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Moyen-Orient - Syrie

Damas choisie pour accueillir la Conférence arabe sur l’énergie en 2024

Les pays membres de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (Opaep) ont approuvé jeudi à l’unanimité la tenue prochaine de cette réunion en Syrie, selon un communiqué publié sur Facebook par le ministère syrien du Pétrole et des Ressoures minières.

Damas choisie pour accueillir la Conférence arabe sur l’énergie en 2024

Une patrouille américaine à côté d'un champ pétrolifère à Hassaké, dans le nord-est de la Syrie. Delil Souleiman/AFP

Il s’agit pour le régime syrien d’un pas supplémentaire dans sa tentative de normalisation avec les pays arabes. Jeudi, un communiqué publié sur Facebook par le ministère syrien du Pétrole et des Ressources minières a indiqué que la ville de Damas avait été unanimement choisie par les pays membres de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (Opaep) pour accueillir la Conférence arabe sur l’énergie en 2024, après le Qatar qui l’accueillera en 2023. Cette décision a été prise le jour même lors de la 107e réunion du Conseil des ministres de l’Opaep, organisée par visioconférence, en présence des représentants des pays membres : l’Arabie saoudite, le Koweït, la Libye, l’Algérie, le Qatar, les Émirats arabes unis, Bahreïn, l’Irak, l’Égypte et la Syrie. Cette dernière n’a accueilli cette conférence qu’une seule fois en 1998. Dès janvier prochain, le gouvernement syrien présidera également le Conseil des ministres de l’organisation pour une durée d’un an, après la présidence saoudienne assurée l’an dernier.

« Cela aide à démontrer que Damas est suffisamment stable et sûre pour accueillir de grandes réunions, ce qui peut aider à attirer des entreprises et des investissements, observe Aron Lund, chercheur sur le Moyen-Orient associé à l’Agence suédoise de recherche sur la défense (FOI) et à la Century Foundation. Cela aide également à intégrer le gouvernement syrien dans le monde arabe après une décennie d’isolement partiel. »

Dans le giron arabe
Cette annonce survient à l’heure où le régime syrien fait des pas significatifs en vue de se réinsérer sur la scène diplomatique régionale. Elle s’inscrit tout juste un mois après la rencontre à Damas entre le chef de la diplomatie émiratie Abdallah ben Zayed al-Nahyane, accompagné d’une délégation, et le président syrien Bachar el-Assad. Cette visite inédite marquait le premier déplacement d’un officiel émirati de haut niveau depuis que Abou Dhabi a annoncé la réouverture de son ambassade à Damas en décembre 2018, et plus largement depuis la suspension par la Ligue arabe de la Syrie en 2011. À travers ce geste, la fédération émiratie indiquait surtout qu’elle souhaitait passer à la vitesse supérieure après avoir exprimé sa volonté de ramener le régime d’Assad dans le giron arabe. Deux mois plus tôt, après l’accord tacite de Joe Biden à la conclusion d’un marché pour alimenter le Liban en gaz et en électricité en provenance d’Égypte et de Jordanie en passant par la Syrie, le royaume de Jordanie reprenait langue avec le pouvoir syrien. Une avancée notamment symbolisée par l’appel téléphonique inédit passé le 3 octobre entre les dirigeants des deux pays.

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Si l’isolement du gouvernement syrien se sera certainement amoindri d’ici à la tenue de la Conférence arabe sur l’énergie en 2024, « être sélectionné pour accueillir une réunion avec la participation de grands pays arabes, dont les pays du Golfe, est certainement à l’heure actuelle une fissure de plus dans le mur que les ennemis d’Assad ont tenté de construire autour de son régime », ajoute Aron Lund, pour qui cela pourrait à court terme « abaisser la barrière politique ou psychologique pour inviter la Syrie, à un certain titre, au sommet de la Ligue arabe de 2022 en Algérie ». Il y a près d’un mois, le ministre algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, a exprimé son soutien au « retour de la Syrie à sa place naturelle parmi les membres fondateurs de la Ligue arabe ». En outre, le secrétaire général de la Ligue arabe, le diplomate et homme politique égyptien Ahmad Aboul-Ghaïth, avait précédemment évoqué la question de la réintégration du régime Assad au sein de l’organisation panarabe, tout en affirmant que l’Irak et la Jordanie y étaient favorables.

Anomalie
Alors qu’Alger, Le Caire et Bagdad ont sans doute plaidé en faveur de Damas lors de la réunion de jeudi aux côtés d’autres pays soutenant les efforts de normalisation, à l’instar du Bahreïn et des Émirats arabes unis, d’autres États membres de l’Opaep se montrent plus prudents sur ce dossier, comme le Koweït, l’Arabie saoudite et le Qatar. Or, Riyad et Doha sont des acteurs particulièrement importants au sein de l’organisation. « Le fait qu’une organisation adopte une décision par consensus ne doit pas nécessairement signifier que tous les membres en sont également satisfaits », estime cependant Aron Lund.

Pour mémoire

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Si la Syrie produisait avant la guerre près de 400 000 barils de pétrole, elle n’en produit aujourd’hui que 24 000 en moyenne, selon les spécialistes du secteur. Une quantité bien inférieure à celle nécessaire pour couvrir les besoins nationaux, expliquant les nombreuses pénuries de carburant qui affectent la population vivant dans les zones tenues par le régime de Damas. Par ailleurs, la plupart des gisements pétroliers du pays se trouvent dans le Nord-Est, aux mains des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes. Face à cette contrainte, le gouvernement syrien se repose massivement sur son allié iranien pour s’approvisionner en pétrole, en dépit des sanctions américaines qui compliquent les importations de Téhéran. Alors que les réserves totales des États membres de l’Opaep sont estimées à 704 milliards de barils par an, selon le site internet de l’organisation, « l’adhésion continue de la Syrie est un peu une anomalie, étant donné que le pays n’exporte plus de pétrole, car il s’agit, comme son nom l’indique, d’une organisation pour les exportateurs de pétrole. Mais apparemment, les autres membres ont accepté de passer outre », résume Aron Lund.


Il s’agit pour le régime syrien d’un pas supplémentaire dans sa tentative de normalisation avec les pays arabes. Jeudi, un communiqué publié sur Facebook par le ministère syrien du Pétrole et des Ressources minières a indiqué que la ville de Damas avait été unanimement choisie par les pays membres de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (Opaep) pour accueillir...

commentaires (3)

et ces hypocrites alors ? ils en veulent a MBS ? et ces hypocrites, bachar est absout par miracle lui ?

Gaby SIOUFI

16 h 42, le 11 décembre 2021

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Commentaires (3)

  • et ces hypocrites alors ? ils en veulent a MBS ? et ces hypocrites, bachar est absout par miracle lui ?

    Gaby SIOUFI

    16 h 42, le 11 décembre 2021

  • POURQUOI NE PAS CHOISIR DAMAS POUR UNE CONFERENCE MONDIALE SUR LA DEMOCRATIE ? ON AURA BEAUCOUP A APPRENDRE. QUELLE RIGOLADE ET QUELS IMBECILES QUE CEUX QUI ONT CHOISI DAMAS.

    L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION.

    12 h 07, le 11 décembre 2021

  • Mais quel cadeau !! Mais qu’est ce qui se passe avec Assad ?!

    Bery tus

    06 h 05, le 11 décembre 2021

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