Cette photo, prise le 8 octobre 2015 à Zurich, montre le panneau d'entrée orné du logo de la FIFA, le siège mondial du football. Photo Fabrice Coffrini / AFP
La Fifa étudie la possibilité de faire passer la Coupe du monde de 48 à 64 équipes à partir de l’édition 2030, selon un document consulté par l'agence Reuters, une évolution qui pourrait profondément remodeler la compétition reine du football à l’occasion de son centenaire.
L’instance dirigeante du football mondial souhaite confier à une agence indépendante l’évaluation de cet ambitieux projet d’élargissement, qui ajouterait 16 sélections supplémentaires à un tournoi déjà passé de 32 à 48 équipes en 2026.
« La Fifa souhaite désigner une agence indépendante afin de déterminer si, et de quelle manière, le passage de 48 à 64 équipes nationales participantes à la Coupe du monde de la Fifa à partir de l’édition 2030 aurait une incidence sur le positionnement du tournoi », indique-t-elle dans une note de cadrage consacrée à cette étude.
La Confédération sud-américaine de football, la Conmebol, avait officiellement proposé l’an dernier d’organiser la Coupe du monde 2030 avec 64 équipes, afin de permettre à davantage de pays de participer aux célébrations du centenaire de la compétition. L’édition 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, a été la première depuis 1998 à abandonner le format à 32 équipes. Elle a ajouté quatre groupes et un tour supplémentaire à élimination directe, portant le total à 104 matches répartis sur plus de cinq semaines.
Cette étude accélérée intervient dans le sillage du projet de la Fifa de créer une filiale valorisée à 20 milliards de dollars pour gérer la Coupe du monde et ses autres compétitions avec des investisseurs extérieurs. Cette initiative a suscité des critiques et conduit l'UEFA à décider de boycotter les événements de la Fifa.
« Ce n’est pas une bonne idée »
Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, avait déclaré l’an dernier qu’un élargissement de la Coupe du monde à 64 équipes n’était pas une bonne idée. La position de l’instance européenne n’a pas changé depuis. Le président de la Confédération asiatique de football, cheikh Salman ben Ibrahim al-Khalifa, avait également exprimé son opposition, s’interrogeant l’an dernier sur la limite à laquelle pourrait s’arrêter cette expansion.
L’analyse proposée par la Fifa doit déterminer si cet élargissement pourrait renforcer la compétition ou si les inquiétudes liées à une dilution du niveau, à l’encombrement du calendrier, à la complexité opérationnelle et à la saturation du marché l’emporteraient sur les bénéfices potentiels. L’étude examinera les conséquences possibles d’un tournoi à 64 équipes sur la compétition elle-même, l’équilibre sportif, les qualifications, la santé des joueurs et le calendrier international. Elle devra également estimer les recettes susceptibles d’être générées par la billetterie, le sponsoring et les droits médiatiques dans le cadre du nouveau format envisagé. « La recommandation finale devra démontrer non seulement si un tournoi à 64 équipes peut générer une valeur supplémentaire, mais aussi si cette valeur est durable », ajoute le document.
La Fifa a indiqué que l’agence retenue serait désignée le 14 août et qu’elle ne disposerait que de quatre semaines pour remettre son analyse, d’ici au 11 septembre. La Coupe du monde 2030 sera organisée conjointement par le Maroc, le Portugal et l’Espagne, tandis que l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay accueilleront chacun un match afin de célébrer le centenaire de la compétition.

