La livre libanaise a battu hier, pour la quatrième fois depuis le début de l’année, un nouveau record de dépréciation, flirtant avec la barre des 32 000 livres contre un dollar sur le marché parallèle toute la journée, avant de la dépasser en début de soirée. Ainsi, une des applications dédiées au signalement de ce taux dollar/livre sur le marché parallèle indiquait des taux respectifs à l’achat et à la vente de 32 100 et 32 000 livres au moment de passer sous presse.
Ces chiffres, dans un pays essentiellement importateur de produits, ont anéanti le pouvoir d’achat des Libanais, dont plus de 78 % vivent désormais sous le seuil de pauvreté, le taux officiel de la monnaie nationale étant toujours fixé, depuis décembre 1997, à 1 507,5 livres pour un dollar. Depuis le début de la grave crise socio-économique et politique au Liban en 2019, la livre a en effet perdu 95 % de sa valeur. À peine entamée, l’année 2022 a connu une chute rapide de la monnaie nationale, battant en l’espace de huit jours trois records de dépréciation. Samedi dernier, elle s’échangeait contre un billet vert à 30 250 livres. Le 4 janvier, elle se vendait à 30 100 livres et à 29 250 la veille contre un dollar.
Le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, qui avait enfin admis, fin 2021, que le taux du dollar sur le marché parallèle était « non réaliste », n’a néanmoins pris aucune mesure depuis pour freiner cet effondrement. Afin de faire face à la crise, une réunion officielle est programmée dimanche prochain entre des négociateurs libanais et une délégation du Fonds monétaire international qui préconise l’instauration d’un taux de change flottant.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
mais le taux est déjà flottant, sur les eaux du déluge qui noie les libanais. Plus le déluge s'intensifie et plus les eaux montent el plus e dollar flottant aussi. Les libanais ont beau être des super nageurs en eaux profondes mais à quand la noyade?
18 h 37, le 11 janvier 2022