Le président du syndicat des boulangeries du Liban-Nord, Tarek el-Mir, a mis en garde samedi contre une « grave pénurie » de farine, en particulier celle de type 85, en raison d’un manque de mazout chez les minotiers. Électricité du Liban (EDL) a sévèrement augmenté ses heures de rationnement, obligeant ainsi ces derniers à se tourner vers des générateurs privés.
Tarek el-Mir rejette la faute sur la forte augmentation des prix de l’énergie, qui ont connu des hausses fulgurantes depuis juin, en raison de la levée des subventions publiques; et sur le ministre de l’Économie et du Commerce Amine Salam, qui « ne garantit pas les droits des minoteries ». Toutes ces raisons font que les boulangeries du Liban-Nord « obtiennent moins du quart de la quantité de farine qu’elles recevaient auparavant », les poussant alors à recourir au marché noir. Les importations de blé sont presque les seules à être encore subventionnées par la Banque du Liban, qui fournit pour cette catégorie de biens 100 % des devises au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar, alors qu’un billet vert s’échange à plus de 20 000 livres.
Début septembre, l’ancien ministre de l’Économie Raoul Nehmé avait demandé aux boulangeries et aux minoteries d’envoyer chaque semaine les quantités de pain et de farine qu’ils possèdent, les accusant indirectement de stockage et de contrebande de pain et de farine subventionnés. Les professionnels de la filière ont rejeté ces accusations, soulignant plutôt que la faible production était la conséquence de la pénurie de carburant.


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