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Campus - DISTINCTION

Sama Beydoun, un regard vivifiant sur Beyrouth

Explorant les quartiers de la ville, le projet de fin d’études de l’étudiante à l’AUB, « Beirut Street Museum », est récompensé de deux prix aux Paris Design Awards 2021, dans les catégories « Design d’intelligence artificielle » et « Design interactif », et lui vaut le titre de « Graphiste émergent de l’année 2021 ».

Sama Beydoun, un regard vivifiant sur Beyrouth

Sama Beydoun a été désignée « Graphiste émergent de l’année 2021 ». Photo Rami Ghorra

Fascinée par la ville de Beyrouth, passionnée par ses histoires et la culture visuelle qui la composent, Sama Beydoun en fait le sujet de son projet de fin d’études en design graphique à l’Université américaine de Beyrouth (AUB). Deux ans après l’obtention de sa licence en arts graphiques, le projet de la jeune Libanaise, intitulé « Beirut Street Museum », qui avait remporté en 2019 la 2e place à l’Areen Award of Excellency in Graphic Design, délivré par l’AUB, reçoit deux prix aux Paris Design Awards 2021, dans les catégories « Design d’intelligence artificielle » et « Design interactif ». Des récompenses synonymes d’une reconnaissance internationale pour cette étudiante qui effectue actuellement son MBA en design et stratégie à l’École de communication visuelle (ECV Paris). « L’intérêt envers mon projet s’élargit au-delà de mes attentes, surtout quand le climat national est si alarmant », confie la jeune lauréate, en ajoutant : « Je tiens depuis toujours à représenter le Liban sous une perspective locale, différente du portrait présenté dans les médias internationaux, en célébrant les particularités et les petites choses qui font qu’on aime ce pays, ou qu’on a choisi de l’aimer, malgré tout. » Afin de mettre en valeur sa vision de l’aspect urbain, Sama Beydoun a créé comme projet un musée conceptuel, une expérience qu’elle a voulu accessible à tous, contrairement à la structure conventionnelle des institutions du monde de l’art qu’elle décrit d’élitiste. « Le musée prend place dans les rues de la ville, sans extraire l’objet de son environnement, de sorte à ce que chaque ballade urbaine soit une ballade de musée », souligne Sama Beydoun, ajoutant que le « Beirut Street Museum » parle le langage de ses habitants. À travers une série d’affiches collées sur les murs de différents quartiers, animées par la réalité augmentée via une application conçue pour le projet, « Beirut Street Museum » « a pris vie comme une invitation à déambuler dans les rues de la ville, en remarquant les manifestations informelles, comme une tentative de considérer ou de reconsidérer notre culture visuelle », explique Sama Beydoun.

Un musée de rue témoin de son temps

Parmi ces manifestations figure la chaise blanche en plastique, point de départ du projet. « On la retrouve dans les espaces urbains sans pour autant questionner sa présence », remarque cette étudiante. Posé sur le bord de la route, cet objet perd sa fonction initiale, signalant par contre l’interdiction de se garer. « Cela est devenu, depuis longtemps déjà, un langage insinué, signifié, qui met en scène une communication non verbale et non apprise. Tout le monde sait que s’il y a une chaise, une roue remplie de ciment, un pot de fleur, un bloc de béton qui sert normalement à la construction, on ne peut pas se garer », continue Sama Beydoun. Relevant ce phénomène urbain, « ce langage visuel local à esprit populaire », celle-ci explore la ville, recherchant des situations où sont improvisées des solutions aux obstacles, où se manifestent aussi les priorités ou les valeurs des locaux. « Les objets réinventés, les graffitis sur les murs, les posters politiques et les statues religieuses deviennent les ingrédients d’une recette créative faite de ressources accessibles, à coûts négligeables, qui jouent, voyagent et changent de rôles entre les immeubles de la ville », affirme-t-elle.

Ce musée participatif met ainsi en valeur des éléments éphémères, tirés du paysage urbain, laissant transparaître une trace humaine, qu’elle soit accidentelle ou intentionnelle. Une collection d’images qui contribuent à l’identité de la capitale libanaise. « C’est la documentation d’indicateurs qui fait que ce projet soit d’une certaine manière témoin de son temps », estime Sama Beydoun, qui a souhaité porter un nouveau regard sur la ville.

Si cette dernière a plutôt travaillé sur les quartiers de Mar Mikhaël, Geitaoui, Ras el-Nabeh, Noueiry, Mar Élias et Mousseitbé, elle avoue s’être appuyée sur une documentation venant d’un peu partout, en préparant son projet. D’ailleurs, Sama Beydoun affirme que « ce phénomène est présent dans des pays ou des villes émergentes dont les problèmes donnent la possibilité de penser à des solutions ». Sur ce, elle considère que l’idée du musée de rue est une étude anthropologique visuelle, pouvant être adaptée à toute ville « qui ressent le besoin de s’exprimer à travers la manipulation de son espace et de ce qui l’occupe, et où il y a la liberté de s’approprier, à un certain degré, l’espace public ».

Pour en savoir plus sur le projet de Sama Beydoun, c'est ici et ici






Fascinée par la ville de Beyrouth, passionnée par ses histoires et la culture visuelle qui la composent, Sama Beydoun en fait le sujet de son projet de fin d’études en design graphique à l’Université américaine de Beyrouth (AUB). Deux ans après l’obtention de sa licence en arts graphiques, le projet de la jeune Libanaise, intitulé « Beirut Street Museum », qui avait...

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