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Moyen-Orient - Diplomatie

Erdogan menace d’expulser dix ambassadeurs après un appel en faveur d’un opposant

Lundi soir, le Canada, la France, la Finlande, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède et les États-Unis avaient réclamé, dans un communiqué commun, un « règlement juste et rapide de l’affaire » Osman Kavala.

Erdogan menace d’expulser dix ambassadeurs après un appel en faveur d’un opposant

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, le 29 septembre 2021 à Sotchi, en Russie. Vladimir Smirnov/Sputnik/Pool via Reuters

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé hier d’expulser les ambassadeurs de dix pays, dont la France, l’Allemagne et les États-Unis, après un appel lancé en faveur de la libération de l’opposant et mécène Osman Kavala. « J’ai dit à notre ministre des Affaires étrangères que nous ne pouvons plus nous permettre de les accueillir dans notre pays », a déclaré M. Erdogan, selon des propos rapportés hier par plusieurs médias turcs. Cette menace de sanctions contre les principaux pays occidentaux a été relayée par la presse progouvernementale quelques heures seulement avant que le GAFI, le Groupe d’action financière, annonce le placement du pays sous surveillance.

Les pays sont généralement informés en amont de la décision, rendue publique en fin de journée. La Turquie rejoint ainsi l’infâme « liste grise » du GAFI pour ses manquements dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Elle y retrouve des pays comme le Panama, la Syrie, le Pakistan ou le Zimbabwe. Malgré « un certain nombre de progrès » dans ces domaines depuis 2019, a souligné l’organisation, « de sérieux problèmes demeurent ».

Lundi soir, le Canada, la France, la Finlande, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède et les États-Unis avaient réclamé, dans un communiqué commun, un « règlement juste et rapide de l’affaire » Osman Kavala, éditeur et mécène turc devenu une bête noire du régime, emprisonné depuis quatre ans sans jugement.

Retard persistant

Les diplomates estimaient notamment que « le retard persistant (pris par) son procès (...) jette une ombre sur le respect de la démocratie, de l’État de droit et de la transparence du système judiciaire turc ». « Est-ce à vous de donner une leçon à la Turquie ? Qui êtes-vous ? », a réagi hier le président turc de retour d’une tournée africaine, soulignant que la justice turque est « indépendante ». Dès le lendemain de leur communiqué, les ambassadeurs de ces dix pays avaient été convoqués par le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, qui jugeait « inacceptable » leur appel en faveur de Osman Kavala.

Figure majeure de la société civile, Osman Kavala est accusé depuis 2013 par le régime du président Erdogan de chercher à déstabiliser la Turquie. En décembre 2019, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait ordonné sa « libération immédiate » – en vain. À 64 ans, Osman Kavala, homme d’affaires richissime et philanthrope né à Paris, a été maintenu en détention début octobre par un tribunal d’Istanbul qui a argué « manquer d’éléments nouveaux pour le remettre en liberté ».

Complot

Osman Kavala, qui a toujours nié les charges pesant contre lui, risque la prison à vie. Il comparaîtra de nouveau le 26 novembre. Arrêté initialement pour sa participation au mouvement antigouvernement dit de Gezi en 2013 – du nom d’un parc proche de la place Taksim à Istanbul – M. Erdogan était alors Premier ministre – il a ensuite été accusé de tentative de coup d’État et d’espionnage.

Dans un entretien à l’AFP, Osman Kavala a estimé la semaine dernière que sa détention permet au régime de Recep Tayyip Erdogan de justifier ses « thèses complotistes ». « Puisque je suis accusé d’avoir pris part à un complot organisé par des puissances étrangères, me libérer affaiblirait cette fiction et ce n’est certainement pas ce que le gouvernement souhaite », relevait-il. Le Conseil de l’Europe a menacé Ankara de sanctions, qui pourront être adoptées lors de sa prochaine session (30 novembre au 2 décembre) si l’opposant n’est pas libéré d’ici là.

Source : AFP


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé hier d’expulser les ambassadeurs de dix pays, dont la France, l’Allemagne et les États-Unis, après un appel lancé en faveur de la libération de l’opposant et mécène Osman Kavala. « J’ai dit à notre ministre des Affaires étrangères que nous ne pouvons plus nous permettre de les accueillir dans notre pays », a déclaré...

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