 h 51, le 04 février 2022

Retour en haut