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Moyen-Orient - Diplomatie

Erdogan ordonne l’expulsion des ambassadeurs mobilisés en faveur d’un opposant

Dix diplomates – dont ceux de France, d’Allemagne et des États-Unis – avaient réclamé la libération de Osman Kavala, emprisonné depuis quatre ans sans jugement et accusé de vouloir déstabiliser le pays.

Erdogan ordonne l’expulsion des ambassadeurs mobilisés en faveur d’un opposant

Des avocats et membres de l’opposition rassemblés devant le Palais de justice, alors que débute le procès d’Osman Kavala et de 15 autres personnes, jugés pour leur rôle supposé dans des manifestations en 2013. Istanbul, le 21 mai 2021. «  Gezi ne peut pas être jugé  », indique la banderole. Dilara Senkaya/ File Reuters

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé samedi avoir ordonné l’expulsion, « au plus vite », des dix ambassadeurs, dont ceux de France, d’Allemagne et des États-Unis, qui ont réclamé la libération de l’opposant Osman Kavala. « J’ai ordonné à notre ministre des Affaires étrangères de déclarer au plus vite ces dix ambassadeurs personae non gratae », a affirmé le chef de l’État lors d’un déplacement dans le centre de la Turquie, sans préciser la date à laquelle les diplomates devront partir. Ces diplomates « doivent connaître et comprendre la Turquie », a poursuivi M. Erdogan en les accusant « d’indécence ». « Ils devront quitter » le pays « s’ils ne le connaissent plus », a-t-il ajouté.

Mesure rare dans les relations internationales, déclarer « personae non gratae » des diplomates ouvre la voie à leur expulsion ou leur rappel par leur propre pays. Selon une source diplomatique allemande, les dix pays concernés se concertaient samedi soir, sans avoir toutefois reçu de notification officielle de la mesure. « Du matin au soir, ils (les diplomates) répètent : Kavala, Kavala... Mais celui dont vous parlez, Kavala, c’est l’agent de Soros en Turquie », a affirmé le président durant une réunion publique, faisant une nouvelle fois référence au milliardaire américain d’origine hongroise George Soros auquel il compare régulièrement l’opposant.

Emprisonné depuis quatre ans sans jugement, Osman Kavala est accusé depuis 2013 par le régime de vouloir déstabiliser la Turquie. Dans un communiqué publié lundi dernier, le Canada, la France, la Finlande, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède et les États-Unis ont appelé à un « règlement juste et rapide de l’affaire » Osman Kavala, homme d’affaires et mécène turc devenu une des bêtes noires du régime, emprisonné depuis quatre ans sans jugement. Dès le lendemain, leurs ambassadeurs étaient convoqués au ministère des Affaires étrangères, les autorités turques jugeant « inacceptable » leur démarche. Le chef de l’État turc avait ensuite brandi la menace d’une expulsion à son retour d’une tournée africaine, jeudi.

Les réactions

Parmi les premiers pays à réagir, samedi soir, la Suède, la Norvège, le Danemark et les Pays-Bas ainsi que l’Allemagne ont fait savoir qu’ils n’avaient reçu aucune notification officielle concernant leurs ambassadeurs respectifs à ce stade. Un peu plus tard, les États-Unis ont fait de même. « Nous sommes au courant de ces informations et cherchons à en savoir plus auprès du ministère turc des Affaires étrangères », a indiqué samedi un porte-parole du département d’État américain. « Notre ambassadeur n’a rien fait qui puisse justifier l’expulsion », a affirmé une porte-parole du ministère norvégien des Affaires étrangères, Trude Måseide, citée par l’agence de presse NTB, ajoutant que son pays « continuera d’exhorter la Turquie à adhérer aux normes démocratiques ».

« Nous sommes actuellement en consultation intensive avec les neuf autres pays concernés », a de son côté annoncé le ministère allemand des Affaires étrangères. Plusieurs parlementaires néerlandais ont réagi sur les réseaux sociaux. « À juste titre, l’ambassadrice néerlandaise en Turquie a entre autres appelé à mettre en œuvre les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme. Désormais, les 27 pays de l’UE doivent se rallier à cela », a tweeté la parlementaire travailliste Kati Piri.

En décembre 2019, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait ordonné la « libération immédiate » de M. Kavala, en vain. À 64 ans, cette figure majeure de la société civile, homme d’affaires richissime et philanthrope, né à Paris, a été maintenue en détention début octobre par un tribunal d’Istanbul, qui a estimé « manquer d’éléments nouveaux pour le remettre en liberté ». Osman Kavala, qui a toujours nié les charges pesant contre lui, comparaîtra de nouveau le 26 novembre. Arrêté initialement pour sa participation au mouvement antigouvernemental dit de Gezi en 2013, époque à laquelle M. Erdogan était Premier ministre, il a ensuite été accusé de tentative de coup d’État et d’espionnage.

Dans un entretien récent à l’AFP, M. Kavala a estimé que sa détention permet au régime de M. Erdogan de justifier ses « thèses complotistes ». « Considérant qu’un procès équitable n’est plus possible dans ces circonstances, je pense que cela n’a aucun sens pour moi d’assister aux audiences à venir », a-t-il annoncé vendredi via ses avocats. Le Conseil de l’Europe a récemment menacé la Turquie de sanctions, qui pourront être adoptées lors de sa prochaine session (du 30 novembre au 2 décembre) si l’opposant n’est pas libéré d’ici là. Le chef de l’opposition Kemal Kiliçdaroglu a quant à lui estimé que la menace d’une prochaine expulsion des ambassadeurs risquait de « précipiter le pays dans le gouffre ».

Source : AFP


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé samedi avoir ordonné l’expulsion, « au plus vite », des dix ambassadeurs, dont ceux de France, d’Allemagne et des États-Unis, qui ont réclamé la libération de l’opposant Osman Kavala. « J’ai ordonné à notre ministre des Affaires étrangères de déclarer au plus vite ces dix ambassadeurs personae non...

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WOW ! qui dit qu'un president de la republique ne peut pas etre soumis a enquete sanitaire relative a sa sante cerebrale ?

Gaby SIOUFI

09 h 28, le 25 octobre 2021

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Commentaires (1)

  • WOW ! qui dit qu'un president de la republique ne peut pas etre soumis a enquete sanitaire relative a sa sante cerebrale ?

    Gaby SIOUFI

    09 h 28, le 25 octobre 2021

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