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Politique - Trois questions au cheikh Haytham Tohaymi...

« Les tribus arabes sunnites ne forment pas un seul bloc politique »

« Les tribus arabes sunnites ne forment pas un seul bloc politique »

Président d’une association humanitaire à Bar Elias, Faour et Saïda, le cheikh Haytham Tohaymi connaît en profondeur les questions liées aux tribus arabes au Liban. Photo DR

Les tribus arabes, on en parle occasionnellement dès qu’une affaire de vendetta surgit, rappelant qu’au Liban, l’État de droit est encore loin. Les affrontements du week-end dernier de Khaldé aux armes automatiques et roquettes RPG sont de ces vendettas qui font du bruit, d’abord par leur ampleur et les risques d’embrasement généralisé en ces temps de crise. Mais aussi parce qu’ils se sont déroulés, au vu et au su de tous, entre des membres des tribus arabes sunnites de Khaldé et des éléments du Hezbollah, mettant la population en danger, faisant des victimes, on ne sait combien encore. Avec, pour raison première, une justice absente et des criminels qui courent toujours. Pour rappel, samedi soir, lors d’un mariage, un membre du Hezbollah, Ali Chebli, a été tué par un homme armé. Le lendemain, le convoi funéraire qui emportait sa dépouille a été pris dans une embuscade tendue par les proches du meurtrier. Samedi soir, le tueur entendait ainsi venger la mort de son frère, Hassan Ghosn, un adolescent tué en août 2020 dans un crime imputé à Ali Chebli sur fond de déploiement de banderoles et de drapeaux du Hezbollah dans la région de Khaldé pour la commémoration de Achoura. Focus sur les tribus arabes de Khaldé et du Liban avec le cheikh Haytham Tohaymi, membre de la tribu Hourouk de Faour (Békaa) et président de l’association humanitaire al-Inma’ wal tajaddod (Développement et renouvellement). Leur origine, leur présence, leur naturalisation, leur affiliation politique, leur relation avec le Hezbollah.

Qui sont ces tribus de Khaldé que l’on appelle Arabes ?

Les tribus arabes de Khaldé étaient installées de longue date dans la région des abattoirs de la Quarantaine. La guerre civile les a déplacées. Elles se sont alors installées à Khaldé où elles ont acheté des terrains pour permettre à leur bétail de paître. Progressivement, elles se sont tournées vers l’agriculture et vers les métiers manuels, comme la plomberie, la menuiserie, la ferronnerie. Des activités que délaisse la jeune génération qui privilégie désormais le commerce et l’immobilier.

De manière plus générale, les tribus arabes sunnites sont présentes au Liban depuis avant la création du Grand Liban en 1920. On les trouve, à titre d’exemple, dans les villages de Taanayel, Saadnayel, Faour, Khiara, Bar Élias. Des tombes d’ancêtres de familles arabes datant de 150 ans ont été retrouvées dans des villages libanais. Une bonne partie de leurs membres ont été naturalisés dans les années trente et le reste en 1994, à la suite de l›accord de Taëf.

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À l’époque de l’Empire ottoman, les tribus arabes sunnites étaient nomades et circulaient librement à travers les territoires irakien, syrien, libanais et palestinien. Mais depuis les accords Sykes-Picot (1916), le découpage du Moyen-Orient et la délimitation des frontières, ces tribus se sont sédentarisées et se sont installées dans des habitations en dur.

Dispose-t-on de chiffres sur les tribus arabes sunnites ? À qui sont-elles affiliées politiquement et quelle est leur relation avec le Hezbollah ?

Les seuls chiffres disponibles concernant les tribus arabes sunnites sont ceux dont disposent les machines électorales des partis politiques. Elles ne les divulguent pas et les utilisent lors des échéances électorales, plus particulièrement lors des législatives.

Ces tribus ne peuvent être résumées à un seul modèle. Elles sont diverses en fonction de leurs appartenances sociales, de leurs lieux de résidence, de leurs traditions… Il en est de même de leurs affiliations politiques. Elles ne forment donc pas un seul bloc électoral. Traditionnellement proches du courant du Futur de par leur appartenance à la communauté sunnite, les tribus arabes sont aujourd’hui divisées entre les courants politiques du Liban, plus particulièrement le courant du Futur et les Brigades de la résistance du Hezbollah. Un choix adopté moins par conviction que par intérêt financier ou par souci de bénéficier d’une protection.

Pourquoi sont-elles armées ? Les débordements du week-end à Khaldé ont-ils une portée politique ?

Les membres des tribus arabes sont armés comme l’est toute personne au Liban, souvent au-delà de la protection personnelle. On ne peut en revanche quantifier cet arsenal. Quant aux affrontements du week-end dernier, ils sont liés à une vendetta, comme le veut la coutume tribale. Sauf qu’ils risquent d’être exploités à des fins politiques. Immanquablement, le débat s’ouvrira sur le rôle de l’État, les arrestations, la protections dont bénéficient certains…


Les tribus arabes, on en parle occasionnellement dès qu’une affaire de vendetta surgit, rappelant qu’au Liban, l’État de droit est encore loin. Les affrontements du week-end dernier de Khaldé aux armes automatiques et roquettes RPG sont de ces vendettas qui font du bruit, d’abord par leur ampleur et les risques d’embrasement généralisé en ces temps de crise. Mais aussi parce...

commentaires (6)

Les TRIBUS ARABES! C'est quoi ces conneries encore?

IMB a SPO

16 h 59, le 03 août 2021

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Commentaires (6)

  • Les TRIBUS ARABES! C'est quoi ces conneries encore?

    IMB a SPO

    16 h 59, le 03 août 2021

  • Comment qualifier une société où les armes sont plus accessibles que les couches-culottes ?

    AntoineK

    10 h 23, le 03 août 2021

  • BORDEL DE TOUTES LES COULEURS.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 13, le 03 août 2021

  • Une description parfaite de l'anarchie, de l'illégalité, de l'insécurité, du déni de l’État, de l'absence totale de l'Autorité, de la corruption, de l'inutilité des dirigeants et de la justice..., et il raconte ça comme si c'était tout ce qu'il y a de plus normal.

    Robert Malek

    03 h 51, le 03 août 2021

  • «Le chef de l’État, Michel Aoun, avait déclaré qu’il était au courant du danger, mais qu’il avait laissé les autorités portuaires s’en occuper», souligne l’ONG. Un présidant qui se respecte aurait dû poursuivre l’affaire, se renseigner quotidiennement sur l'avancement de l'opération et s’assurer que tout a été fait comme prévu.

    Georges Bitar

    03 h 44, le 03 août 2021

  • On croit rêver. c'est une scène sortie du moyen âge.

    Citoyen

    00 h 24, le 03 août 2021

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