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Économie - Relance

L’accès aux vaccins creuse les inégalités dans la reprise économique, selon le FMI

L’accès aux vaccins creuse les inégalités dans la reprise économique, selon le FMI

Le Liban ne fait pas partie des pays pris en compte pour les estimations de reprise mondiale du Fonds monétaire international. Photo d’archives AFP

La reprise devrait être plus rapide que prévu dans les économies développées, mais plus lente pour les pays émergents, en raison notamment de l’accès inégal aux vaccins contre le coronavirus, a alerté hier le Fonds monétaire international, qui maintient sa prévision de croissance mondiale de 6 % en 2021. Le Liban, la Syrie et le Venezuela sont toutefois exclus de l’étude, sans plus d’explications, mais cela est probablement dû à la difficulté de prévoir quoi que ce soit dans des environnements aussi incertains.

« L’accès aux vaccins est devenu la principale ligne de rupture divisant la reprise mondiale en deux blocs », souligne le FMI dans ses prévisions économiques mondiales actualisées et publiées hier. D’un côté, la plupart des économies avancées, qui ont accès aux vaccins et « peuvent s’attendre à une normalisation de l’activité cette année ». De l’autre, les pays qui n’y ont pas ou peu accès « resteront confrontés à une résurgence des infections ». Le produit intérieur brut (PIB) devrait donc progresser plus vite que prévu dans les économies développées, de 5,6 % en 2021 (0,5 point de plus que lors des dernières prévisions, en avril). Par contraste, les marchés émergents et économies en développement devraient connaître une forte croissance cette année, mais plus lente que précédemment attendu, de 6,3 % (-0,4 point). C’est l’Inde, ravagée par une résurgence du virus à cause du variant Delta, qui connaît le plus fort ralentissement de ses perspectives économiques, avec une croissance attendue à 9,5 % (-3 points). La situation se dégrade aussi pour la Chine, avec une croissance attendue de 8,1 % (-0,3 point).

Accès aux vaccins et soutien budgétaire

« Je dirais que nous sommes plus inquiets que nous ne l’étions en avril », a même indiqué Petya Koeva Brooks, directrice adjointe du Fonds monétaire international (FMI). L’émergence de variants très contagieux pourrait coûter 4 500 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici à 2025, alerte Gita Gopinath, économiste en chef du FMI, dans un post de blog également publié hier. Et « les divergences dans le soutien politique sont une deuxième source de l’aggravation du fossé » entre les pays, a-t-elle commenté.

Ainsi, les États-Unis devraient connaître une croissance de 7 % cette année (+0,6 point) et de 4,9 % en 2022 (+1,4 point) grâce aux plans d’investissements massifs dans les infrastructures et les dépenses sociales qui pourraient être bientôt adoptés au Congrès. Le FMI souligne que cette vigueur économique devrait avoir des répercussions positives sur ses partenaires commerciaux. Idem dans la zone euro, où le plan de relance « Next Generation » devrait stimuler la croissance, désormais attendue à 4,6 % en 2021 (+0,2 point). La situation devrait également être meilleure que prévu au Royaume-Uni, avec un PIB en hausse de 7 % (+1,7 point). Dans les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique centrale, l’institution internationale table désormais sur une croissance de 4 % en 2021 (+0,3 points), et de 2,4 % pour l’Arabie saoudite (-0,5 points).

Le FMI appelle les banques centrales à maintenir leur soutien aux économies et à ne pas resserrer leurs politiques dans l’immédiat, estimant que « l’inflation devrait retourner à ses niveaux pré-pandémiques dans la plupart des pays en 2022 », malgré « le risque que des pressions transitoires puissent devenir plus persistantes ». Le FMI table désormais, pour les économies développées, sur 2,4 % d’inflation en 2021 (+0,8 point) et 5,4 % (+0,5 point) dans les pays en développement. « L’inflation devrait rester élevée jusqu’en 2022 dans certains marchés émergents et économies en développement, en partie en raison des pressions continues sur les prix des denrées alimentaires et des dépréciations monétaires, créant ainsi un nouveau fossé », a encore commenté la cheffe économiste du FMI. Bonne nouvelle en revanche sur le front du commerce international, il devrait connaître une croissance de 9,7 % en 2021 (+1,3 point), « malgré des ruptures d’approvisionnement à court terme ». À plus long terme, pour 2022, la prévision de croissance mondiale du PIB est relevée de 0,5 point, à 4,9 %.

Julie CHABANAS/AFP


La reprise devrait être plus rapide que prévu dans les économies développées, mais plus lente pour les pays émergents, en raison notamment de l’accès inégal aux vaccins contre le coronavirus, a alerté hier le Fonds monétaire international, qui maintient sa prévision de croissance mondiale de 6 % en 2021. Le Liban, la Syrie et le Venezuela sont toutefois exclus de l’étude,...

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