Le président du syndicat des boulangers, Ali Ibrahim, a annoncé hier à l’Agence nationale d’information (ANI) que le ministre sortant de l’Économie et du Commerce, Raoul Nehmé, aurait demandé aux minotiers de ne pas distribuer de farine aux boulangeries. Une déclaration qui interpelle dans la mesure où cette décision ne s’appliquera qu’à partir de la semaine prochaine et qui ne concernera que les boulangeries qui n’ont pas fourni les informations demandées au ministère, dans le but de lutter contre le stockage et la contrebande de farine et de pain. Ali Ibrahim a mis en garde contre une « crise du pain », alors que le pays poursuit sa chute économique, marquée par de nombreuses pénuries.Hier encore, le ministre a formulé de nouvelles exigences aux acteurs de la filière du pain, notamment aux minotiers qui, à partir du 8 septembre (mercredi prochain), ne pourront plus livrer aucun type de farine aux boulangeries listées par le ministère chaque lundi soir comme n’ayant pas respecté ses demandes. Le ministère, très actif cette semaine, a en effet demandé en début de semaine aux boulangeries de lui envoyer chaque lundi le nombre de paquets de pain vendus aux clients et aux distributeurs, en précisant les noms et numéros de téléphone de ces derniers. Le lendemain, Raoul Nehmé a sommé les minotiers de spécifier le nom de leurs clients, ainsi que les types de farine et de levure livrées.Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’un bras de fer entre les professionnels de la filière, accusés par le ministère de stockage de pain et de farine subventionnés, de vente à un prix supérieur à celui des prix officiels et de contrebande. Les importations de blé sont subventionnées au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar depuis octobre 2019 et la couverture est passée de 85 % à 100 % à fin mars.
Ali Ibrahim a d’ailleurs indiqué qu’uniquement « 50 % de la quantité de farine a été distribuée », confirmant alors les propos du ministre, mais expliquant dans le même temps que la baisse de la production est due à la difficulté de se fournir en mazout, nécessaire pour que les générateurs privés fournissent de l’électricité lors des heures de rationnement d’Électricité du Liban (EDL). Mardi, les boulangers avaient d’ailleurs mis en garde contre une fermeture des boulangeries en raison du mazout.


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