Cousin très éloigné du baby-foot, le football de table hongrois n’est pas à confondre avec son illustre parent : nettement plus confidentiel, il se pratique sur une grande table lisse et polie, évidemment verte, représentant un terrain miniature, avec des pastilles rondes colorées. Attila Kisbenedek/AFP
Le football de table conserve un engouement d’estime en Hongrie, sa terre de naissance, où des plus jeunes s’approprient à leur tour ce jeu centenaire réclamant stratégie comme dextérité.
Ce cousin très éloigné du baby-foot n’est pas à confondre avec son illustre parent : nettement plus confidentiel, il se pratique sur une grande table lisse et polie, évidemment verte, représentant un terrain miniature. Les deux joueurs qui s’affrontent disposent de pastilles rondes colorées qu’ils doivent déplacer pour marquer des buts à l’aide d’une règle ou d’un simple doigt servant à les propulser vers le ballon.
« C’est vraiment notre sport national, un peu comme la pétanque pour les Français ou le baseball pour les Américains », explique Attila Becs, qui s’y adonne depuis l’enfance. « Quand le football est arrivé en Hongrie, on a pris le tableau tactique en bois et on a refait le match avec les doigts à la maison », dit le souriant sexagénaire. « À l’époque, on utilisait de vrais boutons qui glissaient bien », précise-t-il en sortant un précieux exemplaire usé.
Dans les années 1950, le football connaît son âge d’or en Hongrie communiste, qui domine alors tous les classements mondiaux. Les « boutons de foot » y sont produits en masse et les fans collent dessus des portraits de leurs champions favoris. Dès l’âge de huit ans, Attila Becs se met à les collectionner. Aujourd’hui retraité, il aime toujours tellement ce sport en salle qu’il a ouvert un musée près de Budapest, à Szigetszentmiklos. « Le seul au monde qui lui soit consacré », dit-il fièrement, bien que la discipline ait aussi ses adeptes au Brésil. Les murs sont recouverts d’écharpes de supporteurs et de photos des plus grandes stars penchées sur la table, comme le buteur hors normes Ferenc Puskas ou la légende Pelé.
Transmis de génération en génération, un peu passé de mode après la chute du mur, le foot en miniature est aujourd’hui pratiqué par un millier de licenciés se répartissant dans une trentaine de clubs, selon la Fédération hongroise.
Mais qu’est-ce qui attire encore les jeunes, à l’heure des jeux sophistiqués sur smartphone ? « Pour nous, c’est comme jouer à FIFA sur console, mais en analogique », s’amuse Edvard Katona, âgé de 28 ans.
Source : AFP

