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Politique - Diplomatie

Guterres critique les dirigeants qui "paralysent" le Liban en crise

A l'issue de son entretien avec le secrétaire général de l'ONU, Michel Aoun a assuré que les législatives seront organisées "au printemps prochain de manière transparente et équitable". 

Guterres critique les dirigeants qui

Le président libanais Michel Aoun (d.) serrant la main du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, au palais de Baabda, le 19 décembre 2021. Photo Dalati et Nohra

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, arrivé dimanche après-midi à Beyrouth pour une visite officielle de quatre jours, a appelé la communauté internationale depuis le palais présidentiel de Baabda à "maintenir et renforcer son soutien" au Liban qui traverse des crises pluridimensionnelles depuis plus de deux ans, et critiqué sévèrement les dirigeants qui "paralysent" le pays. Pour sa part, le chef de l’État libanais Michel Aoun a assuré que le pays s'efforce de "surmonter progressivement" cet effondrement et s'est dit favorable à l'organisation des législatives de manière "transparente et équitable au printemps prochain afin de refléter la véritable volonté des Libanais dans le choix de leurs représentants".

S'exprimant à l'issue d'une réunion avec le président Aoun, le secrétaire général de l'ONU a appelé la communauté internationale à "maintenir et renforcer son soutien" au Liban. "Face à la souffrance du peuple libanais, les dirigeants politiques n'ont pas le droit de paralyser le pays avec leurs divisions", a-t-il ajouté, appelant les responsables à "travailler ensemble" pour résoudre la crise. "Les Libanais s'attendent à ce que leurs dirigeants travaillent pour redresser l'économie et assurer le bon fonctionnement du gouvernement et des institutions étatiques', a encore dit M. Guterres.

Il a également estimé que "l'appui apporté en permanence à l'armée libanaise et les autres institutions sécuritaires est essentiel pour la stabilité du Liban". Commentant l'organisation des législatives en 2022, M. Guterres a insisté sur l'importance des prochaines élections, appelant le peuple libanais à "s'engager pleinement afin de choisir la direction que prendra leur pays". Il a par ailleurs salué l'attitude du Liban, qui a la "générosité d'accueillir de nombreux réfugiés" syriens, reconnaissant le poids de cet accueil sur l'économie du pays. Avant d'être élu secrétaire général de l'ONU, M. Guterres avait dirigé le Haut commissariat onusien pour les réfugiés.

Législatives transparentes et équitables
De son côté, Michel Aoun a affirmé lors du même point presse avoir discuté avec le haut-responsable onusien des crises pluridimensionnelles qui frappent le Liban et des moyens d'y faire face. "Nous nous efforçons de les surmonter progressivement en élaborant un plan de relance économique, qui sera présenté et négocié avec le Fonds monétaire international", a-t-il dit, lors d'une conférence de presse à Baabda. Le président a également souligné la nécessité de mettre en place de "multiples réformes nécessaires dans les secteurs économique, financier et administratif, reconsidérer nombre d'administrations publiques, mettre un terme au gaspillage financier, lutter contre la corruption et effectuer l'audit juricomptable de la Banque du Liban afin d’identifier les responsables des pertes financières au cours des années précédentes".

S'exprimant au sujet des législatives, M. Aoun a affirmé qu'elles seront organisées "au printemps prochain" de manière "transparente et équitable" afin de "refléter la véritable volonté des Libanais dans le choix de leurs représentants". Le chef de l’État s'est aussi montré favorable à "tout rôle que peut jouer l'ONU dans le suivi des élections, en coordination avec les autorités libanaises compétentes". Plusieurs points d'interrogation entourent la date du scrutin en raison des tensions politiques entre le camp du chef de l’État et celui du président du Parlement Nabih Berry, dirigeant du mouvement chiite Amal. Ce dernier tient à ce que les législatives aient lieu le 27 mars 2022, alors que les aounistes souhaitent qu'elles se tiennent en mai. Ces élections sont perçues par les Libanais comme un premier tremplin vers le changement auquel ils aspirent.

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Michel Aoun a par ailleurs souligné la nécessité de rapatrier les réfugiés syriens, estimant qu'il est "temps que la communauté internationale assume ses responsabilités en encourageant" leur retour. Évoquant le dossier libano-israélien, il a affiché sa "disponibilité constante à donner suite aux négociations indirectes au sujet de la délimitation de la frontière maritime méridionale" avec l’État hébreu.

Ont participé aux discussions à Baabda la coordonnatrice spéciale de l'ONU pour le Liban, Joanna Wronecka, et le chef de mission et commandant de la Finul, le général Stefano Del Col, ainsi que la représentante du Liban à l'ONU, Amal Moudallali. Ils seront également les hôtes à dîner de M. Aoun.

Message de solidarité
Plus tôt dans la journée, M. Guterres et la délégation qui l'accompagne, composée du secrétaire général adjoint et chef des opérations de maintien de la paix aux Nations unies, Jean-Pierre Lacroix, et de la secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, la diplomate américaine Rosemary A. DiCarlo, qui a succédé à Jeffrey Feltman, avaient été accueillis à l’Aéroport international de Beyrouth par le ministre libanais des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib. Le secrétaire général avait alors réitéré le maître-mot de sa visite : "solidarité avec le peuple libanais".

En effet, cette visite officielle de M. Guterres a lieu à un moment où le Liban traverse une période difficile, marquée par des crises politiques, socio-économiques et financières de grande ampleur, alourdies par la pandémie du Covid-19. Dans une vidéo partagée vendredi soir, le patron de l'ONU s'était déjà dit "extrêmement préoccupé par les épreuves" des Libanais, et a appelé les responsables à "faire passer la population en premier".

Un programme minuté

Le programme officiel de la visite du secrétaire général de l’ONU est minuté. Lundi, il rencontrera en privé les dignitaires religieux, avant de se diriger vers le port de Beyrouth, où il rendra hommage aux victimes de la double explosion du 4 août 2020. Il sera ensuite reçu à Aïn el-Tiné par le président du Parlement Nabih Berry, puis au Grand Sérail pour un déjeuner avec le Premier ministre Nagib Mikati. M. Guterres fera une déclaration à l’issue de ses discussions avec MM. Berry et Mikati, puis se rendra à Tripoli dans l'après-midi et regagnera Beyrouth en fin de journée, où il aura un entretien privé avec des femmes leaders libanaises.

Mardi matin, le secrétaire général de l’ONU visitera le quartier général de la Force internationale des Nations unies au Liban (Finul) à Naqoura. Ses activités au Liban-Sud seront marquées par des entretiens avec l'équipe de direction de la mission de la Finul, l'équipe d'engagement des femmes et les jeunes soldats de la paix, ainsi qu'une réunion avec des représentants de la société civile. Il visitera ensuite la Ligne bleue, tracée en l’an 2000 par l’ONU pour identifier sur le terrain une ligne permettant de confirmer le retrait israélien. Pour des raisons de sécurité, les médias ne pourront pas participer à cette tournée.

M. Guterres passera par Tyr avant de revenir à Beyrouth. Il a prévu d'accorder une audience privée aux représentants de la société civile et à des activistes libanais, avant de donner une conférence de presse à 18h à l’Hôtel Movenpick où il aura séjourné. Le secrétaire général de l’ONU sera de retour à New York mercredi matin.

Réagissant au déplacement d'Antonio Guterres, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a fait savoir dans un tweet qu'il s'était entretenu avec le secrétaire général de l'ONU "à la veille de son importante visite au Liban". Le ministre français a exprimé pour l'occasion sa "solidarité avec les Libanais" et rappelé la "commune exigence de réformes" que doivent instaurer les autorités. La communauté internationale conditionne en effet son aide à la mise en place d'un plan de redressement et de nombreuses réformes dans le pays. Selon une source française, l'entretien entre MM. Le Drian et Guterres a permis d'évoquer les "priorités partagées" entre Paris et les Nations unies, à savoir la nécessité que le Conseil des ministres se réunisse pour avancer sur les sujets prioritaires, notamment les négociations avec le FMI, l'importance d'organiser les élections dans les délais constitutionnels et le soutien de la Finul à l'armée libanaise. 


Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, arrivé dimanche après-midi à Beyrouth pour une visite officielle de quatre jours, a appelé la communauté internationale depuis le palais présidentiel de Baabda à "maintenir et renforcer son soutien" au Liban qui traverse des crises pluridimensionnelles depuis plus de deux ans, et critiqué sévèrement les dirigeants qui "paralysent" le...

commentaires (9)

Avant l' audit juri-criminel il ne faut rien faire ! Rendez d' abord, espece de voyous au rabais, ensuite l' economie sera automatiquement relancee...!

LeRougeEtLeNoir

16 h 10, le 20 décembre 2021

Tous les commentaires

Commentaires (9)

  • Avant l' audit juri-criminel il ne faut rien faire ! Rendez d' abord, espece de voyous au rabais, ensuite l' economie sera automatiquement relancee...!

    LeRougeEtLeNoir

    16 h 10, le 20 décembre 2021

  • Quelle chance nous avons ! Notre BIG BOSS NO 1 s'est brusquement rendu compte...: "...qu'il faut s'efforcer de surmonter progressivement les crises en élaborant un plan de relance économique ainsi que les réformes nécessaires, etc. etc. " Mais, dites...que faisait-il au juste depuis le 31 octobre 2016...??? - Irène Saïd

    Irene Said

    16 h 04, le 20 décembre 2021

  • ET CELUI A QUI VOUS TENDEZ LA MAIN ETANT LE PREMIER.

    OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION.

    12 h 26, le 20 décembre 2021

  • L a seule contributiuon positive qu' il puisse faire, c' est proposer l'amendement des resolutions 1701 et 1559 , et de les placer sous l' article 7 de la charte des nations unies qui autorise l' usage de la force pour les appliquer !

    LeRougeEtLeNoir

    11 h 43, le 20 décembre 2021

  • SANS SOUTIEN INTERNE N,ATTENDEZ PAS UN SOUTIEN EXTERNE. ET CA COMMENCE PAR LA DISSOLUTION DES MILICES DE MERCENAIRES IRANIENS... INCHALLAH OU AMEN !

    OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION.

    06 h 35, le 20 décembre 2021

  • Cher M. Guterres, en reconnaissant l'Etat d’Israël, l'ONU a par ricochet créé aussi le problème des réfugiés palestiniens, qui est donc le résultat d'une volonté collective globale. L'ONU est invitée a résoudre ce problème par le redéploiement. Créez donc des camps 'satellites' de réfugiés palestiniens de l'ONU en Allemagne, en France ou dans votre beau pays du Portugal. Partagez un peu le fardeau au lieu de nous abreuver de salades et de discours creux.

    Mago1

    00 h 38, le 20 décembre 2021

  • Ils vont encore lui raconter l’histoire du loup et du Berger …comme ils l’ont fait pour Macron….! hahahahahaha

    LeRougeEtLeNoir

    23 h 27, le 19 décembre 2021

  • IL A FALLUT ATTENDRE SON ARRIVÉE AU LIBAN MONSIEUR GUTERRES POUR POUVOIR LANCER UN APPEL À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE. ET POUR AIDER LES LIBANAIS, MONSIEUR GUTERRES A RENCONTRÉ AOUN AUJOURD'HUI ET BERRY POUR DEMAIN ET FINIRA À TABLE AVEC MIKATI. AOUN L'A RASSURÉ QUE LES AUTORITÉS LIBANAISES COMPÉTENTES VONT ASSURER LE DÉROULEMENT DÉMOCRATIQUE DES ÉLECTIONS. COMME SI C'EST FAIT. DONC TOUT VA BIEN.

    Gebran Eid

    22 h 39, le 19 décembre 2021

  • Tout est bien organisé mais il n’ a pas demandé l’avis de Hassouna ????

    Eleni Caridopoulou

    21 h 24, le 19 décembre 2021

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