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Politique - Décryptage

Chronique d’une démission annoncée...

Depuis l’éclatement de la crise diplomatique entre Beyrouth et Riyad, il y a un peu plus d’un mois, la démission du ministre de l’Information Georges Cordahi était dans l’air, même si ses alliés, Hezbollah en tête, n’y étaient pas très favorables. Les nombreux contacts entrepris par les différents responsables avec plusieurs parties arabes et internationales montraient qu’une telle démission était inévitable. Certains acteurs régionaux et internationaux contactés par les dirigeants libanais reconnaissaient que la réaction saoudienne (aux propos tenus par le ministre sur la guerre au Yémen) était quelque peu disproportionnée, mais ils estimaient que la démission restait le seul moyen d’ouvrir un canal de dialogue avec Riyad sur le dossier libanais. Tout en promettant d’agir dans la plus grande discrétion, l’émir du Qatar – que le chef de l’État avait rencontré le 29 novembre à Doha – avait réitéré ce conseil aux Libanais : le début de la solution de cette crise passe inévitablement par la démission de M. Cordahi, car les dirigeants saoudiens ne veulent pas évoquer ce dossier tant que les Libanais n’ont pas fait un geste en leur direction.

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Ce même message avait déjà été relayé par différents interlocuteurs arabes et internationaux. Les responsables à Beyrouth l’avaient donc bien reçu, mais ils ont essayé pendant plus d’un mois de trouver le bon scénario, ou plutôt le moins mauvais des scénarios, sachant que les Libanais sont divisés sur cette question. Il y a d’un côté ceux qui sont convaincus que la priorité est de renouer les relations avec les monarchies du Golfe, Arabie saoudite en tête, car la situation économique du pays est devenue intenable. Et de l’autre ceux qui estiment que les mesures de rétorsion saoudiennes à l’égard du Liban sont injustes, car elles font payer à toute une population le prix fort pour des propos tenus par un responsable avant même qu’il ne soit nommé ministre.

Mais, en plus de la division des Libanais sur cette question, les intérêts purement politiques des différentes parties, surtout à la veille des élections législatives considérées comme particulièrement importantes, ont commencé à peser sur la décision à prendre. Ainsi, pour les Marada de Sleiman Frangié et leurs alliés, il était primordial de ne pas « sacrifier » Georges Cordahi au profit du chef de l’État et du Courant patriotique libre à la veille des élections, car cela risquait d’avoir des répercussions sur le vote des électeurs dans la troisième circonscription du Liban-Nord (Zghorta-Bécharré-Koura-Batroun) et dans celle de Kesrouan-Jbeil. De même, pour le président de la Chambre et chef du mouvement Amal Nabih Berry, il fallait trouver un timing qui ne le montre pas comme celui qui a cédé aux pressions arabes devant la base chiite, avec laquelle il a déjà quelques problèmes depuis le déclenchement du mouvement de protestation populaire le 17 octobre 2019. En même temps, il ne veut pas que la démission puisse profiter au camp de Michel Aoun et Gebran Bassil. Cette crise diplomatique avait d’ailleurs placé le président de la Chambre dans une position délicate, tiraillé entre le souci de ne pas mettre en cause ses bonnes relations avec les dirigeants du Golfe, notamment ceux du Koweït, et celui de ne pas avoir l’air de « brader la dignité » du Liban, selon les termes utilisés par les partisans de « l’axe de la résistance ».

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De son côté, le chef de l’État était principalement concerné par cette crise qui venait s’ajouter à toutes les autres que subissent les Libanais. À ses yeux, il fallait trouver un moyen d’arrêter les mesures de plus en plus dures des Saoudiens à l’égard du pays et en même temps ne pas permettre à ses détracteurs d’enfoncer le clou au sujet de ce « mandat porteur de catastrophes »...

Enfin, le Hezbollah – qui constituait le principal appui de Georges Cordahi – se trouvait devant une équation difficile : préserver ce qu’il appelle « la dignité du Liban » en évitant de le laisser basculer totalement dans le camp des monarchies du Golfe, et en même temps éviter de rompre totalement avec eux car le parti chiite n’était pas en mesure de pousser les dirigeants libanais à franchir un pas vers ce qu’on appelle l’Est, alors que depuis des décennies les intérêts économiques du pays sont essentiellement avec ces pays.

Face à toutes ces contradictions, le seul scénario possible était donc celui de la démission de Georges Cordahi, mais les protagonistes ont choisi de prendre leur temps pour que celle-ci n’ait pas trop l’air d’une obéissance totale aux injonctions des dirigeants du Golfe. Ils ont donc laissé les choses se tasser quelque peu et ont commencé à tour de rôle à faire des déclarations pour préciser que c’est au ministre de l’Information de prendre la décision qu’il juge adéquate, ajoutant que de leur côté ils l’appuient quel que soit son choix. Le dernier en date à faire une déclaration en ce sens était Naïm Kassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah, dans le cadre d’un entretien télévisé accordé jeudi.

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Mission, démission

Pour donner plus de poids à la démission, il a été convenu de la lier à la tournée du président français Emmanuel Macron dans les pays du Golfe et sa rencontre prévue avec le prince héritier du trône saoudien. Il faut préciser à cet égard qu’un appel téléphonique avait eu lieu entre Emmanuel Macron et Nagib Mikati lorsque ce dernier se trouvait à Rome et l’idée « du geste que le Liban devrait faire en direction des Saoudiens » pour aboutir à un déblocage a de nouveau été évoquée. De retour à Beyrouth, le Premier ministre a rencontré M. Cordahi et il lui a fait part de cette conversation tout en lui précisant qu’en définitive, c’est à lui de décider. Le message était clair. Georges Cordahi a alors sondé Sleiman Frangié, mais aussi Nabih Berry et le Hezbollah, et il a entendu le même son de cloche. Même s’il n’y a aucune assurance de la part des États du Golfe que cette démission permettra de normaliser leurs relations avec le Liban, celle-ci permettra au moins à Beyrouth de donner une carte à la France.


Depuis l’éclatement de la crise diplomatique entre Beyrouth et Riyad, il y a un peu plus d’un mois, la démission du ministre de l’Information Georges Cordahi était dans l’air, même si ses alliés, Hezbollah en tête, n’y étaient pas très favorables. Les nombreux contacts entrepris par les différents responsables avec plusieurs parties arabes et internationales montraient...

commentaires (4)

LES MEMES BOURDES SE REPETENT MAGISTRALEMENT POUR ENCENSER TOUS LES VENDUS ET TRAITRES AU LIBAN.

OLJ, LA CENSURE EST UNE HUMILIATION A VOS ABONNES

18 h 19, le 04 décembre 2021

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Commentaires (4)

  • LES MEMES BOURDES SE REPETENT MAGISTRALEMENT POUR ENCENSER TOUS LES VENDUS ET TRAITRES AU LIBAN.

    OLJ, LA CENSURE EST UNE HUMILIATION A VOS ABONNES

    18 h 19, le 04 décembre 2021

  • Tant que les vendus sont représentés dans les médias et surtout dans un journal éminemment libanais L’OLJ qui permet ce genre de chronique, on peut s’assoir sur notre souveraineté et notre dignité. Censurez donc et vous gagnerez le paradis des focus.

    Sissi zayyat

    12 h 03, le 04 décembre 2021

  • "chronique a fendre les coeurs oui !" chronique qui confirme -s'il en faut encore- combien les KELLON ont a coeur les interets de la nation. ZUT alors, je me repete- le faisons - a deblaterer inultilement sur cette constatation.

    Gaby SIOUFI

    10 h 32, le 04 décembre 2021

  • Je serai surement censure alors je me tais!

    Nassar Jamal

    07 h 17, le 04 décembre 2021

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