Une poignée de manifestants membres des familles des suspects détenus dans l’enquête sur la double explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth ont tenu un sit-in hier matin devant le Palais de justice de Beyrouth afin de réclamer le retour du juge d’instruction Tarek Bitar à son bureau, alors que l’enquête est suspendue en raison d’un recours présenté contre lui par des responsables politiques poursuivis par le magistrat.
Selon la chaîne LBCI, les manifestants ont affirmé être contre tout retard de l’émission de l’acte d’accusation dans cette enquête et ont plaidé en faveur d’un retour du juge Bitar au Palais de justice pour poursuivre l’enquête. Selon eux, « les personnes détenues sans jugement sont incarcérées injustement, surtout s’il s’avère qu’elles sont innocentes ».
Quinze mois après le drame qui a coûté la vie à plus de 200 personnes et fait 6 500 blessés, tout en ravageant des quartiers entiers de la capitale, l’enquête peine à avancer, face aux ingérences de différents partis politiques venus à la rescousse de leurs protégés. L’instruction est actuellement suspendue, après que le juge Habib Mezher a accepté une demande de récusation du juge Bitar déposée par l’ancien ministre Youssef Fenianos. M. Mezher a, depuis, été lui-même temporairement dessaisi de l’affaire après avoir fait l’objet de plusieurs plaintes qui l’accusent de s’être saisi illégalement du dossier. Tarek Bitar a engagé des poursuites contre plusieurs dirigeants et responsables sécuritaires qui tentent, par tous les moyens, d’obtenir sa récusation. Plusieurs responsables de second rang sont déjà sous les verrous suite à une décision du prédécesseur du juge Bitar, Fadi Sawan. Les familles de ces détenus réclament leur libération ou, a minima, l’accélération de l’enquête afin d’aboutir à un jugement.


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15 h 26, le 13 novembre 2021