Édito Édito

Tartuffe

Tartuffe

D.R.

«Couvrez ce sein que je ne saurais voir/ Par de pareils objets les âmes sont blessées/ Et cela fait venir de coupables pensées… ». Cette réplique de Tartuffe adressée à Dorine à la scène 2 de l’acte 3 de la fameuse pièce de Molière dont on célèbre le 400e anniversaire de la naissance, nous revient à l’esprit à l’occasion de la sortie du premier film panarabe sur Netflix Ashab wala a’az de Wissam Smayra, remake du long-métrage italien Perfetti sconosciuti. Ce film a remporté un vif succès, mais il a aussi suscité des réactions outrées de la part de quelques censeurs bornés en Égypte et ailleurs. Ce double langage qui consiste à fermer les yeux sur les violences quotidiennes, les brimades et le harcèlement sexuel dont sont victimes les femmes arabes, tout en s’offusquant à la vue d’une scène inoffensive dans un film censé refléter les contradictions de notre société, ne peut que révolter ceux qui considèrent que l’art est sacré et la censure impie. Vouer une œuvre artistique aux gémonies et crier haro sur le baudet sont deux procédés classiques utilisés par les obscurantistes qui s’érigent en parangons de vertu ou en donneurs de leçons, et qui vivent dans le déni au lieu de proposer un dialogue constructif inspiré par les problèmes posés par l’œuvre en question. Comble de l’ironie : la version originale du film a été primée au Festival international du film du Caire en obtenant le prix Naguib Mahfouz (tout un symbole !) du meilleur scénario. Ce qui se dit en italien est donc toléré, mais dès qu’on le prononce en arabe, il devient sacrilège ! Il est temps que la nation arabe sorte de sa léthargie et, surtout, de sa tartufferie.


«Couvrez ce sein que je ne saurais voir/ Par de pareils objets les âmes sont blessées/ Et cela fait venir de coupables pensées… ». Cette réplique de Tartuffe adressée à Dorine à la scène 2 de l’acte 3 de la fameuse pièce de Molière dont on célèbre le 400e anniversaire de la naissance, nous revient à l’esprit à l’occasion de la sortie du premier film panarabe sur Netflix...

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