La forte hausse des cours du gaz tire dans une moindre mesure un pétrole devenu plus compétitif, une partie de la demande dédiée à la production d’électricité et au chauffage étant susceptible de se reporter vers l’or noir cet hiver. Ce surcroît de consommation pourrait amener l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés, qui se réunissent aujourd’hui, à revoir à la hausse leurs plans de production.
Le report d’une partie de la demande de gaz vers le brut proviendrait « pour moitié par la production d’électricité en Asie, pour l’autre, plus incertaine, d’un effet de couverture en cas d’hiver plus froid que la normale dans l’hémisphère nord », explique Bjornar Tonhaugen, analyste à Rystad Energy. Au niveau mondial, la part du pétrole dans la production d’électricité est très faible : moins de 3 % en 2019 selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), loin derrière le charbon (36,7 %) et le gaz naturel (23,5 %).
La demande supplémentaire de pétrole liée à l’effet d’aubaine qu’il représente vis-à-vis du gaz est difficile à évaluer, mais serait de « 320 000 barils par jour au cours des six prochains mois en Asie et en Europe », selon les estimations de S&P Global Platts. Goldman Sachs monte « jusqu’à 1,35 million de barils par jour pour la production d’électricité et 600 000 barils par jour dans l’industrie en Asie et en Europe » si les prix du gaz continuent à crever le plafond. Ce volume ne représente cependant que 2 % de la demande mondiale de pétrole, qui devrait passer l’an prochain la barre des 100 millions de barils par jour, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). « Bien que gérable du point de vue du marché pétrolier, un tel choc représenterait néanmoins une hausse de 5 dollars par baril », reprennent les analystes de la banque américaine, car l’offre de brut peine déjà à répondre à la demande actuelle.


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