Le ministre sortant de la Santé Hamad Hassan a publié hier une décision dans laquelle il demande aux importateurs et distributeurs de produits pharmaceutiques de désormais fixer les prix des médicaments non subventionnés en tenant compte d’un taux dollar/livre équivalent à 80 % de celui du marché parallèle (19 500 livres pour un dollar hier). Le taux applicable sera mis à jour chaque deux semaines, sauf dans le cas de fortes fluctuations de la livre à la hausse ou à la baisse (avec une amplitude de 10 %). Ce taux était fixé en totalité depuis début août à 12 000 livres.
La mesure, qui n’avait pas encore été suivie par la publication de la liste des nouveaux prix par le ministère hier soir, doit en principe être appliquée jusqu’à la fin de l’année. Les médicaments non subventionnés sont ceux qui ne sont liés ni au traitement des maladies chroniques ni à ceux qui « sauvent des vies », a rappelé à L’Orient-Le Jour le président du syndicat des importateurs de médicaments Karim Gebara, qui évoque une mesure « exceptionnelle et provisoire ». Selon lui, cette méthode de calcul implique que les acteurs de la filière locale et internationale « fassent tous deux un effort » concernant leurs marges.
Dans le cas où les exportateurs refuseraient cette perspective, ce seront donc les acteurs locaux, soit les importateurs, qui devront supporter la perte occasionnée. Une perspective que Karim Gebara juge compliquée dans la mesure où « la solidité financière des sociétés locales a été mise à l’épreuve ces deux dernières années de crise pendant lesquelles elles ont été obligées de vendre leurs produits à des prix en livres calculés en fonction du taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar ». Or, si ces produits bénéficiaient en théorie des mécanismes de subvention mis en place par la Banque du Liban, ces derniers ont cessé de fonctionner correctement depuis plusieurs mois.


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