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Moyen-Orient - Troubles

À Khartoum, les appels au calme se multiplient avant une cruciale journée de manifestation

Deux démonstrations de force rivales, pro et antimilitaires, doivent se tenir aujourd’hui dans la capitale soudanaise.

À Khartoum, les appels au calme se multiplient avant une cruciale journée de manifestation

Des manifestants soudanais demandent la dissolution du gouvernement de transition, à Khartoum, le 18 octobre 2021. Ashraf Shazly/AFP

Les organisateurs de manifestations rivales, pro et antimilitaires, ont appelé hier leurs partisans au calme, à la veille d’une journée déterminante pour la transition soudanaise et qui fait redouter des tensions. En 2019, les Soudanais se sont soulevés contre Omar el-Béchir. Réunis au sein d’une coalition appelées les Forces pour la liberté et le changement (FLC), ils sont parvenus à pousser l’armée à démettre l’autocrate après 30 ans de dictature. Aujourd’hui, les FLC sont divisées.

Si le canal historique continue de revendiquer un transfert complet du pouvoir aux civils, une faction qui a récemment fait sédition mobilise depuis samedi ses partisans, organisant un sit-in annoncé comme « illimité » devant le palais présidentiel de Khartoum. Réclamant par milliers « un gouvernement militaire », ils sont bien décidés à rester, aujourd’hui y compris. Ce même jour, le canal historique des FLC prévoit quant à lui une « manifestation d’un million de personnes », à Khartoum et dans les autres villes du Soudan, afin de réclamer la poursuite de la transition censée mener à des élections fin 2023 pour former un gouvernement civil.

Ces deux démonstrations de force rivales font redouter des tensions dans un pays englué dans le marasme politique et économique, et déstabilisé par une tentative de putsch le 21 septembre. Signe que la rivalité ne faiblit pas, les deux camps ont tenu hier des conférences de presse simultanées. Le chef du Mouvement de libération du Soudan (MLS), Minni Minawi, l’un des chefs des proarmée désormais gouverneur du Darfour (Ouest), a appelé à faire du « 21 octobre une journée de tolérance, et non d’incitation à la violence ». « Nous refusons fermement les attaques ou le recours à toute forme de violence », a renchéri le ministre des Finances Jibril Ibrahim, lui aussi chef des proarmée.

Éviter l’affrontement

Au même moment, Ali Ammar, porte-parole des Comités de résistance des quartiers résidentiels, une organisation qui a joué un rôle-clé dans la « révolution » de 2019, a annoncé le choix d’un itinéraire pour la manifestation procivils afin d’éviter les heurts. « Nous n’irons ni aux abords du palais présidentiel ni près du bâtiment du gouvernement », où la police a récemment dispersé des promilitaires, « pour éviter tout affrontement avec le sit-in comme certains (le) voudraient », a-t-il dit.

Alors que le gouvernement soudanais a déjà mis en garde contre toute « escalade » lundi, l’ambassade américaine à Khartoum a dit hier « encourager les manifestants au pacifisme ». Sur Twitter, elle a également « rappelé le soutien ferme des États-Unis à la transition démocratique au Soudan ».

Depuis plusieurs jours, Khartoum – dont la transition semble de plus en plus fragilisée – connaît un véritable ballet diplomatique. Hier, le haut diplomate américain Payton Knopf a rencontré des responsables à Khartoum. Et cela avant une visite en fin de semaine de l’émissaire des États-Unis pour la Corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman, selon l’agence officielle SUNA. Mardi déjà, Vicky Ford, en charge de l’Afrique au sein de la diplomatie britannique, s’était rendue à Khartoum pour discuter de la transition.

Le général Abdel Fattah

el-Burhane, chef du Conseil de souveraineté qui dirige la transition, avait, lui, assuré à son ambassadeur être « engagé pour le succès de la transition vers des élections libres et transparentes afin de former un gouvernement civil élu ». C’est actuellement ce Conseil de souveraineté composé de militaires et de civils qui supervise la transition avec le gouvernement emmené par le technocrate Abdallah Hamdok, un ancien économiste de l’ONU. Si, au début, les slogans l’épargnaient, la manifestation dispersée lundi s’est faite aux cris de « À bas Hamdok ! »

Source : AFP


Les organisateurs de manifestations rivales, pro et antimilitaires, ont appelé hier leurs partisans au calme, à la veille d’une journée déterminante pour la transition soudanaise et qui fait redouter des tensions. En 2019, les Soudanais se sont soulevés contre Omar el-Béchir. Réunis au sein d’une coalition appelées les Forces pour la liberté et le changement (FLC), ils sont parvenus...

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