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Moyen-Orient - Coup D’État

Appels à libérer le Premier ministre retenu par l’armée soudanaise

Appels à libérer le Premier ministre retenu par l’armée soudanaise

Un jeune Soudanais, le drapeau de son pays noué autour du cou, manifeste dans une rue de Khartoum, le 28 octobre 2021. Photo AFP

Les appels à libérer le Premier ministre Abdallah Hamdok renversé au Soudan se sont multipliés hier, au lendemain du coup d’État mené par le chef de l’armée Abdel Fattah el-Burhane qui a affirmé retenir chez lui l’ex-chef du gouvernement.

Le général Burhane est seul aux commandes après avoir annoncé lundi la dissolution de toutes les institutions du Soudan et l’arrestation de ministres et responsables civils, un coup d’État dénoncé en Occident et que des milliers de Soudanais continuent de contester dans la rue.

Le centre de la capitale Khartoum reste bloqué par les manifestants avec des pierres, des branchages et des pneus brûlés, tandis que les forces de sécurité sont déployées avec leurs blindés sur les ponts et les grands axes, au lendemain de la mort de quatre manifestants par des tirs de l’armée, selon un syndicat de médecins prodémocratie.

Déjà coupés du monde avec des connexions internet et téléphoniques qui vont et viennent, les Soudanais ne peuvent désormais plus quitter le pays : les vols vers et depuis l’aéroport de Khartoum ont été suspendus jusqu’à samedi. L’aéroport, situé en plein centre-ville, est uniquement séparé par un grillage des avenues le bordant.

Englué depuis deux ans dans une transition tuée dans l’œuf, ce pays pauvre d’Afrique de l’Est est désormais plongé dans l’inconnu, alors que la chute du régime de l’autocrate Omar el-Bachir en 2019 sous la pression populaire et de l’armée et la signature d’accords avec les rebelles avaient fait croire à une issue après des décennies de crises.

Accusé d’avoir « trahi » la révolte de 2019, le général Abdel Fattah el-Burhane, lors d’une conférence de presse fleuve à Khartoum, a défendu son coup de force et l’armée. Il a affirmé avoir dissous les autorités chargées de mener la transition vers un pouvoir civil et des élections car « certains attaquaient l’armée », « composante essentielle de la transition ». « Oui, on a arrêté des ministres et des politiciens, mais pas tous », a-t-il ajouté en affirmant : le Premier ministre renversé Abdallah Hamdok est « chez moi ».

Réunion à l’ONU

Mais les propos du nouvel homme fort du Soudan n’ont visiblement pas rassuré. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a aussitôt appelé à libérer « immédiatement » M. Hamdok et les autres responsables « détenus illégalement », à quelques heures d’une réunion à huis clos des 15 membres du Conseil de sécurité sur le Soudan qui devait se tenir hier soir.

De même, le bureau de M. Hamdok a interpellé les « putschistes » sur son sort. Plusieurs pays et organisations ont appelé depuis lundi à libérer le Premier ministre renversé. Lundi, ce dernier, son épouse, plusieurs de ses ministres et les dirigeants civils ont été emmenés par les militaires.

Le général Burhane a promis un gouvernement « compétent » pour bientôt, mais son coup de force a suspendu de fait la transition dans un pays resté sous la férule de l’armée quasiment en continu depuis son indépendance.

Après la proclamation de la « désobéissance civile », des milliers de Soudanais campent depuis lundi dans la rue pour protester contre le coup d’État militaire. Ils veulent, disent-ils, « sauver » la révolution qui a renversé le général Bachir, au prix d’une répression qui avait fait plus de 250 morts. Même si l’on sait maintenant où est le chef du gouvernement, « on ne quittera la rue qu’une fois le gouvernement civil réinstallé », a affirmé Hocham el-Amine, ingénieur de 32 ans. « On n’acceptera plus jamais de partenariat avec l’armée. »

« Ambassades du peuple »

« Un usage de la force n’entraînerait pas seulement un bain de sang (...) mais pourrait aussi mener à un face-à-face prolongé qui fermerait la porte à la résolution de la crise », a averti le cercle de réflexion International Crisis Group, en commentant la mort de manifestants lundi.

Face au coup d’État, les États-Unis ont suspendu une aide de 700 millions de dollars au Soudan. Et pour la troïka – États-Unis, Grande-Bretagne et Norvège – à la manœuvre sur le dossier soudanais, « les actions des militaires trahissent la révolution et la transition ».

Les ambassadeurs soudanais auprès de la France, de la Belgique et de l’Union européenne et de la Suisse ont dénoncé le coup d’État et proclamé leurs ambassades comme celles du « peuple et de sa révolution ».

Pour manifestants et experts, la possibilité d’un retour au règne sans partage des militaires est plus réaliste que jamais.

Seul Moscou a vu dans le coup de force « le résultat logique d’une politique ratée » accompagnée d’« une ingérence étrangère d’ampleur », dans un pays où Russes, Turcs, Américains ou encore Saoudiens se disputent l’influence, surtout sur les ports de la mer Rouge, stratégiques pour leurs flottes.

Source : AFP

Les appels à libérer le Premier ministre Abdallah Hamdok renversé au Soudan se sont multipliés hier, au lendemain du coup d’État mené par le chef de l’armée Abdel Fattah el-Burhane qui a affirmé retenir chez lui l’ex-chef du gouvernement.Le général Burhane est seul aux commandes après avoir annoncé lundi la dissolution de toutes les institutions du Soudan et l’arrestation de ministres et responsables civils, un coup d’État dénoncé en Occident et que des milliers de Soudanais continuent de contester dans la rue.Le centre de la capitale Khartoum reste bloqué par les manifestants avec des pierres, des branchages et des pneus brûlés, tandis que les forces de sécurité sont déployées avec leurs blindés sur les ponts et les grands axes, au lendemain de la mort de quatre manifestants par des tirs de l’armée,...
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