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Économie - Conjoncture

Les réformes, meilleure stratégie de « survie » pour la classe politique, juge Goldman Sachs

Un financier souligne que l’une des particularités de ce rapport est que la banque y confirme son alignement sur les estimations des pertes du secteur financier figurant dans le plan de redressement réalisé en 2020, sous le gouvernement de Hassane Diab.

Les réformes, meilleure stratégie de « survie » pour la classe politique, juge Goldman Sachs

Goldman Sachs anticipe que le montant total des eurobonds subira une décote (haircut) de 75 % de leur valeur nominale (au moment de l’achat). Photo d’archives AFP

Cette semaine qui a démarré par l’intronisation du gouvernement de Nagib Mikati aura été placée sous le signe du grand retour du débat sur la dette libanaise. Si les créanciers du pays, qui rappelle-t-on avait fait défaut en mars 2020 sur ses obligations en devises (eurobonds), se sont rappelés au bon souvenir des responsables dans la foulée du vote de confiance du Parlement au nouvel exécutif, la banque Goldman Sachs a publié jeudi un rapport informant les détenteurs de ces mêmes titres des perspectives possibles à ce stade. Une synthèse d’une quinzaine de pages que L’Orient-Le Jour a pu consulter et dans laquelle la banque estime sans ambages que « les réformes pourraient devenir la meilleure stratégie de survie pour la classe politique actuelle ». Une partie des données figurant dans ce rapport ont été relayées notamment par le Daily Star.

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Goldman Sachs justifie son constat en mettant en avant l’ampleur du « mécontentement populaire actuel » à l’encontre de la classe dirigeante qui, si le tir n’est pas rapidement corrigé, pourra rendre le « modèle politique actuel intenable », craignant un autre mouvement de contestation d’ampleur du même calibre que celui qui avait démarré le 17 octobre 2019, voire de sérieux « troubles civils ». La banque relativise elle-même ce scénario en jugeant toutefois « incertain » que le climat actuel puisse modifier le statu quo politique. Des observations que l’expert financier Mike Azar appelle à remettre en contexte. « Ce constat a été établi par les équipes de la banque d’investissement qui sont chargées d’évaluer le risque politique et se basent sur un suivi de l’actualité. Il faut donc les aborder avec le recul nécessaire », explique-t-il.

Haircut de 75 %

Mike Azar souligne cependant que l’une des particularités de ce rapport est que la banque y confirme son alignement sur les estimations des pertes du secteur financier figurant dans le plan de redressement réalisé en 2020 sous le gouvernement de Hassane Diab, en amont des négociations qui devaient permettre de décrocher une assistance financière du Fonds monétaire international. Goldman Sachs estime en effet les dettes de la Banque du Liban au secteur bancaire (soit donc les pertes des banques liées à leurs placements à la BDL si l’on se base sur le plan de redressement économique) s’élèvent à 60 milliards de dollars, tandis que la banque centrale affiche un bilan négatif de 57 milliards de dollars, sans compter les réserves d’or qui atteignent 16,6 milliards de dollars à mi-septembre, selon les derniers chiffres officiels. Le bilan négatif équivaut à la différence entre les engagements de la BDL en devises qui atteignent 70 milliards de dollars et ses réserves qui n’en totalisent que 13 milliards de dollars selon la banque, correspondant aux réserves obligatoires des banques lesquelles ne peuvent pas en principe être utilisées. La banque souligne que le processus de répartition des pertes sera un sujet de débat politique féroce, comme cela avait d’ailleurs été le cas au printemps 2020, quand le gouvernement avait publié son plan de redressement.

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Autre donnée importante mise en avant dans le rapport : Goldman Sachs anticipe que le montant total des eurobonds – les titres de dette en devises émis par le Liban et sur lesquels le pays a fait défaut en mars 2020 – subiront une décote (haircut) de 75 % de leur valeur nominale (au moment de l’achat). En cas de restructuration de la dette de 97,8 milliards de dollars, dont 36,8 milliards d’eurobonds à fin avril selon les derniers chiffres publiés, les investisseurs récupèreront entre 15 et 20 cents de dollar par dollar investi, ce qui correspond à l’évaluation actuelle du marché, poursuit la banque. Elle ajoute que le ratio dette/PIB actuel du pays est actuellement de 300 %, en tenant compte du taux de change sur le marché parallèle (qui devrait atteindre 14 000 livres en moyenne à fin 2021 contre 16 000 livres pour un dollar hier). Un ratio identique à celui dégagé en début de semaine par l’Institut de la finance internationale (299,5 % avec un taux de change de 13 569 livres en moyenne sur l’année).

Sur le plan économique, Goldman Sachs juge que le Liban pourrait renouer avec la croissance dès 2022, avec un rebond de 2 % – soit deux fois moins que les 4,1 % anticipés par l’IFI – après plusieurs années dans le rouge. Ce scénario ne se concrétisera cependant que si le Liban met enfin en place les réformes demandées par ses soutiens et obtient une assistance financière du FMI.


Cette semaine qui a démarré par l’intronisation du gouvernement de Nagib Mikati aura été placée sous le signe du grand retour du débat sur la dette libanaise. Si les créanciers du pays, qui rappelle-t-on avait fait défaut en mars 2020 sur ses obligations en devises (eurobonds), se sont rappelés au bon souvenir des responsables dans la foulée du vote de confiance du Parlement au...

commentaires (5)

c'est malgre moi, je ne puis m'empecher d'avoir pitie de ces mssrs/cette dame a avoir accepte ce boulot "dirige" appele ministre ! alors qu'ils savent pertinament, (sinon c'est encore pire), ils savent donc que la cle de toute avancee equivaut au mot REFORMES, et que REFORMES restera impossible a realiser.

Gaby SIOUFI

10 h 32, le 25 septembre 2021

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Commentaires (5)

  • c'est malgre moi, je ne puis m'empecher d'avoir pitie de ces mssrs/cette dame a avoir accepte ce boulot "dirige" appele ministre ! alors qu'ils savent pertinament, (sinon c'est encore pire), ils savent donc que la cle de toute avancee equivaut au mot REFORMES, et que REFORMES restera impossible a realiser.

    Gaby SIOUFI

    10 h 32, le 25 septembre 2021

  • Depuis les années 90, les milices au pouvoir ont empêché la hausse des tarifs, ont favorisé le vol du courant, et aussi ont même empêché de collecter les recettes dans les zones de leurs partisans. Et on se demande comment il y a eu un déficit de 40 milliards de dollars !

    Esber

    10 h 11, le 25 septembre 2021

  • La plus importante réforme est celle de l'électricité. A condition de la privatiser complètement.

    Esber

    10 h 05, le 25 septembre 2021

  • Encore un article de grands experts financiers qui veulent faire supporter le DÉFAUT DE PAIEMENT DE LA RÉPUBLIQUE LIBANAISE aux banques et donc aux déposants. NON NON ET NON. C’est l’Etat libanais qui s’est endetté pour dépenser à tort et à travers et surtout à enrichir les corrompus de la classe politique et leurs proches. Il appartient à l’Etat libanais de rembourser ses dettes. L’Etat n’a qu’à commencer à vendre ses actifs tels que l’immobilier, la MEA, le Casino du Liban … mais toutes ces institutions sont une fois de plus les vaches à lait de cette classe politique pourrie précitée. Les déposants ne paieront pas l’enrichissement inouï des dirigeants politiques des 30 dernières tous bords confondus et s’ils y sont contraints, croyez moi ces dirigeants ont intérêt à fuir le pays tout de suite car au mieux ils seront lynchés par les foules en colère

    Censuré par l’OLJ

    09 h 55, le 25 septembre 2021

  • Ou ces cretins de Godman Sachs n'ont rien compris, ou alors ils sont de mauvaise foi. La mere de toutes les reformes au Liban c'est l'elimination de la classe politique actuelle.

    Michel Trad

    09 h 27, le 25 septembre 2021

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