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Société - Pénuries D'hydrocarbures Au Liban

Le chaos s'étend, l'armée poursuit ses perquisitions et redistribue le carburant saisi

Plus de quatre millions de litres d'essence et deux millions de litres de mazout confisqués en trois jours, annonce la troupe.

Le chaos s'étend, l'armée poursuit ses perquisitions et redistribue le carburant saisi

Une route bloquée au niveau de Beddaoui (Liban-nord) le 18 août 2021. Photo Michel Hallak

Tandis que le Liban continue de s'enfoncer dans le chaos, les incidents aux abords des stations-service et les coupures de route se sont poursuivis mercredi, en dépit des efforts de l'armée libanaise de saisir les stocks de carburants illégalement cachés et de les redistribuer ensuite. 

Les pénuries d'hydrocarbures qui s'accentuent paralysent en effet de nombreux secteurs et acheminent l'ensemble du Liban vers le black-out et une paralysie totale. Elles se sont aggravées après la décision prise le 11 août par la Banque du Liban (BDL) de supprimer les subventions sur le carburant, une décision contestée par le gouvernement et qui, si elle devait être appliquée, entraînerait une hausse de plus de 300% des prix de l'essence et du mazout. Un accord avait toutefois été conclu samedi entre la banque centrale et le ministère de l'Énergie pour écouler les stocks restants de carburant importé au taux subventionné de 3.900 LL pour un dollar. Le ministère n'a pas publié de nouveaux tarifs, comme c'est son habitude le mercredi. Les prix de la semaine dernière demeurent en vigueur et les stocks d'essence ne sont pas renouvelés en l'absence d'importations autorisées par la BDL. La colère ne décroît pas dans la rue. Dans ce cadre, le porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service, Georges Brax, a indiqué que les négociations étaient "toujours en cours" entre les autorités, notamment le ministère de l'Energie et la Banque du Liban, concernant le sort des subventions, espérant par ailleurs qu'une solution soit trouvée concernant le déchargement de navires-citernes actuellement présents au large du pays. M. Brax et le ministère des Finances ont par ailleurs démenti l'application d'une nouvelle tarification indexée au taux de 12.000 LL.

Coups de feu
Des manifestants en colère suite au rationnement draconien de l'électricité ont essayé de prendre d'assaut mardi soir la centrale électrique de Deir Ammar (Liban-Nord) qui tourne au ralenti depuis des mois. Ils ont été arrêté dans leur agression par l'armée déployée sur place, ce qui a donné lieu à des affrontements, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Beaucoup ont été blessés par les tirs de balles en caoutchouc de la troupe. Les protestataires ont mis le feu au mur extérieur de la centrale.

Selon notre correspondante Sarah Abdallah, des incidents ont eu lieu cette nuit, suite à des coups de feu dans une station-service à Aqaba, au croisement de la route menant à Hasbaya (Liban-Sud). L'armée est intervenue sur place et a arrêté les suspects, ce qui a donné lieu à des échauffourées entre la troupe et les tireurs.

Une dispute a en outre eu lieu entre des personnes qui faisaient la queue devant une station-service sur l'autoroute de Batroun (Liban-Nord) autour d'une priorité de passage dans la file d'attente d'automobilistes. Un inconnu a tiré des coups de feu en l'air avant de quitter les lieux. Un autre incident a éclaté près d'une station-essence à el-Hilalieh dans la région de Saïda, suite à des coups de feu, rapporte notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah.

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Dans la Békaa, de jeunes ont répondu à l'appel de l'Observatoire populaire de la lutte contre la corruption et ont tenu un sit-in pour réclamer que les spéculateurs et les monopolisateurs du carburant rendent des comptes, indique l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Au nord de Tripoli, des protestataires ont coupé la route au niveau de Beddaoui au moyen de voitures et de camions, après que des stations-service ont éteint leurs pompes en raison des multiples incidents, rapporte pour sa part notre correspondant Michel Hallak.  L'autoroute reliant Beyrouth à Tripoli a également été coupée au niveau du complexe de Palma. La circulation a aussi été interrompue sur la route côtière reliant la capitale à la grande ville du Nord.

En outre, des protestataires ont coupé avec des camions la route menant à Zahrani (Liban-Sud) au niveau de la station Total à Adoussiyé, qui refusait de servir les clients en essence, rapporte l'Ani.

Redistribuer le carburant
Tandis que la colère populaire gronde et s'étend, l'armée a poursuivi ses perquisitions mercredi. Elle a ainsi saisi deux réservoirs contenant 9.800 litres d'essence dans une station-service abandonnée de la localité de Haloussiyé (Liban-Sud) et forcé ses propriétaires à les vendre au prix officiel. "Nous avons aussi distribué 11.500 litres de mazout aux propriétaires de générateurs", a annoncé la troupe sur son compte Twitter. En soirée, l'armée a encore annoncé avoir saisis 100.000 litres de mazout à Zghorta (Nord), et 24.000 litres du même produit à Adaïssé (Sud). L'armée a perquisitionné des propriétés dans la localité d'el-Aïn dans la Békaa et saisi 150.000 litres d'essence et de mazout stockés illégalement, indique Sarah Abdallah.

Dans un communiqué publié mardi soir, la troupe a annoncé avoir confisqué entre le 14 et le 16 août plus de quatre millions de litres d'essence et plus de deux millions de litres de mazout. L'armée explique que la majeure partie de ces quantités à été revendue au prix officiel, alors que le reste a été donné gratuitement à certaines associations et citoyens, et le reste à la troupe.

Par ailleurs, les Forces de sécurité ont saisi deux camions citernes, "l'un de gaz et l'autre d'essence, destinés à la contrebande en Syrie". Elles ont rempli grâce aux quantités d'hydrocarbures confisquées le réservoir de 67 vans afin qu'ils puissent prendre gratuitement des passagers. "20.000 litres d'essence ont été confisqués dans des réservoirs appartenant à trois stations-service dans le Hermel, dont 8.000 litres dans un double-fond fermé à clef au sein d'un réservoir", annoncent encore les Forces de sécurité intérieure (FSI) dans un communiqué. Elles ont contraint les propriétaires à ouvrir ces réservoirs et à permettre aux Libanais de s'approvisionner en essence. Les FSI ont arrêté deux vendeurs au marché noir et saisi 134.000 litres d'essence répartis dans des gallons de dix litres dans le quartier de Hamra à Beyrouth, selon la chaîne locale LBCI. 

Selon l'Ani, la sécurité de l'Etat a, elle, perquisitionné une station-service de Sehaylé, dans le Kesrouan, où elle a saisi 115.000 litres d'essence et 50.000 litres de mazout.

Dans ce contexte, le Courant patriotique libre (CPL, aouniste) a remercié les forces de sécurité pour leur travail. Il a cependant suggéré de livrer les carburants saisis aux installations vitales pour le pays, telles que les offices de gestion des eaux et des télécommunications, ainsi qu'aux institutions publiques, au lieu de les distribuer gratuitement aux premières personnes rencontrées.

Tandis que le Liban continue de s'enfoncer dans le chaos, les incidents aux abords des stations-service et les coupures de route se sont poursuivis mercredi, en dépit des efforts de l'armée libanaise de saisir les stocks de carburants illégalement cachés et de les redistribuer ensuite. Les pénuries d'hydrocarbures qui s'accentuent paralysent en effet de nombreux secteurs et acheminent l'ensemble du Liban vers le black-out et une paralysie totale. Elles se sont aggravées après la décision prise le 11 août par la Banque du Liban (BDL) de supprimer les subventions sur le carburant, une décision contestée par le gouvernement et qui, si elle devait être appliquée, entraînerait une hausse de plus de 300% des prix de l'essence et du mazout. Un accord avait toutefois été conclu samedi entre la banque centrale et le...
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Remercions l'armée qui en l'absence de Justice, croise le fer avec les sales corrompus qui ont caché des millions de litres de carburants, tandis que les gens n'arrivent plus à trouver du pain pour nourrir leurs enfants, par pénurie provoquée par les malfaiteurs et leurs criminels protecteurs.

Esber

15 h 45, le 18 août 2021

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Commentaires (2)

  • Remercions l'armée qui en l'absence de Justice, croise le fer avec les sales corrompus qui ont caché des millions de litres de carburants, tandis que les gens n'arrivent plus à trouver du pain pour nourrir leurs enfants, par pénurie provoquée par les malfaiteurs et leurs criminels protecteurs.

    Esber

    15 h 45, le 18 août 2021

  • Ces jours-ci à force de, voire/lire les reportages de la MTV , Jedid , et des journaux on peut constater que la belle époque de la contrebande de toute sorte des années 80 ou les FL étaient MAITRE , aujourd’hui est RÉVOLUE. Les barrages routiers payants - dont la très connue BARBARA ( N’EST-CE PAS ? )- C’EST FINI . Cette ex – milice a ÉVOLUÉ ; elle est devenue tout simplement UNE de ces organisations mafieuses responsables de l’ENTREPOSAGE ILLÉGALE de l’essence et du gazole donc UN CONTREBANDIER . LES JALOUSER – allons donc – vous savez , quand le PROFIT passe avant l'humain ?? NON MERCI .

    aliosha

    15 h 38, le 18 août 2021

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